Les rêveurs, Isabelle Carré

Pourquoi ce livre ? images

J’ai eu immédiatement envie de lire ce roman d’Isabelle Carré. Le thème de la famille et toutes les critiques exceptionnelles m’ont confirmées dans mon choix !

Résumé :

Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées de l’époque, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même.

Avis :

Waouh, quelle claque ce roman ! Je savais qu’il allait me plaire, mais mes attentes ont été récompensées !

Tout d’abord l’écriture d’Isabelle Carré. Elle a su trouver son style à part entière. Ce dernier semble au premier abord décousu. L’histoire n’est pas forcément racontée dans son ordre chronologique mais plutôt lorsque son souvenir lui revient. Et puis finalement, on s’y fait. C’est un ordre intuitif qui amène de l’émotion et qui nous transporte directement dans la tête d’Isabelle Carré.

Dans de nombreux articles, j’ai lu que ce livre était une autobiographie fictionnée. Je ne sais pas ce qui fait partie de la vérité et ce qui fait partie de la fiction mais l’auteur a vécu une enfance et une adolescence vraiment particulière. Une mère présente physiquement mais absente, un père qui découvre son homosexualité, des responsabilités trop tôt acquises, une jeunesse tellement différente des jeunes filles de son âge. Finalement, Isabelle Carré ne transpose pas seulement une époque comme on peut le lire partout, mais une enfance dans une famille différente.

Cette différence amène de nombreuses réflexions sur la vie, des réflexions d’enfant, d’adolescente, de jeune femme, et enfin de maman.

Isabelle Carré est une belle femme, son livre en témoigne !

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La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez

Pourquoi ce livre ?La-disparition-de-Josef-Mengele

J’ai énormément entendu parlé de ce livre dans les médias et j’ai vraiment accroché avec les propos de son auteur, Olivier Guez. Il a l’air de s’être plongé entièrement dans la vie de cet homme. Il s’est documenté et s’est même déplacé en Amérique du Sud pour voir les lieux de ses propres yeux. De plus, j’en ai déjà parlé sur le blog, je m’intéresse également beaucoup à la période de la seconde Guerre Mondiale.

Résumé

1949  : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz  croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant  ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

Avis

J’attendais sûrement trop de ce livre car quelle déception !

Le style de l’auteur d’abord. Je l’ai trouvé vraiment quelconque. Ce roman n’a rien de particulier, pas de touche personnelle. Rien qui pourrait me faire dire, si je n’avais pas vu l’auteur : « ça, c’est bien un livre d’Olivier Guez » ! Non vraiment, c’est une écriture banale, vue partout.

L’histoire ensuite. Mengele est peut-être un monstre mais ce n’est pas dans ce livre que je le comprendrais. Olivier Guez s’est attaché à conter la vie d’après. Et franchement, on s’en fiche ! La seule chose qui m’a un petit peu intéressé, c’est de comprendre comment il avait échappé aux mailles du filet. Mais cela tient dans vingt pages ! Ce livre est long. Il s’attache à des détails de la vie de Mengele et les romance. Par contre, impossible d’avoir un peu d’empathie pour le personnage. Olivier Guez nous rappelle toutes les dix pages qu’il était le monstre d’Auchwitz… Monstre ? Pas dans ce livre. Un homme caractériel en plein dépaysement plutôt. Peut-être avait-il peur que le lecteur finisse par aimer son « héros ». Cette prise de risque aurait été beaucoup plus intéressante. J’aurais bien aimé un livre non consensuel. Quitte à entendre la voix de Mengele, j’aurais aimé ressentir quelque chose pour ce personnage, voire même du dégoût. Mais impossible pour moi d’entrer dans ce genre de sentiments forts, le texte est froid, sans relief ni émotions.

Je me suis mortellement ennuyée en lisant ce livre et je ne comprends pas du tout pourquoi il a eu le prix Renaudot !

Ma bonne résolution de 2017 : je reprends vraiment le blog !

Jamais je n’aurais cru qu’être enceinte me mangerait ma concentration ! Voilà la raison de ma si longue absence sur le blog. Depuis neuf mois, je n’ai lu que quatre livres. Je les ai lu péniblement, en traînant des pieds. Depuis le début de ma grossesse, je n’arrive plus à me concentrer. Je ne sais pas d’où ça vient mais c’est très handicapant. L’envie de lire s’est également envolée durant cette période. J’ai remplacé la lecture de livres par la lecture de revues comme « Parents ». Je pense que mon esprit était bien occupé par d’autres choses…

Depuis le début du neuvième mois, l’envie est revenue ! La concentration suivra j’espère. Quoi qu’il en soit, écrire sur le blog me manque. Je formule donc la résolution de reprendre ce petit blog que j’aime tant.

Je ne vais pas reprendre une par une mes dernières lectures mais plutôt vous donner mes impressions.

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D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan

Quatrième de couverture : « Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. L. est le cauchemar de tout écrivain.Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser.»

Avis : J’ai beaucoup aimé ce roman. J’adore le style d’écriture de cette auteure. Il est à la fois simple mais très littéraire. Ce roman est un thriller psychologique très efficace. Il vous tient en haleine jusqu’à la fin.

La qualité première de cette histoire est d’après moi due au développement des personnages et notamment de L. C’est un personnage à la fois très séduisant et très obscure. Tout au long du roman on se pose des questions sur ce personnage. Nous sommes totalement subjugués par cette femme. C’est la première fois que je me laisse totalement avoir et que je me méfie autant d’un personnage de roman !

Seule la fin m’a déçue. Je l’ai trouvé trop simpliste et trop facile. Dommage, car Delphine de Vigan est capable de mieux.

la-fortune-des-rougon_couvLa fortune des Rougon, Emile Zola

J’ai pour ambition de changer de discipline. Je voudrais passer de professeur documentaliste à professeur de Lettres. Dans cette optique, je relis des classiques. J’ai choisi de commencer par le premier roman de la saga des Rougon-Macquart. En effet, je connais très bien cette saga mais je n’avais jamais lu sa genèse. C’est chose faite et je ne le regrette pas !

Résumé : Dans la petite ville provençale de Plassans, au lendemain du coup d’Etat d’où va naître le Second Empire, deux adolescents, Miette et Silvère, se mêlent aux insurgés. Leur histoire d’amour comme le soulèvement des républicains traversent le roman, mais au-delà d’eux, c’est aussi la naissance d’une famille qui se trouve évoquée : les Rougon en même temps que les Macquart dont la double lignée, légitime et bâtarde, descend de la grand-mère de Silvère, Tante Dide.

Avis : J’avais oublié comme il était fastidieux de lire un roman naturaliste. L’écriture est très exigeante et les nombreuses descriptions ne facilitent pas la concentration ! Il m’a fallu un petit peu de temps pour me plonger dans ce roman. Mais une fois ré-habituée à l’écriture classique du XIXe siècle, le roman m’a complètement happée.

J’ai aimé le développement très complexe de tous les personnages. Chaque membre des familles de ce roman a son histoire, son caractère, sa psychologie… Certains sont attachants alors que d’autres sont détestables.

J’ai aimé comprendre la genèse de cette saga. Tout découle d’une femme et de deux hommes. J’ai hâte de reprendre chaque roman pour pouvoir mieux les comprendre.

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Ma part de Gaulois, Magyd Cherfi

Quatrième de couverture : Printemps 1981, dans une cité d’un “quartier” de Toulouse, un rebeu atypique qui s’idéalise en poète de la racaille escalade une montagne nommée “baccalauréat” : du jamais vu chez les Sarrasins.

Avis : Quelle claque ce roman ! Je l’ai adoré !

L’écriture de Magyd Cherfi est juste magnifique. Elle est poétique, exigeante et intelligente. C’est une magnifique œuvre littéraire. J’ai été bluffée par ce style. Je ne m’y attendais pas du tout. Je savais que  Magyd Cherfi était un bon écrivain, mais à ce point !

L’histoire m’a également vraiment touchée. J’ai vécu en banlieue parisienne très dure. Mais j’y ai vécu en tant que jeune fille blanche. J’ai beaucoup aimé découvrir la vie en banlieue d’un « beur » comme l’auteur s’appelle lui-même dans le roman. J’ai été surprise de découvrir tant de colère et de violence. J’ai réalisé à quel point j’ai été protégée par mes professeurs et mon origine. L’auteur nous livre son enfance sans concession et on s’attache à ses personnages. On les aime même.

Le roman de Magyd Cherfi nous montre que la vie n’est pas aussi simple que le diptyque du bien ou du mal, du blanc ou du noir. Elle est tout en nuances et ces nuances dans le roman de Magyd Cherfi sont magnifiques.

Emily