Titan noir, Florence Aubry

Pourquoi ce livre ?9782812615979

Lors des réunions de préparation du prix littéraire de notre réseau, mes collègues et les médiathécaires m’ont vraiment loué ce roman.

Résumé

Employée dans un parc océanographique, Elfie, 18 ans, devient rapidement dresseuse d’orques. Mais alors qu’elle nous raconte sa relation privilégiée avec l’une d’entre elles, Titan Noir, une autre voix dresse un panorama terrifiant de ces parcs… et nous dévoile l’identité réelle de cette orque.

Avis

Je suis très mitigée sur ce roman.

J’ai bien sûr était très touchée par les conditions de vie des animaux marins tels que les décrit Florence Aubry. C’est vraiment terrible de les voir si malheureux. Quelques jours plus tard, une émission de France Inter a fait écho à ma lecture. Les parcs aquatiques sont malheureusement des lieux de vie non-adaptés à ces énormes animaux, notamment les orques.

Titan a beau être un animal tueur d’hommes, nous éprouvons beaucoup de peine pour cet animal. Il est facile de l’excuser et surtout de le comprendre.

Les actions des soigneurs et des directeurs de parcs aquatiques posent beaucoup de questions. Pourquoi laisse-t-on faire ça ? Titan est constamment attaqué par les femelles qui vivent dans le même aquarium. Ils sont victimes de la promiscuité. Chaque matin, inlassablement, il est soigné. Pourquoi n’y a-t-il aucune réaction ?

C’est à peu près tout ce que j’ai aimé dans ce roman.

Le personnage principal est niais. Je n’ai pas du tout aimé Elfie. Elle subit et ne prend aucune décision. Elle se laisse vivre. J’aurais préféré soit qu’elle choisisse de se battre pour la protection de ces animaux, soit qu’elle choisisse sciemment de rester employée du parc.

Le roman est partagé entre des pages blanches, le récit raconté par Elfie, et des pages noires. Le personnage des pages noires n’est qu’un prétexte pour raconter l’histoire de l’orque. C’est vraiment trop artificiel. Je n’y ai pas cru un instant. Il y avait vraiment autre chose à faire ! Je suis très déçue.

La fin ne m’a pas convaincue.

Bilan

Cela m’a amené à m’informer un peu plus sur l’orque Tilikum qui a inspiré Florence Aubry mais cela s’arrête là. Ce n’est pas une lecture mémorable…

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L’allumeur de réverbères, Nathalie Wyss

Pourquoi ce livre ?CVT_Lallumeur-de-reverberes_3108

Je l’ai pris complètement au hasard à la médiathèque. Le titre et la couverture m’ont plu.

Résumé

Tobi, 11 ans, est allumeur de réverbères à Luz, où les quartiers pauvres n’ont pas le droit d’être éclairés. Il tombe amoureux de Sidonie, qui, ayant peur du noir, finit par quitter la ville.

Avis

Un énorme coup de cœur pour ce livre !

Points positifs

Ce roman est plongé dans un univers steampunk et merveilleux. Cependant c’est très léger. On ne les retrouve que par petites touches par-ci par-là. C’est exactement ce que j’aime. Le genre ne doit pas prendre le pas sur l’histoire.

Les deux jeunes héros sont très touchants. Tobi est un idéaliste. Il rêve de pouvoir éclairer les rues pauvres alors qu’il n’a pas le droit. Ce n’est d’ailleurs pas son seul rêve. Tobi est un petit garçon qui subit les traditions familiales. Son plus grand rêve est de ne pas faire ce qu’on attend de lui. Sidonie, elle, est une jeune fille pauvre. Elle a la vie dure. C’est cependant une petite fille très cultivée qui ne survit que grâce aux livres.

Les livres sont très présents dans ce roman. Ils sont décrits comme très positifs. La lecture et le savoir sont très importants, soit pour la rêverie, soit pour l’aboutissement des projets de Tobi.

C’est une belle histoire d’amour entre les deux enfants.

Un livre plein de rebondissements ! Je ne me suis pas ennuyée un instant. Je l’ai d’ailleurs presque lu d’une traite.

C’est très bien écrit. Les chapitres sont courts mais bien pensés.

Points négatifs

Je ne comprends pas pourquoi l’autrice a rajouté du merveilleux dans son texte. Je sais qu’elle a voulu créer un monde à part entière, mais elle pouvait tout à fait se passer de dragons ou de lutins.

Le personnage de la maman n’est pas agréable. Je ne pense pas qu’il était nécessaire de donner une mère acariâtre à Tobi pour qu’on aime ce personnage.

Bilan

A faire lire à tous les enfants et les jeunes jusqu’en cinquième ! Je vais d’ailleurs trouver un moyen pour le faire lire à mes futurs élèves en français !

La Trouille, Julia Billet

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Dans le cadre d’un projet BD avec des troisièmes, je rencontre Julia Billet, autrice de La Guerre de Catherine, roman adapté en bande dessinée. Afin de bien préparer cette rencontre, j’ai eu envie de lire un autre livre d’elle.

Résumé

J’ai la trouille. Impossible de dire de quoi. Rien de raisonnable, de raisonné. J’ai peur. Comme si dehors, je n’allais pas retrouver mon corps, ma place. Comme si j’avais oublié les grands espaces, l’horizon et aussi de marcher en ligne droite.
En moins d’un an, j’ai appris à avoir besoin de cette cage. Une perruche, je suis devenue une perruche qui regarde au travers des barreaux en espérant sortir et voir le monde sans ces rayures ; quand on lui ouvre la porte, elle s’enfonce tout au fond de sa cage, terrorisée par le vide que provoque cette porte grande ouverte.

Avis

J’ai vraiment bien aimé ce roman.

Points positifs :

Le roman est très court. En très peu de page l’autrice réussi à tout dire. Pas de longueurs. Chaque paragraphe va à l’essentiel. On ne s’ennuie pas.

Le personnage principal. J’aime ne pas connaître la raison qui l’a emmené en prison. Le sujet n’est pas là. L’autrice s’attache à décrire les sentiments de ce jeune qui est sur le point de sortir. Nous sommes dans sa tête. Nous ressentons donc son malaise. J’ai aimé me mettre à sa place et me questionner sur l’après. La dureté de la prison est effrayante mais la liberté l’est encore plus. La cellule représente un cocon dans lequel il est très difficile de ressortir et d’affronter la vie.

Le programme de réinsertion proposé au jeune homme. Il se retrouve à escalader une montagne avec deux autres détenus. Du temps pour réfléchir, du temps pour reprendre confiance en la vie.

Les personnages secondaires. Les gardiens de prison qui accompagnent les détenus sont tellement vrais ! Humains mais désabusés.

Le style. J’ai aimé le fait que l’autrice n’est pas utilisé un « parler jeune ».

 

Points négatifs :

Au cours de son ascension, le jeune homme croise un oiseau. Je ne comprends pas du tout la signification de cet oiseau… Il a l’air très symbolique mais ce symbole ne m’a pas du tout parlé.

 

Je recommande très vivement ce très beau roman.

Les valises, de Sève Laurent-Fajal

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Je l’ai repéré lors de l’inventaire de début d’année du CDI.

Résumé

Ce dimanche de 1982 dans le car qui emmène sa classe, Sarah n’est pas de bonne humeur. Sa meilleure amie, Josy, ne lui parle plus. Ce frimeur de Jérôme avec sa cour l’exaspère. Et ce voyage scolaire pour aller voir les barbelés d’Auschwitz est interminable. Mais sur place, devant un amoncellement de valises exposées dans une vitrine, elle est bouleversée. Un nom écrit à la craie sur l’une d’elles la saisit jusqu’au malaise: Levin. De retour chez elle, Sarah est déterminée à obtenir les réponses aux questions qu’elle se pose depuis toujours: qui est son père ? Pourquoi ne l’a-t-elle jamais vu ? Pourquoi sa mère est-elle incapable d’en parler.

Avis

J’ai énormément aimé ce livre. Je pensais qu’il parlerait beaucoup plus de déportation, de la Seconde Guerre Mondiale, de la Shoah. Le titre le laisse penser. Seulement pas du tout. Bien sûr, tout cela est en toile de fond mais c’est surtout un roman initiatique qui voit grandir Sarah.

Sarah a grandi seule avec sa mère. Elle n’a aucune famille mais beaucoup de questions. Alors quand sa mère est victime d’un très grave accident la laissant dans le coma, elle décide de mener l’enquête. Mais parallèlement, elle s’éveille à l’amour grâce à Jérôme, un bad boy au cœur brisé.

Sarah est très touchante. Les personnages sont tous très justes ! L’auteur nous livre des personnalités tout à fait crédibles. Si je dois quand même mettre des bémols, je trouve que la recherche de la vérité sur la famille de Sarah est très rapide. Elle est aidée d’un professeur d’histoire-géographie qui est vraiment très doué avec un Minitel… Autre bémol, finalement, on ne sait rien de ce qui s’est vraiment passé durant la Seconde Guerre Mondiale. On ne comprend pas vraiment pourquoi la mère de Sarah s’est coupée de tout le monde.

Mais finalement, c’est peut-être l’épreuve de la recherche qui compte. Sarah mûrit et change.

La tête sous l’eau, Olivier Adam

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J’aime beaucoup cet auteur. Je lis toujours les livres qu’il écrit comme vous pouvez le voir ici et ici. Alors moi qui adore la littérature jeunesse, je ne pouvais pas passer à côté d’un roman d’Olivier Adam destiné aux adolescents !

Résumé

Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l’air perdu. Il m’a pris dans ses bras et s’est mis à pleurer. Un court instant j’ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte.
Puis il s’est écarté et j’ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier : « On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar. »
Il se trompait. Ma sœur serait bientôt de retour parmi nous mais on n’en avait pas terminé.

Avis

Waouh… Quel roman choc ! En lisant le résumé je m’attendais bien sûr à un texte terrible mais pas à ce point là. Etant maman d’une petite fille j’ai vraiment souffert à cette lecture.

Le narrateur est un jeune garçon solitaire et très introverti. Caractère qui se renforce lorsque sa sœur disparaît du jour au lendemain. La première partie du roman nous conte l’absence. L’adolescent voit sa famille se briser, son quotidien s’effondrer. Seules la mer et Chloé peuvent le réconforter. Olivier Adam nous plonge dans la même incertitude que son héros. Qu’est-il arrivé à Léa ? Pour un adolescent, l’identification est très facile. Ce roman est très actuel est très référencé avec les loisirs d’aujourd’hui. Pour un adulte, l’identification se fera avec les parents. Comment ne pas comprendre le tourment qui les agite ? J’ai beaucoup aimé la description des parents. La maman n’est pas irréprochable. Elle a du mal à comprendre sa fille adolescente avant sa disparition. Elle passe complètement à côté même. Elle est elle-même trop occupée par sa vie personnelle. Le papa est dépressif et absent. Puis, le drame les ronge, les détruit et ils ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes.

Puis la deuxième partie se focalise sur le retour de Léa. Son petit frère devient son protecteur. Leur lien intense est incroyable ! Les descriptions de ce qui s’est passé pour la jeune fille sont atroces et m’ont fait beaucoup pleurer. Le personnage de Léa est vraiment bien pensé. Je ne sais pas si Olivier Adam a fait des recherches mais elle m’a semblait très réelle ! Elle est complètement mutique. Elle refuse d’exprimer ce qu’elle ressent et ce qu’elle a vécu. On ressent que seule la présence de ses proches l’apaise. En arrière plan, la vie de famille reprend. Mais rien n’est simple. Les réactions autour du narrateur sont belles et à vomir en même temps ! Olivier Adam a cette capacité à bien cerner les gens.

Seule déception, la fin. Je ne pense pas que la réapparition de celui qui a fait du mal à Léa était nécessaire. Cela m’a semblé complètement artificiel !

Lorsque j’ai reposé ce roman je n’ai eu qu’une envie : serrer très fort ma fille contre moi !

Y a pas de héros dans ma famille, Jo Witek

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J’ai beaucoup aimé Mentine du même auteur. J’avais très envie de lire un autre roman d’elle.

Résumé :

Jusque là tout était clair dans sa tête. À la maison, il était Mo, parfois aussi Tit’tête ou bouffon à lunettes. À l’école, c’était Maurice Dambek. Chez lui, à l’étroit dans le petit appartement, ça parlait fort par-dessus la télé et ça disait des gros mots (pour être tranquille, Mo fait ses devoirs dans la baignoire !). En classe, on se tenait correctement et on parlait comme dans les livres. Ses deux vies étaient bien distinctes, il suffisait de ne pas se tromper de langage. Mais, un jour, Mo découvre la maison de son ami Hippolyte et le mur de photos dans le salon, où sont exposés tous les gens connus de la famille – un grand médecin humanitaire, un écrivain, un acteur de la Comédie française et même un prix Nobel ! À partir de ce moment, Mo commence à s’éloigner et à avoir honte de sa famille déglinguée, où il n’y a aucun héros, que des zéros. Mais dans un vieil album de famille, il va faire une découverte…

Avis :

Je me suis énormément attachée aux différents personnages. Et pourtant, ce n’étais pas gagné d’avance. S’il est très facile d’éprouver de la sympathie pour Maurice, le petit héros de 10 ans, pour sa famille il en est autrement ! En gros, Mo grandit  dans une famille de « beaufs » de banlieue. Il est très désagréable d’imaginer ce petit bonhomme dans une telle famille ; du bruit, de la vulgarité, la galère, les trafics de banlieue… Tout cet univers me fait horreur ! Imaginer Mo essayant de lire ou faire ses devoirs dans la baignoire pour avoir un peu de tranquillité me met les larmes aux yeux !

Mais de cela, Maurice n’en a pas conscience. Il l’aime sa famille. Puis, un copain va tout faire basculer. Le garçon va alors entreprendre une réflexion initiatique. Sa famille n’est pas aussi bien qu’il le pensait. Nous souffrons à ses côtés et n’avons qu’une idée en tête, prendre la défense de ses proches !

Enfin, Jo Witek nous montre l’essentiel : cette famille n’est pas parfaite, mais elle s’aime ! Mo est entouré d’amour. Toute cette réflexion va les amener à être encore plus soudés et à grandir.

Et finalement, qui suis-je pour juger cette famille. Oui, elle ne ressemble pas à ce que je suis mais on s’en fiche !

Jo Witek signe ici un livre très beau. Je ne m’attendais pas du tout à être autant émue à la fin !

Emily

Sally Jones, de Jakob Wegelius

Pourquoi ce livre ?Sally-Jones

J’en ai énormément entendu parler sur les réseaux sociaux. Le sujet est tellement étonnant que j’étais très surprise de le découvrir.

Avis

Sally Jones n’est pas une femelle gorille ordinaire. Depuis des années, elle sillonne les mers sur l’Hudson Queen aux côtés d’Henry Koskela, appelé aussi le Chef. Sa spécialité? La mécanique, qu’elle maîtrise parfaitement. Une cargaison douteuse fait basculer la vie de ce couple d’inséparables. Accusé à tort de meurtre, le Chef écope de 25 ans de prison. Poursuivie pour complicité, Sally Jones se réfugie sur les toits de Lisbonne. Recueillie pour un temps par Ana Molina (une chanteuse de fado), l’animal se voit à nouveau contraint de fuir, direction l’Inde, dans le but de réunir les preuves nécessaires pour innocenter Koskela. Au terme d’un interminable voyage, Sally Jones est kidnappée pour agrandir le cercle des animaux extraordinaires d’un richissime Maharadja…

Avis

Il m’a fallu trois semaines pour lire cet immense pavé ! Trois semaines ! J’ai voulu l’abandonner plus d’une fois ! Mais au fond, je voulais connaître le sort de cette femelle gorille. Qu’est-ce que je n’ai pas aimé dans ce livre ? Je me suis ennuyée ! Et pourtant c’est un sacré livre d’aventure ! Un naufrage, des meurtres, les Indes britanniques, un maharadja excentrique… Mais non, rien n’y a fait. Sally Jones ne m’a pas touchée. Je crois que tout simplement je suis passée à côté de ce livre.

Ma critique est donc toute petite. Je ne trouve rien à dire. A vous de juger !