Le Mars Club, Rachel Kushner

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J’ai lu beaucoup de critiques élogieuses sur ce roman et cela m’a énormément donné envie de le lire ! Le prix Médicis m’a convaincu.

Résumé

Romy Hall, 29 ans, vient d’être transférée à la prison pour femmes de Stanville, en Californie. Cette ancienne stripteaseuse doit y purger deux peines consécutives de réclusion à perpétuité, plus six ans, pour avoir tué l’homme qui la harcelait. Dans son malheur, elle se raccroche à une certitude : son fils de 7 ans, Jackson, est en sécurité avec sa mère. Jusqu’au jour où l’administration pénitentiaire lui remet un courrier qui fait tout basculer.

Avis

J’ai mis beaucoup de temps à rentrer dans cette lecture. La narratrice fait beaucoup d’aller-retours entre le présent et le passé et même entre différents moments de son passé. Ce n’est pas compliqué à suivre mais c’est un peu déroutant car je ne comprenais pas trop où elle voulait en venir. Après réflexion, je pense que l’auteur nous immerge dans les pensées de son héroïne.

L’univers carcéral féminin est très bien décrit. C’est le plus intéressant dans ce roman et c’est bien dommage de ne pas avoir concentré le récit sur cela. Nous n’en avons que des bribes par-ci par-là. En nous contant le passé de son personnage, l’auteur a voulu nous faire comprendre son parcours et pourquoi celui-ci se terminait en prison. A mon humble avis, cela n’est pas nécessaire. Oui, la narratrice est une pauvre fille victime d’un système judiciaire inhumain où seuls les riches peuvent s’en sortir. On le comprend bien et je ne pense pas qu’il soit utile d’insister tant que ça.

D’autres personnages prennent la parole dans ce roman. Certains chapitres ne sont plus concentré sur Romy mais sur ses co-détenues ou même sur un détenu homme. Ainsi, nous découvrons d’autres vies. D’autres personnes tout aussi paumés qu’elle. Cela rend le récit plus riche. J’ai aimé la diversité des personnages et beaucoup sont très attachants. Conan par exemple est une femme très masculine. Homosexuelle assumée, elle est franche et très drôle. L’histoire de l’homme transexuel qui s’opère seul pour être transféré dans une prison de femmes m’a beaucoup ému. Dans un monde si dur pour les personnes différentes, je n’imaginais même pas toutes les violences qu’on leur fait subir.

Un autre personnage m’a beaucoup plu, celui du professeur. Il m’a fait réfléchir sur ma profession dans ces milieux fermés si particuliers. Où est la limite de notre dévouement ? Dans ce récit, le professeur finit par démissionner car il les franchit beaucoup trop souvent (il offre de la laine par-ci, des livres par-là). Il est trop humain et se laisse même séduire par ces femmes prêtes à tout pour un peu plus de confort.

Enfin, ce roman pose la question de la maternité quand on est en prison. Romy est condamnée à deux peines de perpétuité et elle laisse un petit garçon de 5 ans derrière elle. Elle n’est pas la seule. Cette évocation pour moi jeune maman, est la plus dure. Les enfants doivent-ils payer pour les erreurs de leur maman ?

Un beau roman qui va m’amener à me pencher sur les récits en prison.

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