Patients, Grand Corps Malade

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Sur le chemin des vacances, j’ai eu un coup de foudre pour les textes de Gaël Faye puis, dans la même émission pour la voix suave de Grand Corps Malade. Heureusement, mes beaux parents avaient leurs livres dans leur bibliothèque !

Résumé

Il y a une quinzaine d’années, en chahutant avec des amis, le jeune Fabien, pas encore vingt ans, fait un plongeon dans une piscine. Il heurte le fond du bassin, dont l’eau n’est pas assez profonde, et se déplace les vertèbres. Bien qu’on lui annonce qu’il restera probablement paralysé à vie, il retrouve peu à peu l’usage de ses jambes après une année de rééducation.

Avis

J’ai ouvert ce livre à 21h pour le refermer à 23h. Impossible de le reposer ! Je l’ai lu d’une traite sans faire de pause. Quel plaisir de lire un si magnifique texte !

Ce roman s’ouvre sur deux slams de Grand Corps Malade. Le premier raconte l’accident, la douleur et la difficulté de s’accepter comme handicapé, le second est un hymne à la vie et au bonheur du quotidien. Ils résument parfaitement le style de ce texte. Chaque mot, chaque phrase sonnent, résonnent, frappent comme un slam. Grand Corps Malade sait écrire. Sa plume est belle et extrêmement bien rythmée.

Les deux slams résument également à eux seuls le contenu du roman. Les jours en service de réanimation sont durs. Réaliser qu’on ne peut plus bouger ni les jambes ni les pieds est un choc. Les premiers moments dans le centre de rééducation le sont également. Tout est nouveau : l’environnement, les malades, les soignants, le rythme de vie. La rééducation est ardue et très fatigante. Il faut également apprendre à maîtriser ce nouveau corps. Il faut le dompter et réussir à l’apprécier.

Le sujet est vraiment dur et pourtant ce roman n’est pas triste. Bien sûr, certains passages le sont. Le dernier co-locataire de Fabien m’a fendu le cœur. Mais dans l’ensemble, ce roman m’a laissé une impression de bonheur. Le fait que Fabien progresse et se remet aide évidemment beaucoup. J’ai aimé le narrateur. Il semble si gentil et doux ! J’ai beaucoup appris en suivant son quotidien sur les handicapés. Je ne m’étais jamais rendu compte de beaucoup d’aspects de leur vie et notamment sur l’absence absolu d’intimité qu’ils doivent subir quotidiennement. Il aide à mieux appréhender le handicap et les difficultés que les handicapés traversent au quotidien.

Mais les jeunes personnages sont drôles et plein de vie ! Je me suis surprise à rire plus souvent que je n’ai pleuré. Je n’ai qu’une hâte, que Grand Corps Malade publie un nouveau livre !

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Petit pays, Gaël Faye

Pourquoi ce livre ?images

Cela fait très longtemps que je veux lire ce livre. Mais il y a tellement de livres intéressants… Et puis sur la route des vacances j’entends Gaël Faye chanter. Je n’avais jamais entendu une de ses chansons. J’ai adoré. Il fallait donc que je lise à tout prix son livre !

Résumé

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire.

Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

Avis

Ce texte est magnifique ! L’écriture de Gaël Faye est simple mais belle. Chaque mot est choisi avec attention.

J’ai regardé quelques interviews de l’auteur avant d’écrire mon article. Je voulais savoir si ce texte était autobiographique. Il ne l’est pas mais Gaël Faye s’est fortement inspiré de son enfance. Enfance passée au Burundi, un pays africain que je ne connais pas du tout ! Je l’ai donc découvert à travers les yeux du jeune narrateur, Gabriel, petit garçon métis né d’un père français installé au Burundi et d’une mère Rwandaise. Le début du roman est complètement initiatique. Gabriel grandit entre deux cultures dans une impasse occupée par des expatriés fortunés. Ses occupations sont ceux d’un petit garçon lambda : les copains, l’école et la famille. L »‘exotisme » de l’Afrique est très plaisant pour moi qui ne connaît pas du tout cette culture. J’ai aimé lire un livre sur cette culture sans avoir à lire un « parler » africain stéréotypé. Les jeunes personnages sont très attachants et drôles.

Et puis, imperceptiblement, une autre ambiance s’installe. Un coup d’état éclate au Burundi. Les différentes ethnies, hutu et tutsi se cherchent des noises constamment. Et puis, le terrible génocide rwandais se produit. Je n’avais jamais rien lu sur ce sujet. Gaël Faye choisit de ne pas le faire vivre directement à son jeune personnage. Le génocide nous est raconté par sa mère, une tutsi en exile qui part à la recherche de sa famille. Les mots de cette femme resteront gravés en moi. Ils sont durs et choquants. La vérité crue telle qu’on ne peut se l’imaginer. La naïveté de Gabriel s’envole avec cet acte terrible. Tout sombre dans la violence autour de lui : ses amis, sa mère, son quartier… Il en sera changé à jamais.

Les derniers mots du roman sont laissés à Gabriel adulte. Comment oublié son pays natal ? Ce petit pays qu’il aime tant ?

Un texte puissant que j’aurais déjà dû lire il y a longtemps !

Ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-Allard

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L’auteur était à l’IUFM avec mon conjoint. Je l’ai rencontrée une fois autour d’un cupcake. J’ai donc été très curieuse de voir ce que son livre pouvait donner.

Résumé

Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S.

Avis

Avec cette lecture, je me suis rendu compte que je déteste les livres sur la passion amoureuse d’aujourd’hui. La passion interdite est magnifique. La passion partagée est magnifique. Mais la passion à base de « je t’aime mais je t’aime plus, puis je te re-aime et finalement je t’aime trop alors je te quitte », non merci. C’est exactement ce qui se passe dans ce livre. Le souci n’est pas du tout dans le fait que deux femmes s’aiment. Il est dans le fait qu’elles s’aiment trop fort (si on part de l’idée que s’aimer trop fort est un souci, ce qui n’est pas mon cas). La passion oui mais je ne supporte pas lorsqu’elle est contrariée alors que tout pourrait bien se passer. Du coup, le livre a sonné faux. Je n’ai cessé de me dire : « Arrêtez vos histoires et aimez-vous ! ».

Les personnages sont flous, jamais vraiment décris. J’ai détesté la protagoniste. Et là, c’est mon cœur de maman qui parle. La passion prend le dessus sur tout le reste, y compris sa fille qu’elle ne cesse d’appeler « l’enfant ». Je l’ai trouvée fade, même dans sa passion qui est censée l’animer. Le personnage de Sarah est tout le contraire, trop exubérant, trop passionné. C’est bien sûr fait exprès mais c’était trop. J’ai cependant été surprise car le cancer de Sarah n’est pas du tout au centre du roman, contrairement à ce que j’ai entendu dire. L’auteur n’a pas sombré dans la facilité. Elle souhaitait traiter de leur passion et non de leur réaction face à la maladie.

La deuxième partie dans les rues de Trieste m’a semblé longue. Elle n’était que répétition. Le même quotidien, les mêmes pensées, et ce sur une trentaine de pages. J’ai bien compris ce que l’auteur a voulu souligner mais elle le fait trop lourdement. Seule la fin inattendue m’a émue.

Le style d’écriture de ce roman est souvent mis en exergue. Il est vrai que Pauline Delabroy-Allard écrit magistralement bien. C’est d’ailleurs ce qui a sauvé ma lecture.

Mistral perdu ou les évènements, Isabelle Monin

Pourquoi ce livre ?9782709660822-001-T

J’ai vraiment bien aimé Les gens dans l’enveloppe mais j’étais complètement passée à côté de la sortie de son nouveau roman. Heureusement, la médiathèque l’a mis en avant sur l’une de leur table thématique.

Quatrième de couverture

C’est une histoire intime, la jeunesse lumineuse de deux sœurs nées dans les années 1970 ; et puis la tragédie obscurcit tout. C’est une promenade sur les sentiers de la vie d’une femme, traversés par l’époque, les rêves et ces chagrins inconsolables qui nous font pourtant grandir.

Avis

Toute la première partie est centrée sur l’enfance de la narratrice et de sa sœur. Elles grandissent dans les années 70 / 80. Elles ont une enfance heureuse. Quel bonheur l’évocation de cette époque ! Pour moi qui suis née dans les années 80 et qui donc ai grandi dans les années 90, ces années appartiennent à un passé très lointain et en même temps très proche. J’ai aimé tous les détails qui nous (re)plongent dans l’ambiance. La seconde partie est plutôt une traversée des années qui suivent. Seuls des petits détails d’actualité ou des objets nous reconnecte à l’époque vécue.

Le livre est centré sur la relation de la narratrice avec sa sœur. La phrase « nous sommes deux » est un leitmotiv qui revient sans cesse. Un refrain qui rythme le roman. Relation fusionnelle malgré la différence d’âge. Les deux sœurs sont collées l’une à l’autre. Elle partagent tout. J’ai aimé être témoin de cette complicité enfantine. Comprendre leurs sentiments et les partager.

La narratrice grandit et nous la voyons évoluer. Ses opinions se développent, ses révoltes jaillissent. Elle déménage, rencontre l’amour de sa vie, passe des concours comme n’importe quelle jeune fille. Les romans d’apprentissages sont toujours réjouissants lorsque l’on voit le personnage principal évoluer. Cependant, par rapport à d’autres romans du même genre, ici la narratrice évolue avec / grâce à son époque. J’ai eu le sentiment en lisant ce roman que l’un des personnages principaux de ce livre était le temps qui passe. Aurait-elle évolué de la même façon si elle était née comme moi en 1983 ? Je ne pense pas. Le personnage principale est reliée à son époque et ce tout au long de sa vie.

Puis, arrive un drame. Le roman va alors se focaliser sur la douleur de la narratrice. Sa façon de vivre avec son chagrin omniprésent. C’est beau de la voir nous confier ses peines et ses sursauts de vie.

Le style d’Isabelle Morin est totalement différent de Les gens dans l’enveloppe. Il est vraiment littéraire. Ces phrases sont souvent non verbale. Le refrain « nous sommes deux » qui revient sans cesse rythme mais alourdi à mon sens, le texte. J’ai aimé son choix des titres des chapitres : « enfance 1, adolescence 1 » etc.

Une très bonne lecture !

Chien-Loup, Serge Joncour

Pourquoi ce livre ?CVT_Chien-Loup_2079

J’aime lire les romans de la rentrée littéraire. J’ai la chance d’avoir près de chez moi, un médiathécaire qui assure ! Toutes les nouveautés sont disponibles très vite. Chien-Loup m’a fait de l’œil. J’ai entendu son auteur à la radio et le sujet m’est apparu très intéressant !

Résumé

L’idée de passer tout l’été coupés du monde angoissait Franck mais enchantait Lise, alors Franck avait accepté, un peu à contrecœur et beaucoup par amour, de louer dans le Lot cette maison absente de toutes les cartes et privée de tout réseau. L’annonce parlait d’un gîte perdu au milieu des collines, de calme et de paix. Mais pas du passé sanglant de cette maison que personne n’habitait plus et qui avait abrité un dompteur allemand et ses fauves pendant la Première Guerre mondiale. Et pas non plus de ce chien sans collier, chien ou loup, qui s’était imposé au couple dès le premier soir et qui semblait chercher un maître.

En arrivant cet été-là, Franck croyait encore que la nature, qu’on avait apprivoisée aussi bien qu’un animal de compagnie, n’avait plus rien de sauvage ; il pensait que les guerres du passé, où les hommes s’entretuaient, avaient cédé la place à des guerres plus insidieuses, moins meurtrières. Ça, c’était en arrivant.

Avis

Je suis une amatrice des romans historiques. J’ai beaucoup aimé que l’auteur mette face à face les années 14/15 et les années 2017. Ce n’est cependant pas une comparaison mais plutôt une mise en lumière. Le passé explique le présent.

Le passé : un petit village très isolé se retrouve sans homme suite à la mobilisation générale de la Première Guerre Mondiale. Arrive un dompteur de cirque allemand qui vient se cacher avec ses fauves. Cette présence va perturber la vie déjà difficile des femmes du village. L’animalité va prendre le dessus. L’animalité des lions et des tigres que la présence des troupeaux excite. L’animalité des femmes qui doivent s’occuper des fermes avec la peur de recevoir une mauvaise nouvelle. L’animalité du dompteur, bel homme sauvage et brut qui affole les sens de Joséphine, première veuve du village. L’animalité du maréchal ferrant qui sombre dans la jalousie. Tous les personnages sont là, place au tragique ! J’ai aimé comment Serge Joncour nous conte l’histoire de ce village. Il se focalise sur certains personnages qui deviennent centraux. La grande Histoire côtoie les petites histoires personnelles. Le tragique, bien que prévisible, prend son temps avant de se produire.

Le présent : un couple de bobo parisien vient se « déconnecter » dans l’ancienne maison du dompteur. Le lourd passé du bâtiment est omniprésent. L’homme bien que réfractaire à ces vacances, se laisse séduire par le lieu grâce à un Chien-Loup. C’est tellement prévisible ! Dès les premiers mots, on sait que l’homme va aimer cet endroit. J’ai détesté comprendre ce qui allait se passer. Les personnages sont trop stéréotypés. Un bobo parisien accro à la technologie qui fait un malaise en découvrant qu’il ne capte pas sur son lieu de vacances. Serge Joncour a beaucoup de problèmes avec les nouvelles technologies j’ai l’impression ! Son texte écrit dans l’émission de radio de France Inter « Boomrang » me le confirme. Je vous encourage à l’écouter. Je trouve que de nos jours, cela n’a rien de terrible d’être angoissé parce qu’il n’y a pas de réseau. Quant à la part d’animalité qui se réveille chez lui parce qu’il côtoie le Chien-Loup et l’isolement des lieux, j’ai trouvé cela très superficiel. Quant au Chien-Loup, il est doté d’un caractère humain et d’une intelligence peu appropriés. Je n’ai pas réussi à m’attacher à ce couple et ce chien.

Le style de l’auteur ne m’a pas particulièrement marqué. J’ai cependant aimé l’alternance des époques. Seul gros bémol, nous apprenons ce qui va se passer en 1915 en 2017. Du coup, quand cela se produit en 1915, il n’y a plus de surprise. Cela je ne comprends pas du tout. Quel est l’intérêt ? L’histoire est pourtant très bien menée.

Je suis passée complètement à côté du message de ce texte. Dommage !

Entrez dans la danse, Jean Teulé

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En juin dernier, c’était le brevet. Contrairement à ce qu’a demandé la principale adjointe (bouh c’est pas bien !) je n’avais pas l’intention de passer deux heures à regarder les élèves tenter d’écrire quelque chose de potable sur leur copie. Je suis donc partie à la recherche de livres courts à lire. La réputation de Jean Teulé n’est plus à faire. Je n’avais pourtant jamais lu de livre de lui.

Résumé

Une étrange épidémie a eu lieu dernièrement
Et s’est répandue dans Strasbourg
De telle sorte que, dans leur folie,
Beaucoup se mirent à danser
Et ne cessèrent jour et nuit, pendant deux mois
Sans interruption,
Jusqu’à tomber inconscients.
Beaucoup sont morts.

Avis

Je suis très mitigée sur ce roman. Je n’arrive pas à savoir si j’ai bien aimé ou pas. Quand il est sorti, j’ai lu une critique qui m’a fait beaucoup rire : « finalement, il ne se passe rien dans ce roman. Les protagonistes dansent ! » C’est tout à fait ça, mais bien sûr, c’est un peu plus complexe.

L’auteur s’est inspiré d’un fait divers qui s’est déroulé au XVIe siècle à Strasbourg. Des hommes et des femmes se sont mis à danser sans aucune explication. Jean Teulé leur a donné une histoire.

Ce qui frappe dans ce roman c’est l’univers que l’auteur nous restitue. L’Alsace du XVIe siècle est loin de l’image d’Epinal que nous nous faisons de la fin de la Renaissance. On est loin du faste de la Cour de France, du raffinement de l’art italien. Le livre commence sur la famine qui frappe la région Est. Nous croisons deux couples. Chez le premier, la femme vient de tuer son bébé en le jetant d’un pont. Chez le deuxième, les jeunes parents viennent de manger leur fille. Cette entrée en matière donne le ton ! La première mère se met à danser. Elle ne peut plus s’arrêter et ne peut même pas s’expliquer. Elle ne parle pas. Elle semble être entrée dans un autre monde. Petit à petit, de nombreux habitants la rejoignent. Tout le monde danse sans fin.

Jean Teulé semble chercher des raisons à cette hystérie collective. Ce peuple qu’il nous décrit est un peuple pauvre, qui tente de survivre tant bien que mal. L’auteur insiste lourdement sur ce point en mettant en exergue le gouverneur de la ville qui vit dans l’opulence alors que tout le monde meurt de famine. Le malheur touche souvent les plus pauvres. Ils deviennent fou de ne plus manger.

Impossible de s’attacher aux personnages de cette histoire. Nous passons d’un point de vue à un autre très rapidement. J’aurais vraiment aimé que le récit se pose sur un personnage. Je n’ai pas réussit à compatir avec ces gens.

Même si je sais bien que le passé n’est pas tout beau, tout rose, je n’ai pas aimé les nombreux détails scabreux qui jalonnent le récit. Je ne comprends pas leur utilité dans le récit.

Par contre, l’auteur nous montre toute l’horreur d’une époque : les plus puissants jouissent de la vie et de leur fortune, le clergé monnaie l’accession au paradis. Jean Teulé met en évidence l’insupportable hypocrisie du système clérical. Il est difficile d’imaginer cela aujourd’hui.

Le style de Jean Teulé est intéressant. Il est concis et direct. Il aime les descriptions et je trouve qu’il en a vraiment abusé. A longueur de pages, il nous commente la danse, la danse et encore la danse…

Ce n’est surement pas un roman dont on se souviendra longtemps.

Bonjour tristesse, Françoise Sagan

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Dans le but de passer le CAPES interne de Lettres Modernes, j’ai décidé de me remettre à lire des classiques. Il faut que je me remette dans le bain ! Je commence par Françoise Sagan, une auteur que je n’ai jamais lu.

Résumé

La villa est magnifique, l’été brûlant, la Méditerranée toute proche. Cécile a dix-sept ans. Elle ne connaît de l’amour que des baisers, des rendez-vous, des lassitudes. Pas pour longtemps. Son père, veuf, est un adepte joyeux des liaisons passagères et sans importance. Ils s’amusent, ils n’ont besoin de personne, ils sont heureux. La visite d’une femme de cœur, intelligente et calme, vient troubler ce délicieux désordre. Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée, un jeu cruel se prépare.

Avis

Ce roman est le premier de Françoise Sagan. Il ne définit donc pas son style et ne met pas vraiment en exergue son talent. Son succès réside selon moi dans le scandale qu’il a provoqué à sa sortie en 1954. Scandale revendiqué par l’éditeur de Sagan et alimenté par François Mauriac. « Comment une jeune fille encore mineure peut-elle parler de sexe aussi facilement ? »

Aujourd’hui, l’histoire ne choque plus personne. Il y a deux thèmes vraiment dominants dans ce roman : la relation entre la protagoniste, Cécile, et son père et la découverte de la sexualité.

Le premier thème est très différent de ce que j’ai pu lire, jusqu’à aujourd’hui. Le père et la fille sont fusionnels. Alors quand une femme entre dans leur vie et essaye de changer leurs habitudes de vieux couple, l’adolescente se braque et décide de tout faire pour casser leur histoire naissante. La jeune femme se découvre machiavélique. Cela la trouble. Elle est partagée entre l’admiration qu’elle éprouve pour Anne, la nouvelle compagne de son père, et l’aversion du changement qu’elle impose dans leur maison. Ce roman est un récit d’apprentissage où l’héroïne va apprendre à se comprendre, à se connaître. Elle grandit et doit apprivoiser ses sentiments. J’ai aimé l’ambivalence de Cécile.

Sentiments qui sont décuplés lorsqu’elle rencontre Cyrille, un jeune estivant comme elle. Nous assistons à la naissance du désir et des sentiments. Ce sujet est bien plus classique mais très bien développé.

Le titre « Bonjour tristesse » renvoie à la fin mélancoliquement douce du roman. Le tragique ne dure que quelques temps. La vie reprend. Mais la mélancolie n’est jamais vraiment loin.

Ce premier roman contient déjà tous les thèmes de l’œuvre de Sagan : la vie facile, les voitures rapides, les plaisirs de la nuit, les belles villas, le soleil, un mélange de cynisme, de sensualité, d’indifférence et d’oisiveté.

Sans être un chef d’œuvre, ce roman m’a donné envie d’en connaître plus sur l’œuvre de Françoise Sagan.