Les Orphée, Eric Metzger

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Je l’ai beaucoup vu circuler dans la blogosphère et sur twitter et alors qu’il ne me donnait pas du tout envie (je déteste ce que fait Eric Metzger dans Quotidien) il avait de bonnes critiques. Je me suis donc laissée tenter.

Résumé

Un jour, Louis, trentenaire à la vie monotone, achète un vieux téléphone dans une brocante. Une fois chez lui, alors qu’il s’amuse à le tester, Louis découvre que son nouvel appareil est en réalité une machine à téléphoner dans le passé. Grâce à celle-ci, il parvient à joindre son père, pourtant défunt depuis des années. Le téléphone pourra-t-il empêcher la disparition de ce dernier ? Un soir, Orphée décide de partir à la recherche d’Eurydice. Malheureusement, il ne connaît rien d’elle, ne sait pas du tout à quoi elle ressemble : elle est un fantasme impossible, une lumière au bout d’un couloir sans fin. Tout ce qu’il espère finalement, c’est qu’une fois dans ses bras, il trouvera enfin la paix. L’enfer d’Orphée, c’est la nuit, les soirées, l’alcool, les souvenirs. Il l’arpente, guidé par le fidèle Virgile, et dévore les cercles nocturnes les uns après les autres, remplis de nymphes et de démons : Eurydice où es-tu ? Louis et Orphée, le jour et la nuit, chacun poursuivant une chimère. Jusqu’où la folie peut-elle les conduire ?

Avis

Je suis très très mitigée sur ce roman.

Points positifs

Eric Metzger a une très belle écriture. Son style est simple mais il permet de nous transmettre les émotions de ses narrateurs. Les chapitres (et le livre en général d’ailleurs) sont courts. Le roman est vraiment bien rythmé et ne connaît aucun temps mort.

Le fantastique est très bien dosé. Il n’entre dans le roman qu’à travers le téléphone et la voix du père mort depuis très longtemps. Il n’est qu’un prétexte. Le roman est surtout une fine analyse de l’émoi du narrateur à l’écoute de cette voix d’outre-tombe. Comment réagir face à ce père qui est mort mais qui revit grâce à ce téléphone ? Comment faire pour le sauver d’une mort certaine ? Le narrateur en devient fou et plonger avec lui dans les méandres de ces interrogations est vraiment très intéressant ! Le personnage est tellement réaliste qu’on plonge à corps perdu dans ce texte.

La fin est belle. C’est suffisamment rare pour le souligner !

Le point négatif

Le roman est partagé entre deux narrateurs. Celui qui découvre le téléphone et Orphée. Dans toutes les parties où c’est Orphée qui parle, le texte devient lourd en multipliant les répétitions et les références exagérées sur la mythologie grecque. En plus, il ne se passe strictement rien. Orphée passe de boîte en boîte pour écumer tout son malheur dans l’alcool.  On devine très vite la vraie identité de cet être de la nuit. Mais non, je ne suis pas du tout d’accord avec cela. Je trouve que les deux personnages ne vont pas du tout ensemble. Je ne comprends pas cette recherche effrénée d’Eurydice ! Elle ne colle pas du tout au personnage. La correspondance entre les deux ne fonctionne pas ! A la fin, j’ai même ignoré deux ou trois chapitres sur Orphée et je suis sûre de ne rien avoir raté…

Bilan

Je n’ai aimé que les parties sur le narrateur au téléphone, donc 50% du roman… Le même roman sans les parties sur Orphée aurait été excellent. Un auteur que je vais continuer de lire en tout cas !

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Une sirène à Paris, Mathias Malzieu

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J’aime vraiment beaucoup Mathias Malzieu ! J’ai quasiment lu tous ses livres et ils m’ont vraiment bouleversée ! Un vampire en pyjama m’avait particulièrement émue. Du coup, j’étais très impatiente de lire son nouveau roman.

Quatrième de couverture

« Surprisiers : ceux dont l’imagination est si puissante qu’elle peut changer le monde – du moins le leur, ce qui constitue un excellent début. »

Mon résumé très bref pour ne rien raconté :

Un jeune homme complètement farfelu et à l’imagination débordante découvre une sirène blessée sur un quai de la Seine.

Avis

Peut-être que j’attendais trop de cette lecture car elle me laisse totalement sur ma faim. Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé cette lecture mais elle ne m’a pas non plus tout à fait conquise.

Le style de Mathias Malzieu est toujours aussi magnifique. Chaque phrase est de la poésie pure. Les mots sont beaux. Son imagination ne cesse de me surprendre. Chaque nouveau roman explore un peu plus son imaginaire pour nous en livrer une infime partie. J’espère que cette matière poétique ne se tarira jamais et que Mathias Malzieu continuera à nous donner des textes aussi merveilleux !

J’ai été beaucoup moins séduite par l’histoire. Pourtant, l’idée de base est intéressante : les aventures d’un jeune héros farfelu qui trouve une sirène sur les bords de Seine. Mais quelque chose n’a pas pris.

Tout ce qui entoure l’histoire est du Mathias Malzieu pur jus : une péniche où on sert des burgers aux fleurs, une grand-mère délurée qui a légué sa personnalité à son petit fils, les surprisiers (sorte de philosophie qui veut que la vie doit rester une surprise), etc. Les personnages secondaires sont toujours aussi fabuleux.

Alors pourquoi ne suis-je pas emballée ? 

L’histoire est trop prévisible. Une histoire d’amour qui naît entre la sirène et le héros pourquoi pas (c’est même essentiel à l’intrigue), mais elle est sans aucun relief ni originalité. Je me suis ennuyée devant la naissance de cet amour.

Le personnage du médecin qui veut venger son amoureux tué par la sirène est vraiment too much. Elle n’apporte rien du tout au récit. Au vu de la fin, on pouvait tout à fait imaginer une histoire sans elle. Ce personnage trop stéréotypé m’a vraiment gêné dans ma lecture. Les passages où elle apparaissait m’ont été pénible !

En fait, cette histoire je ne l’aurais pas écrite comme ça ! C’est la première fois que mon imagination prend le pas sur le roman que je lis.

J’ai déjà hâte de lire le prochain roman de Mathias Malzieu pour me réconcilier avec ses histoires.

 

La goûteuse d’Hitler, Rosella Postorino

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J’adore les romans historiques et les critiques élogieuses de ce roman m’ont donné très envie !

Résumé

1943. Reclus dans son quartier général en Prusse orientale, terrorisé à l’idée que l’on attente à sa vie, Hitler a fait recruter des goûteuses. Parmi elles, Rosa. Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerée à sa bouche, Rosa s’exécute, la peur au ventre : chaque bouchée est peut-être la dernière. Mais elle doit affronter une autre guerre entre les murs de ce réfectoire : considérée comme « l’étrangère », Rosa, qui vient de Berlin, est en butte à l’hostilité de ses compagnes, dont Elfriede, personnalité aussi charismatique qu’autoritaire. Pourtant, la réalité est la même pour toutes : consentir à leur rôle, c’est à la fois vouloir survivre et accepter l’idée de mourir.

Avis

J’ai trouvé ce livre à la fois très intéressant et très attendu.

Intéressant car l’auteur traite d’un sujet que je ne connaissais pas du tout. J’ai pourtant beaucoup lu sur cette période sombre de l’histoire. L’existence des goûteuses d’un Hitler paranoïaque semble évident pourtant. J’ai aimé faire la rencontre de l’une d’elle. Rosa est un personnage très attachant auquel il est très facile de s’identifier. Ce qu’on lui impose est horrible : elle risque la mort à chaque bouchée. Mais très vite l’auteur s’écarte de son propos pour se consacrer à la vie quotidienne de notre narratrice. La vie quotidienne dans la campagne allemande. Je n’avais jamais lu de roman sur la deuxième Guerre Mondiale du point de vue d’un héros allemand.

Deuil, privation, soumission, révolte… Mais il y a un petit « je ne sais quoi » en plus dans ce roman. Le ton est dur mais léger à la fois. Rosa est un personnage complexe qui m’a séduit par ses faiblesses. J’ai adoré la suivre elle et ses camarades dans leurs loisirs, leurs corvées, leurs relations avec les autres. Découvrir leur amitié naissante s’affermir au fil des pages. Cependant, la triste réalité de la guerre me saisi et m’effraie toujours autant !

Par contre, j’ai été très déçue par certains passages de l’histoire. Des lieux communs ou des événements amenés avec de gros sabots ! Je ne peux pas plus expliciter au risque de révéler l’intrigue mais ce n’est clairement pas pour le suspens qu’il faut lire ce livre ! C’est vraiment pénible quand les auteurs cèdent à la facilité !

Une agréable lecture qui m’a appris plein de choses malgré fort air de déjà vu…

Le Mars Club, Rachel Kushner

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J’ai lu beaucoup de critiques élogieuses sur ce roman et cela m’a énormément donné envie de le lire ! Le prix Médicis m’a convaincu.

Résumé

Romy Hall, 29 ans, vient d’être transférée à la prison pour femmes de Stanville, en Californie. Cette ancienne stripteaseuse doit y purger deux peines consécutives de réclusion à perpétuité, plus six ans, pour avoir tué l’homme qui la harcelait. Dans son malheur, elle se raccroche à une certitude : son fils de 7 ans, Jackson, est en sécurité avec sa mère. Jusqu’au jour où l’administration pénitentiaire lui remet un courrier qui fait tout basculer.

Avis

J’ai mis beaucoup de temps à rentrer dans cette lecture. La narratrice fait beaucoup d’aller-retours entre le présent et le passé et même entre différents moments de son passé. Ce n’est pas compliqué à suivre mais c’est un peu déroutant car je ne comprenais pas trop où elle voulait en venir. Après réflexion, je pense que l’auteur nous immerge dans les pensées de son héroïne.

L’univers carcéral féminin est très bien décrit. C’est le plus intéressant dans ce roman et c’est bien dommage de ne pas avoir concentré le récit sur cela. Nous n’en avons que des bribes par-ci par-là. En nous contant le passé de son personnage, l’auteur a voulu nous faire comprendre son parcours et pourquoi celui-ci se terminait en prison. A mon humble avis, cela n’est pas nécessaire. Oui, la narratrice est une pauvre fille victime d’un système judiciaire inhumain où seuls les riches peuvent s’en sortir. On le comprend bien et je ne pense pas qu’il soit utile d’insister tant que ça.

D’autres personnages prennent la parole dans ce roman. Certains chapitres ne sont plus concentré sur Romy mais sur ses co-détenues ou même sur un détenu homme. Ainsi, nous découvrons d’autres vies. D’autres personnes tout aussi paumés qu’elle. Cela rend le récit plus riche. J’ai aimé la diversité des personnages et beaucoup sont très attachants. Conan par exemple est une femme très masculine. Homosexuelle assumée, elle est franche et très drôle. L’histoire de l’homme transexuel qui s’opère seul pour être transféré dans une prison de femmes m’a beaucoup ému. Dans un monde si dur pour les personnes différentes, je n’imaginais même pas toutes les violences qu’on leur fait subir.

Un autre personnage m’a beaucoup plu, celui du professeur. Il m’a fait réfléchir sur ma profession dans ces milieux fermés si particuliers. Où est la limite de notre dévouement ? Dans ce récit, le professeur finit par démissionner car il les franchit beaucoup trop souvent (il offre de la laine par-ci, des livres par-là). Il est trop humain et se laisse même séduire par ces femmes prêtes à tout pour un peu plus de confort.

Enfin, ce roman pose la question de la maternité quand on est en prison. Romy est condamnée à deux peines de perpétuité et elle laisse un petit garçon de 5 ans derrière elle. Elle n’est pas la seule. Cette évocation pour moi jeune maman, est la plus dure. Les enfants doivent-ils payer pour les erreurs de leur maman ?

Un beau roman qui va m’amener à me pencher sur les récits en prison.

Patients, Grand Corps Malade

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Sur le chemin des vacances, j’ai eu un coup de foudre pour les textes de Gaël Faye puis, dans la même émission pour la voix suave de Grand Corps Malade. Heureusement, mes beaux parents avaient leurs livres dans leur bibliothèque !

Résumé

Il y a une quinzaine d’années, en chahutant avec des amis, le jeune Fabien, pas encore vingt ans, fait un plongeon dans une piscine. Il heurte le fond du bassin, dont l’eau n’est pas assez profonde, et se déplace les vertèbres. Bien qu’on lui annonce qu’il restera probablement paralysé à vie, il retrouve peu à peu l’usage de ses jambes après une année de rééducation.

Avis

J’ai ouvert ce livre à 21h pour le refermer à 23h. Impossible de le reposer ! Je l’ai lu d’une traite sans faire de pause. Quel plaisir de lire un si magnifique texte !

Ce roman s’ouvre sur deux slams de Grand Corps Malade. Le premier raconte l’accident, la douleur et la difficulté de s’accepter comme handicapé, le second est un hymne à la vie et au bonheur du quotidien. Ils résument parfaitement le style de ce texte. Chaque mot, chaque phrase sonnent, résonnent, frappent comme un slam. Grand Corps Malade sait écrire. Sa plume est belle et extrêmement bien rythmée.

Les deux slams résument également à eux seuls le contenu du roman. Les jours en service de réanimation sont durs. Réaliser qu’on ne peut plus bouger ni les jambes ni les pieds est un choc. Les premiers moments dans le centre de rééducation le sont également. Tout est nouveau : l’environnement, les malades, les soignants, le rythme de vie. La rééducation est ardue et très fatigante. Il faut également apprendre à maîtriser ce nouveau corps. Il faut le dompter et réussir à l’apprécier.

Le sujet est vraiment dur et pourtant ce roman n’est pas triste. Bien sûr, certains passages le sont. Le dernier co-locataire de Fabien m’a fendu le cœur. Mais dans l’ensemble, ce roman m’a laissé une impression de bonheur. Le fait que Fabien progresse et se remet aide évidemment beaucoup. J’ai aimé le narrateur. Il semble si gentil et doux ! J’ai beaucoup appris en suivant son quotidien sur les handicapés. Je ne m’étais jamais rendu compte de beaucoup d’aspects de leur vie et notamment sur l’absence absolu d’intimité qu’ils doivent subir quotidiennement. Il aide à mieux appréhender le handicap et les difficultés que les handicapés traversent au quotidien.

Mais les jeunes personnages sont drôles et plein de vie ! Je me suis surprise à rire plus souvent que je n’ai pleuré. Je n’ai qu’une hâte, que Grand Corps Malade publie un nouveau livre !

Petit pays, Gaël Faye

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Cela fait très longtemps que je veux lire ce livre. Mais il y a tellement de livres intéressants… Et puis sur la route des vacances j’entends Gaël Faye chanter. Je n’avais jamais entendu une de ses chansons. J’ai adoré. Il fallait donc que je lise à tout prix son livre !

Résumé

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire.

Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

Avis

Ce texte est magnifique ! L’écriture de Gaël Faye est simple mais belle. Chaque mot est choisi avec attention.

J’ai regardé quelques interviews de l’auteur avant d’écrire mon article. Je voulais savoir si ce texte était autobiographique. Il ne l’est pas mais Gaël Faye s’est fortement inspiré de son enfance. Enfance passée au Burundi, un pays africain que je ne connais pas du tout ! Je l’ai donc découvert à travers les yeux du jeune narrateur, Gabriel, petit garçon métis né d’un père français installé au Burundi et d’une mère Rwandaise. Le début du roman est complètement initiatique. Gabriel grandit entre deux cultures dans une impasse occupée par des expatriés fortunés. Ses occupations sont ceux d’un petit garçon lambda : les copains, l’école et la famille. L »‘exotisme » de l’Afrique est très plaisant pour moi qui ne connaît pas du tout cette culture. J’ai aimé lire un livre sur cette culture sans avoir à lire un « parler » africain stéréotypé. Les jeunes personnages sont très attachants et drôles.

Et puis, imperceptiblement, une autre ambiance s’installe. Un coup d’état éclate au Burundi. Les différentes ethnies, hutu et tutsi se cherchent des noises constamment. Et puis, le terrible génocide rwandais se produit. Je n’avais jamais rien lu sur ce sujet. Gaël Faye choisit de ne pas le faire vivre directement à son jeune personnage. Le génocide nous est raconté par sa mère, une tutsi en exile qui part à la recherche de sa famille. Les mots de cette femme resteront gravés en moi. Ils sont durs et choquants. La vérité crue telle qu’on ne peut se l’imaginer. La naïveté de Gabriel s’envole avec cet acte terrible. Tout sombre dans la violence autour de lui : ses amis, sa mère, son quartier… Il en sera changé à jamais.

Les derniers mots du roman sont laissés à Gabriel adulte. Comment oublié son pays natal ? Ce petit pays qu’il aime tant ?

Un texte puissant que j’aurais déjà dû lire il y a longtemps !

Ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-Allard

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L’auteur était à l’IUFM avec mon conjoint. Je l’ai rencontrée une fois autour d’un cupcake. J’ai donc été très curieuse de voir ce que son livre pouvait donner.

Résumé

Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S.

Avis

Avec cette lecture, je me suis rendu compte que je déteste les livres sur la passion amoureuse d’aujourd’hui. La passion interdite est magnifique. La passion partagée est magnifique. Mais la passion à base de « je t’aime mais je t’aime plus, puis je te re-aime et finalement je t’aime trop alors je te quitte », non merci. C’est exactement ce qui se passe dans ce livre. Le souci n’est pas du tout dans le fait que deux femmes s’aiment. Il est dans le fait qu’elles s’aiment trop fort (si on part de l’idée que s’aimer trop fort est un souci, ce qui n’est pas mon cas). La passion oui mais je ne supporte pas lorsqu’elle est contrariée alors que tout pourrait bien se passer. Du coup, le livre a sonné faux. Je n’ai cessé de me dire : « Arrêtez vos histoires et aimez-vous ! ».

Les personnages sont flous, jamais vraiment décris. J’ai détesté la protagoniste. Et là, c’est mon cœur de maman qui parle. La passion prend le dessus sur tout le reste, y compris sa fille qu’elle ne cesse d’appeler « l’enfant ». Je l’ai trouvée fade, même dans sa passion qui est censée l’animer. Le personnage de Sarah est tout le contraire, trop exubérant, trop passionné. C’est bien sûr fait exprès mais c’était trop. J’ai cependant été surprise car le cancer de Sarah n’est pas du tout au centre du roman, contrairement à ce que j’ai entendu dire. L’auteur n’a pas sombré dans la facilité. Elle souhaitait traiter de leur passion et non de leur réaction face à la maladie.

La deuxième partie dans les rues de Trieste m’a semblé longue. Elle n’était que répétition. Le même quotidien, les mêmes pensées, et ce sur une trentaine de pages. J’ai bien compris ce que l’auteur a voulu souligner mais elle le fait trop lourdement. Seule la fin inattendue m’a émue.

Le style d’écriture de ce roman est souvent mis en exergue. Il est vrai que Pauline Delabroy-Allard écrit magistralement bien. C’est d’ailleurs ce qui a sauvé ma lecture.