Les loyautés, Delphine de Vigan

Pourquoi ce livre ?images

Delphine de Vigan est vraiment l’une des mes auteurs préférées. J’ai donc envie de lire tous ses livres !

Résumé :

Les destins croisés de quatre personnages : Théo, enfant de parents divorcés ; Mathis, son ami, qu’il entraîne sur des terrains dangereux ; Hélène, professeure de collège à l’enfance violentée, qui s’inquiète pour Théo ; Cécile, la mère de Mathis, qui voit son équilibre familial vaciller. Une exploration des loyautés qui les unissent ou les enchaînent les uns aux autres.

Avis

Mon avis est très mitigé. Je ne sais pas vraiment quoi penser de ce livre. Nous suivons quatre personnages différents. Si le principe de voir la même histoire relatée par des personnes différentes est très intéressante, j’ai trouvé que les quatre parties n’étaient vraiment pas égales ! Je n’ai pas réussi à m’attacher au personnage principal, celui de la professeur de SVT.

Et là, j’aimerais vous expliquer pourquoi. J’en ai marre de ces auteurs qui écrivent sur l’école sans se renseigner. Ces auteurs qui se disent : « c’est bon j’y suis allé, je peux donc écrire sur ce sujet ». Et bien non ! Renseignez-vous un minimum ! En cinquième, c’est le collège et non le lycée. Je ne sais pas comment était le collège à l’époque de Delphine de Vigan mais non, deux élèves de cinquième ne peuvent pas disparaître une heure par ci, une heure par là. Et tout son roman est basé sur cette idée. Les deux adolescents disparaissent sous une armoire pour boire de l’alcool. De nos jours, même en permanence l’appel est fait et si l’élève n’est pas présent, les parents reçoivent un coup de téléphone. Et que dire de cette professeur qui va se battre avec une autre devant les élèves… Sans parler de sa volonté excessive de venir en aide au premier élève qu’elle croise. Je n’ai pas réussi à m’attacher à cette femme.

Par contre, les deux adolescents sont vraiment réalistes ! J’ai eu l’impression de voir les jeunes que je croise tous les jours. Le premier, Théo, est un pauvre garçon qui cache le secret d’un père qui a abandonné tout goût de vivre et qui vit une semaine sur deux avec une mère complètement détruite par son divorce. Il se réfugie dans l’alcool qu’il découvre petit à petit, repoussant ses limites toujours plus loin. Cette histoire nous montre que même s’il y a de l’amour dans les relations parents-enfants, il y a toujours un risque de détruire son enfant.

Le deuxième adolescent est lié avec le dernier personnage puisqu’il s’agit de sa mère. Et ce sont ces deux personnages qui m’ont le plus touchée ! Le jeune homme est titillé entre l’envie de suivre Théo dans sa descente aux enfers, et celle de rester un bon élève docile et respectueux de ses parents. Sa mère, elle, vient de découvrir que son mari n’est pas celui qu’elle croyait. Elle a voué sa vie à sa famille et se rend compte que tout n’était peut-être qu’un mensonge. Du coup, on comprend mieux pourquoi son fils se sent si mal dans sa vie.

Et du coup, je suis très frustrée. J’aurais vraiment aimé en savoir plus. Choisir de diviser une histoire en quatre c’est limiter le récit. Pas de détails, pas de description … Et surtout, pas de fin ! Encore ! Après D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan remet ça. Encore un roman sans vraiment avoir une fin.  Je n’aime pas du tout ça.

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Jours sans faim, Delphine de Vigan

Pourquoi ce livre ?Jours-sans-faim

Je suis folle de Delphine de Vigan. J’adore ses livres ! J’aime son écriture, ses histoires, ses émotions… Une histoire vraie m’avait un peu déçu mais cela ne pas empêcher de lire ce texte.

Résumé

« Cela s’était fait progressivement. Pour en arriver là. Sans qu’elle s’en rende vraiment compte. Sans qu’elle puisse aller contre. Elle se souvient du regard des gens, de la peur dans leurs yeux. Elle se souvient de ce sentiment de puissance qui repoussait toujours plus loin les limites du jeûne et de la souffrance. Les genoux qui se cognent, des journées entières sans s’asseoir. En manque, le corps vole au-dessus des trottoirs. Plus tard, les chutes dans la rue, dans le métro, et l’insomnie qui accompagne la faim qu’on ne sait plus reconnaître. Et puis le froid est entré en elle, inimaginable. Ce froid qui lui disait qu’elle était arrivée au bout et qu’il fallait choisir entre vivre et mourir. »

Avis

Je n’ai pas lu la quatrième de couverture de ce livre avant de l’emprunter à la bibliothèque. Je me suis donc plongée dans la lecture sans aucun a priori.

Et quel choc ! Cette lecture va rester graver en moi un long moment. Ce livre évoque l’histoire d’une jeune femme anorexique qui est hospitalisée pour se soigner. Le sujet est dur, très dur. Cette jeune femme m’a vraiment émue. Elle est si vraie ! J’ai eu l’impression qu’elle était là, à côté de moi, à me faire des confidences.

Delphine de Vigan a certes raconté une histoire poignante mais elle livre surtout des émotions et des sensations.
Le froid. Ce froid qui envahit la jeune femme. Ce froid que l’on peut imaginer et ressentir. Aucune analyse ne nous est livrée. Et, le lecteur n’en a pas besoin. Bien sûr, Delphine de Vigan nous donne quelques clés pour mieux comprendre son héroïne, mais là n’est pas l’essentiel. On souffre avec elle, on espère avec elle.

L’écriture de l’auteur est juste comme souvent. Très délicate, elle effleure son héroïne sans jamais la juger ou l’excuser. Elle la montre telle qu’elle est, sans filtre, dans son extrême maigreur. Elle ne nous laisse pas pénétrer ses pensées facilement. Le lecteur apprend tout doucement à l’apprivoiser.

Mais ce livre n’est pas triste. La jeune femme veut guérir. Elle est entourée de personnages drôles. Le lecteur ne peut pas s’empêcher de sourire pendant sa lecture.

Je vous recommande chaudement ce livre !