Y a pas de héros dans ma famille, Jo Witek

Pourquoi ce livre ?41I2XLDQNvL._SX210_

J’ai beaucoup aimé Mentine du même auteur. J’avais très envie de lire un autre roman d’elle.

Résumé :

Jusque là tout était clair dans sa tête. À la maison, il était Mo, parfois aussi Tit’tête ou bouffon à lunettes. À l’école, c’était Maurice Dambek. Chez lui, à l’étroit dans le petit appartement, ça parlait fort par-dessus la télé et ça disait des gros mots (pour être tranquille, Mo fait ses devoirs dans la baignoire !). En classe, on se tenait correctement et on parlait comme dans les livres. Ses deux vies étaient bien distinctes, il suffisait de ne pas se tromper de langage. Mais, un jour, Mo découvre la maison de son ami Hippolyte et le mur de photos dans le salon, où sont exposés tous les gens connus de la famille – un grand médecin humanitaire, un écrivain, un acteur de la Comédie française et même un prix Nobel ! À partir de ce moment, Mo commence à s’éloigner et à avoir honte de sa famille déglinguée, où il n’y a aucun héros, que des zéros. Mais dans un vieil album de famille, il va faire une découverte…

Avis :

Je me suis énormément attachée aux différents personnages. Et pourtant, ce n’étais pas gagné d’avance. S’il est très facile d’éprouver de la sympathie pour Maurice, le petit héros de 10 ans, pour sa famille il en est autrement ! En gros, Mo grandit  dans une famille de « beaufs » de banlieue. Il est très désagréable d’imaginer ce petit bonhomme dans une telle famille ; du bruit, de la vulgarité, la galère, les trafics de banlieue… Tout cet univers me fait horreur ! Imaginer Mo essayant de lire ou faire ses devoirs dans la baignoire pour avoir un peu de tranquillité me met les larmes aux yeux !

Mais de cela, Maurice n’en a pas conscience. Il l’aime sa famille. Puis, un copain va tout faire basculer. Le garçon va alors entreprendre une réflexion initiatique. Sa famille n’est pas aussi bien qu’il le pensait. Nous souffrons à ses côtés et n’avons qu’une idée en tête, prendre la défense de ses proches !

Enfin, Jo Witek nous montre l’essentiel : cette famille n’est pas parfaite, mais elle s’aime ! Mo est entouré d’amour. Toute cette réflexion va les amener à être encore plus soudés et à grandir.

Et finalement, qui suis-je pour juger cette famille. Oui, elle ne ressemble pas à ce que je suis mais on s’en fiche !

Jo Witek signe ici un livre très beau. Je ne m’attendais pas du tout à être autant émue à la fin !

Emily

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La passe Miroir, T3 La mémoire de Babel, Christelle Dabos

Pourquoi ce livre ?La-memoire-de-Babel

J’attendais cette suite avec impatience. J’ai moyennement aimé le tome 1 mais un peu plus le tome 2. Et puis finalement, après avoir un peu digéré ces deux lectures successives, je me rend compte que je n’ai qu’une hâte, lire la suite de cette saga !

Résumé

Deux ans et sept mois qu’Ophélie se morfond sur son arche d’Anima. Aujourd’hui, il lui faut agir, exploiter ce qu’elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d’information divulguées par Dieu. Sous une fausse identité, Ophélie rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer les pièges d’adversaires toujours plus redoutables? A-t-elle la moindre chance de retrouver la trace de Thorn ?

Avis

Ce livre est un vrai Page-turner. Impossible de le lâcher ! Je pense que c’est le tome le plus haletant de la série. L’écriture de Christelle Dabos est d’une efficacité implacable : pas de scènes superflues, pas de personnages inutiles et pas de situations qui n’ont pas un intérêt pour l’histoire.

Les personnages sont beaucoup plus intéressants ! Ophélie se prend enfin en main. Elle est beaucoup moins « cruchasse ». Je ne supporte plus ces personnages (comme Harry Potter) qui subissent et n’agissent pas. Ophélie est enfin en action. Bien sûr, elle se pose toujours des questions, elle est toujours très angoissée et apeurée mais elle a décidé d’agir. Elle subit beaucoup moins ce qu’il lui arrive. Elle a grandi ! Thorn, lui, est toujours insupportablement froid. Mais grâce au tome 2, on est beaucoup plus indulgent. On le comprend et on compatit. Les nouveaux personnages apportent beaucoup au livre : certains amènent une pièce du puzzle et certains nous éclairent sur nos personnages principaux.

Dans ce tome, nous découvrons une nouvelle arche et de nouvelles traditions. J’ai adoré voir et entrer dans ce nouveau monde. Nous découvrons encore un peu plus les esprits de famille, l’histoire de la déchirure, le passé de Dieu et le futur de cet univers. Par contre, je ne comprends pas pourquoi l’auteur n’a pas pleinement inventé. En effet, l’arche de Babel est clairement l’Inde ! L’environnement ressemble à l’Inde, les vêtements sont des saris, les habitants de Babel parlent avec des mots anglais… Alors en en parlant avec mon conjoint, il m’a fait réaliser que le monde avant la déchirure étaient surement similaires avec le notre. Mais quand même, cela m’a bien gêné.

L’histoire devient de plus en plus palpitante. Les deux premiers tomes posaient le contexte, celui-là commence à dérouler l’action. Et franchement j’adore ! Elle est certes complexe, mais aussi vraiment palpitante. Et quelle déception de constater qu’il va y avoir un quatrième tome ! Je voulais vraiment toutes les réponses. Je vais donc me précipiter sur le tome 4 quand il sortira !

Sally Jones, de Jakob Wegelius

Pourquoi ce livre ?Sally-Jones

J’en ai énormément entendu parler sur les réseaux sociaux. Le sujet est tellement étonnant que j’étais très surprise de le découvrir.

Avis

Sally Jones n’est pas une femelle gorille ordinaire. Depuis des années, elle sillonne les mers sur l’Hudson Queen aux côtés d’Henry Koskela, appelé aussi le Chef. Sa spécialité? La mécanique, qu’elle maîtrise parfaitement. Une cargaison douteuse fait basculer la vie de ce couple d’inséparables. Accusé à tort de meurtre, le Chef écope de 25 ans de prison. Poursuivie pour complicité, Sally Jones se réfugie sur les toits de Lisbonne. Recueillie pour un temps par Ana Molina (une chanteuse de fado), l’animal se voit à nouveau contraint de fuir, direction l’Inde, dans le but de réunir les preuves nécessaires pour innocenter Koskela. Au terme d’un interminable voyage, Sally Jones est kidnappée pour agrandir le cercle des animaux extraordinaires d’un richissime Maharadja…

Avis

Il m’a fallu trois semaines pour lire cet immense pavé ! Trois semaines ! J’ai voulu l’abandonner plus d’une fois ! Mais au fond, je voulais connaître le sort de cette femelle gorille. Qu’est-ce que je n’ai pas aimé dans ce livre ? Je me suis ennuyée ! Et pourtant c’est un sacré livre d’aventure ! Un naufrage, des meurtres, les Indes britanniques, un maharadja excentrique… Mais non, rien n’y a fait. Sally Jones ne m’a pas touchée. Je crois que tout simplement je suis passée à côté de ce livre.

Ma critique est donc toute petite. Je ne trouve rien à dire. A vous de juger !

 

14-14, de Paul Beorn et Silène Edgar

Pourquoi ce livre ?519XXg+tHKL

C’est une de mes élèves qui m’a conseillé la lecture de ce livre. Elle l’a adoré et m’en a parlé. Elle ne s’attendait pas à ce que je le lise ! Elle en a était très contente.

Résumé

Hadrien et Adrien sont deux garçons de treize ans qui habitent à quelques kilomètres l’un de l’autre, en Picardie. Ils ont des problèmes à l’école, à la maison et avec les filles, comme la plupart des garçons de leur âge. Il n’y a qu’une seule chose qui les sépare : Hadrien vit en 1914 et Adrien en 2014. Leurs destins vont mystérieusement se mêler, leur permettant d’échanger du courrier alors qu’ils croient chacun écrire à un cousin éloigné ! Lorsqu’ils comprennent ce qui se passe, Adrien se rend alors compte qu’il doit prévenir Hadrien que la Grande Guerre est sur le point d’éclater et qu’il doit à tout prix se mettre à l’abri !

Avis

Ce livre a gagné le prix des incorruptibles en 2015. Je ne le savais pas quand mon élève m’en a parlé. Je suis très contente de voir que les médiathécaires de sa ville lui propose de si bons livres ! En plus, je suis d’accord avec elle, je l’ai beaucoup aimé.

J’ai adoré le principe de cet échange de lettres entre deux garçons à un siècle d’intervalle. Les auteurs sont partis du principe que peu importe l’époque, finalement les adolescents ont toujours eu les mêmes préoccupations : la famille, l’école, les amis et les filles. D’ailleurs les deux garçons se ressemblent beaucoup sur le plan émotionnel. Mais ce qui fait la richesse de ce roman, c’est de comparer leur vie ! Adrien rechigne à aller à l’école alors qu’Hadrien rêve de pouvoir aller au lycée. La petite sœur d’Adrien est soignée aux antibiotiques pour une scarlatine alors que le petit frère de Simone, la fiancée d’Hadrien, meurt d’une pneumonie. D’ailleurs, Adrien n’imagine pas une seconde être fiancé à une jeune fille à 13 ans alors qu’Hadrien demande sa petite amie en mariage. Comme les époques ont changé ! Cette comparaison est passionnante. Je me suis énormément attachée aux deux personnages. Ils ne peuvent que nous émouvoir ! De plus, les auteurs ont véritablement bien travaillé leur caractère. Ils ressemblent tellement aux adolescents que je peux côtoyer.

Le thème de la Première Guère Mondiale n’est qu’un prétexte ou un contexte à cette histoire. Cela m’a un peu déçue car ce livre est vendu comme un livre historique. Lorsque les garçons se rendent compte que l’un vit dans le passé et l’autre dans le futur, nous sommes déjà aux 3/4 du roman. Du coup, il ne reste plus beaucoup de temps pour exploiter ce thème. Cependant, cela n’est pas grave tant l’histoire des deux garçons est très prenante.

Il y a quand même eu un aspect qui m’a profondément dérangé. Les deux adolescents s’échangent des lettres via des boîtes aux lettres magiques. Et justement, cette magie, le livre n’en avait pas besoin. En plus, les auteurs prennent le parti d’expliquer qui est à l’origine de leur apparition. Avait-on vraiment besoin d’explication ? Et puis, cette personne ne pouvait-elle pas les utiliser elle-même ces boîtes ? J’ai trouvé qu’il y avait quelques incohérences dès qu’il s’agissait d’évoquer cet aspect de l’histoire.

Ce livre est très bien écrit. Les auteurs ont évité le « parler jeune » que je déteste. Les chapitres sont courts pour permettre de naviguer rapidement entre les deux histoires.

J’ai vraiment bien aimé ce livre et j’ai hâte de lire d’autres conseils de mes élèves !

Un amour sucré-salé, Christine Frasseto et Guillaume Léturgie

Pourquoi ce livre ?802265_2941653

Tout comme 3000 façons de dire je t’aime, ce livre faisait partie de la sélection de romans d’amour donnée à mes quatrièmes. Il fallait donc bien que je le lise pour pouvoir corriger les fiches de lecture !

Résumé

 » Salé. Ma petite Luce, ma Lucille, ma lumière, ma soeur, mon amie de toujours. Je la connais depuis que j’ai huit ans, la moitié de notre vie passée ensemble, on a tout vu tout fait.  »
 » Sucré. Tom et moi, on est comme des magnets sur un tableau métallique, on se comprend presque sans rien dire et je sais que rien ne pourra jamais nous séparer « .

Avis

Ce roman a été écrit à quatre mains. Les chapitres écrits par Christine Frasseto nous laissent entendre la voix de Luce, une jeune fille de quatorze ans ; les chapitres écrits par Guillaumes Léturgie ont pour narrateur Tom, un jeune garçon de quinze ans. Les écritures à quatre mains sont toujours périlleuses car il y a un risque pour que le texte ne soit pas très cohérent. Il n’en ai rien ici, et au cours de ma lecture j’ai même oublié qu’il y avait plusieurs auteurs.

L’histoire se déroule sur une année. Les deux héros sont en troisième. Tom a perdu sa maman et est complètement déphasé. Il ne travaille plus à l’école et n’a que pour seule amie Luce. Celle-ci est au contraire une très bonne élève. Comme dans tous ces romans pour adolescents, Luce et Tom sont amoureux, mais seul le lecteur s’en rend compte. Bon il faut avouer que Luce aussi mais c’est normal c’est une fille ! En une phrase je vous ai résumé ce que je n’ai pas du tout aimé dans ce roman : il est bourré de clichés ! L’histoire est un cliché à elle-seule. Deux amis pour la vie qui sont en fait amoureux, la fille sérieuse qui va un peu s’encanailler avec un autre parce que son ami drague une autre fille… C’est fatiguant de lire et relire la même histoire ! Et que dire de l’écriture des auteurs qui ont voulu faire « jeunes ». Je déteste quand un écrivain essaye de reproduire le vocabulaire des jeunes car on peut être sûr, qu’il tombera toujours à côté.

Il y a quand même une chose à sauver dans ce livre. J’ai bien aimé « entendre » les deux voix des adolescents. Lire leur deux visions d’un même fait était très intéressant.

Bref, je n’ai pas du tout aimé ce roman et mes élèves non plus !

3000 façons de dire je t’aime, Marie-Aude Murail

Pourquoi ce livre ?index

J’ai beau être devenue professeur de lettres, j’aime toujours autant la littérature jeunesse. Du coup, quand j’ai dû donner des livres à lire sur le thème de l’amour à mes quatrièmes, je leur ai glissé ce livre sur la liste. J’en ai énormément entendu parler sur les réseaux. J’avais très envie de le lire.

Résumé

Chloé, Bastien et Neville ont eu en cinquième une
professeure de français qui n’aimait que les livres qui
finissent mal. Un soir, elle les a emmenés pour la première
fois au théâtre voir une représentation de Dom Juan de
Molière. Cette soirée a changé leur vie. C’est décidé, ils
seront comédiens ! Six ans plus tard, leur désir de monter sur scène est intact
et ils se retrouvent au conservatoire d’art dramatique de leur
ville. Le professeur le plus réputé, Monsieur Jeanson, les
prend tous les trois dans son cours. Chloé va devoir concilier les cours de théâtre avec le
rythme intensif de la classe préparatoire qu’elle vient d’intégrer. Bastien, prêt à tout pour faire rire, pense qu’il suffit de regarder une vidéo de Louis de Funès pour
apprendre la tirade d’Harpagon. Le beau et ténébreux Neville a peur de se donner les moyens de son ambition, d’être un autre pour savoir enfin qui il est. Comment le théâtre va-t-il lier pour toujours la jolie jeune première, le valet de comédie et le héros romantique que Jeanson a su voir en eux ?

Avis

Je n’attendais rien de spécial de ce livre car je n’avais jamais lu aucun livre de Marie-Aude Murail. Et j’ai été très surprise de découvrir son style. Son écriture est fluide et très agréable à lire.
Elle a magnifiquement cerné ses personnages. Ces trois adolescents sont très réalistes et très contemporains. La jeune fille est une excellente élève qui se met une pression de fou pour réussir. Ses parents ne l’aident pas en en rajoutant. Elle décide pourtant de s’inscrire à des cours de théâtre. Ce personnage m’a beaucoup touchée car je peux reconnaître beaucoup de mes élèves. J’ai pas mal de jeunes qui veulent réussir à tout prix et deux ou trois fois, des petites demoiselles ont pleuré parce que je leur rendais un 14 sur 20 ! Les deux garçons sont totalement différents. Deux garçons complétement paumés ! Un, abandonné par des parents trop occupés, l’autre trop préoccupé par une mère omniprésente et malade. Ils vont se trouver des points communs et se soutenir.

Bien sûr, ce roman traite de leur rapport avec le théâtre. Comment trois jeunes de 18 ans se découvrent en interprétant des personnages ? Ils vont se découvrir eux-même mais aussi se découvrir les uns les autres, s’apprécier et s’aimer.  Mais c’est avant tout un très beau roman d’initiation. Ils vont grandir, prendre des décisions, s’émanciper, tout simplement avancer dans la vie !

Mes élèves ont eu un peu plus de mal avec les multiples références littéraires qui parsèment le livres. Il est vrai qu’au bout d’un moment, j’ai moi-même légèrement décroché. Ce livre traite de théâtre. Ces références sont donc nécessaires. Mais elles sont un peu trop nombreuses. J’ai fini par ne plus les lire.

Je recommande quand même fortement ce livre qui m’a fait passer un excellent moment !

Refuges, d’Annelise Heurtier

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Pourquoi ce livre ?

Il y a trois ans, j’ai découvert Là où naissent les nuages d’Annelise Heurtier. Et j’ai été complètement séduite ! J’ai aimé le style de l’auteur mais aussi l’histoire qu’elle racontait. Alors quand j’ai vu qu’elle avait sorti ce roman, je n’ai pas hésité à l’acheter pour le CDI.

Quatrième de couverture :

Mila, une jeune italienne, revient sur l’île paradisiaque de son enfance, espérant y dissiper le mal-être qui l’assaille depuis un drame familial.
Très vite, d’autres voix se mêlent à la sienne. Huit voix venues de l’autre côté de la Méditerranée qui crient leur détresse, leur rage et la force de leurs espérances.

Avis :

Je suis assez mitigée sur ce roman. D’un côté il m’a vraiment beaucoup plu et d’un autre je l’ai détesté !

Dans le titre, ce qui saute aux yeux c’est le S en jaune. Ce S annonce tout à fait le procédé du livre : une polyphonie de narrateurs.
D’un côté, nous avons Mila, une jeune fille romaine qui vit un drame familial. Pour essayer de faire table rase du passé, sa famille et elle décident de partir en vacances dans la maison de famille sur l’île italienne de Lampedusa. Dès l’évocation de ce nom, nous lecteurs croyons bien comprendre ce dont il va être question. Malheureusement cette île est bien connue. Elle accueille de nombreux migrants, vivants ou morts. Et bien contrairement à ce que l’on pense, dans l’histoire de Mila il n’y a quasiment aucune évocation des migrants. Son récit est centré sur ses problèmes familiaux, sa découverte de la nature de l’île et ses rencontres avec un groupe d’adolescents.
D’un autre côté, enchâssés dans les chapitres sur Mila, nous retrouvons les témoignages de huit jeunes Erythréens. Dans un premier temps, ils se présentent. Et là, il faut avoir le cœur bien accroché. Les situations de ces jeunes gens sont terribles. L’Erythrée est un état policier qui nie les droits de l’homme et impose un mode de vie terrible à ses jeunes. Aujourd’hui, plus de 300000 Erythréens ont fuit leur pays et vivent dans des camps de réfugiés (selon Wikipédia). Dans un second temps, le destin les fait se retrouver pour s’enfuir vers l’Europe et plus précisément Lampedusa. Là, une fin tragique les attend et le récit de leur traversé dans un chétif bateau fait froid dans le dos.

Et le problème de ce livre est là : j’ai été tellement affligée par le sort des huit jeunes migrants que l’histoire de Mila ne m’a fait ni chaud ni froid. Je ne comprends pas pourquoi Annelise Heurtier n’a pas fait deux livres avec ces histoires. Elle avait largement la matière pour. En plus, l’histoire de Mila est vraiment très intéressante. Étudier l’adolescence sous l’ombre d’un drame familial est certes classique, mais toujours très captivant. Mais comme on compare son récit au sort des migrants, il a l’air vraiment fade. Le personnage de Mila qui aurait pu être profond et dramatique se transforme en un personnage naïf et énervant. Je n’ai pas cessé de me dire « Mais arrête de te plaindre ! ». C’est vraiment dommage car développée d’avantage, elle aurait été une belle héroïne. Je comprend que l’auteur ait voulu faire un parallèle entre l’histoire de cette Européenne et celle de ces Africains, mais cela n’apporte que de la distanciation face au récit de Mila.
J’ai également beaucoup regretté de ne pas en savoir plus sur les migrants. Leurs récits ne font que quelques pages. Leur caractère, leur personnalité, leur vie tout entière ne peuvent donc pas être exploités complètement. Et c’est très frustrant car je n’ai pas eu la sensation de m’attacher à eux.

Le style de l’auteur est très intéressant. J’aime beaucoup ses descriptions et ses dialogues. Elle nous plonge vraiment dans l’action du livre. Ce roman est bien rythmé et on ne s’ennuie pas du tout en le lisant. Je pense qu’il est tout à fait adapté à des enfants à partir de la quatrième. La migration est d’ailleurs au programme de géographie de ce niveau. Les témoignages pourraient même être exploités en cours. Annelise Heurtier réussit à se glisser dans la peau de 9 adolescents ( en comptant Mila). Elle réussit à donner un style à chacun. Ils sont tous différents.

Un avis mitigé donc pour ce roman. Mais cela ne m’empêchera pas de suivre cette auteur !

Emily