La Passe-miroir T2, Les disparus de Clairdelune, de Christelle Dabos

couv49338046Pourquoi ce livre ?

Bien qu’ayant été un peu déçue par le tome 1, les fiancés de l’hiver, je ne pouvais pas m’empêcher de lire le tome 2. J’avais vraiment très envie de connaître la suite de l’histoire. Finalement, même si les personnages m’ont paru antipathiques, je m’y suis attachée.

Résumé

Ophélie a fait son entrée à la cour. Ses courtisans sont toujours aussi horribles avec elle. Et encore plus maintenant qu’elle est devenue vice-conteuse pour l’esprit de famille. Parallèlement, des courtisans disparaissent de Clairdelune, pourtant réputé comme l’endroit le plus sûr du pôle. Ophélie va devoir mener l’enquête.

Avis

Autant le dire tout de suite, j’ai largement préféré ce tome-ci au premier. Ophélie se révèle complétement. Elle reste fragilisée évidemment dans ce monde totalement hostile mais elle prend de plus en plus confiance en elle. C’est un personnage fort qui enfin en prend conscience. Le premier à en pâtir est Thorn. Elle lui tient de plus en plus tête et du coup, réussit à obtenir ce qu’elle veut. J’ai beaucoup aimé voir cette nouvelle Ophélie avec sa famille. Elle ose s’affirmer mais en même temps, comprend de plus en plus l’instinct protecteur de sa maman. Elle devient adulte, tout simplement.

Thorn , lui, m’énerve toujours autant ! Son caractère est vraiment imbuvable. Par contre j’ai beaucoup aimé en connaître plus sur ses origines. En effet, les drames de son enfance nous éclairent complétement sur ce mauvais caractère. Les sentiments qu’il exprime à propos d’Ophélie étaient pleinement prévisibles mais ils nous attendrissent. Je me suis surprise à l’apprécier à certains passages (et franchement, j’y croyais pas tant je le détestais).

L’histoire en elle-même est incroyablement bien menée. Elle est bourrée de rebondissements en tous genres ce qui fait du livre un véritable « page-turner ». J’ai avalé les 550 pages en trois jours ! Ophélie se rapproche de l’esprit de famille Farouk. Elle crée sans le vouloir un vrai lien avec lui. Elle obtient même du pouvoir sur Farouk.

Farouk se dévoile dans ce tome. Les quelques passages sur ses souvenirs sont très intéressants. Ils nous content le monde d’avant la déchirure (la déchirure est un événement qui a divisé le monde en plusieurs territoires). Par contre, l’existence d’un dieu géniteur ou créateur des esprits de famille est inutile. Je trouve que c’est un espèce de « Deus ex machina » trop facile. Il débarque en tant que grand méchant alors que l’histoire était déjà bien riche. Dommage…

La fin est quand même pleine de surprises ! Je ne peux pas vous en dire trop mais j’ai vraiment aimé les actions et les décisions d’Ophélie.

L’écriture de Christelle Dabos est beaucoup plus fine dans ce tome. Elle la travaille petit à petit pour notre plus grand bonheur. J’ai trouvé les dialogues beaucoup plus justes. Ces chapitres sont mieux rythmés et à part les quelques réserves déjà évoquées, l’histoire est bien mieux menée.

Et finalement, j’adore cette saga ! J’ai tellement hâte de lire le tome trois. Malheureusement, il est en cours d’écriture. Il va falloir être patiente.

Emily

La passe miroir T1, Les fiancés de l’hiver, de Christelle Dabos

C_La-passe-miroir-Livre-1Les-Fiances-de-lhiver_3911Pourquoi ce livre ?

Ce livre est passé par tous les blogs et tous les booktubes ! J’étais donc très curieuse de le lire à mon tour. Alors, quand je l’ai vu sur l’étagère de la bibliothèque, je n’ai pas hésité une seconde ! En plus, je suis toujours à la recherche de titres de qualité pour le CDI.

Résumé

Ophélie est une jeune animiste qui vit avec ses parents et tous ses frères et soeurs. Elle utilise son pouvoir de « liseuse » pour s’occuper du musée familial. Son petit monde va être troublé par l’arrivée d’un fiancé que l’on va lui imposer. Ce fiancé vit très loin de chez elle, dans une ambiance familiale à l’opposé de celle d’Ophélie. Elle va devoir se démener dans un monde cruel avec pour seul soutien une tante qui a du mal à tenir sa langue.

Avis

Ce livre est un bel exemple de littérature de l’imaginaire pour les adolescents ou « young adult » pour les éditeurs. En ce moment, le monde de l’édition pour la jeunesse est complétement trustée par ce genre. Les plus gros succès sont de la littérature de l’imaginaire (de Harry Potter à Hunger Games, en passant par Le labyrinthe et Divergente). Du coup, tous les auteurs s’y mettent. Ce roman est un premier roman. Christelle Dabos a gagné un concours d’écriture organisé par RTL, les édition Gallimard et Télérama. Je comprend ce qui a séduit le jury. L’auteur a créé un monde unique, complétement inventé. Il y a eu un événement qui a morcelé la Terre en plusieurs territoires. Des immortels ont fondé des « familles » sur ces nouveaux territoires et c’est cette descendance qui y évolue actuellement. Ces gens ont hérité des pouvoirs de leur aïeul. Chaque clan se développe loin les uns des autres. Ce monde est cohérent et très réfléchi. Les moindres petits détails ont été pensés pour être réalistes. On plonge complétement dans cet univers et on y croit.

Je n’ai pas du tout accroché aux personnages de ce livre. Et pourtant, tout est fait pour que l’on compatisse avec Ophélie. Elle est arrachée à sa famille pour épouser un homme qu’elle ne connait pas et qui ressemble à une grosse brute. Mais non, je n’ai pas réussi à compatir avec elle. Ophélie est une jeune fille sans émotions. Elle ne se rebelle pas. Tout au long du roman on nous vante son fort caractère mais on ne fait que l’entre-apercevoir. Elle accepte tout ce qui se passe. Même si je suis consciente qu’elle ne peut pas refuser ce mariage, elle pourrait être plus présente. En plus, son manque d’émotion, la rend froide. C’est très surprenant d’avoir rendu son héroïne sans cœur. Malgré ça, à la fin du roman, je me suis aperçue que je m’étais attachée à elle. Tellement de malheurs lui tombe dessus. Elle doit tout assimiler seule, en se taisant et avec la peur de se faire tuer.

Le futur Fiancé, Thorn, est détestable du début jusqu’à la fin ! De son physique à son caractère, rien ne va ! L’auteur prend un grand plaisir à nous le faire détester. Dans le milieu du livre, son caractère évolue et c’est gros comme une maison ! Le gros costaud au grand cœur… Sa famille est également horrible et complétement à l’opposé de celle d’Ophélie : à la cour du Pôle, on se trompe, se piège, s’entre-tue.

Christelle Dabos a choisi dans ce livre de traiter de plusieurs thèmes essentiels. Dans un premier temps, elle a choisi de parler de la famille. Elle nous oppose deux familles : une où il y a de l’amour, de la tendresse, des taquineries, etc… à une famille froide où tout est calculé, où l’amour fraternel n’existe pas. Elle évoque également à travers le personnage de Thorn le thème de la bâtardise et du rejet. J’espère d’ailleurs que ce thème sera plus approfondi dans le deuxième tome. L’auteur évoque aussi les dérives du pouvoir et la violence qui en découle. Les manigances de la cours sont très bien retranscrites et on s’amuse à détester ces nobles sans foi ni loi. Par contre, ces thèmes ne sont vraiment pas traitées avec finesse. Nous sommes dans un monde où il y a des méchants et des gentils. Seul le personnage de la tante de Thorn amène un peu de nuance à la fin du roman et franchement, ce livre en avait besoin.

Par contre, Christelle Dabos a une écriture très efficace. Les chapitres ne sont pas trop longs et les phrases sont courtes. Le rythme du livre est très soutenu au début. Ophélie n’a pas le temps de respirer qu’une multitude d’aventures lui arrivent. Cependant, le milieu du livre est creux. On s’ennuie un peu dans le quotidien au Pôle. Il faut s’accrocher. Puis, la fin amène plein de rebondissements. Lorsque j’ai refermé ce livre, je n’ai eu qu’une envie, lire le deuxième tome !

J’ai apprécié cette lecture mais ai été un peu déçue. Ce n’est franchement pas le chef d’œuvre auquel je m’attendais en voyant les critiques des blogs que je suis.

Extraits :

« Elle replongea dans son mouchoir à carreaux et souffla de tout son nez. Elle se sentait soulagée. Thorn était un énergumène à peine civilisé, qui culminait deux têtes au-dessus d’elle et dont les longues mains nerveuses semblaient exercées aux armes. Mais au moins, il n l’aimait pas. Et il ne l’aimerait pas davantage à la fin de l’été, lorsque le délai traditionnel entre les fiançailles et les noces se serait écoulé. »

« — J’ai tué un homme.
Il avait jeté cela d’un ton nonchalant, comme une banalité, entre deux lampées de soupe. Les lunettes d’Ophélie blêmirent. A côté d’elle, la tante Roseline s’étrangla, au bord de la syncope. Berenilde reposa sa coupe de vin d’un geste calme sur la nappe de dentelle.
— Où ? Quand ?
Ophélie, elle, aurait demandé :  » Qui ? Pourquoi ? « «