En attendant Bojangles, d’Olivier Bourdeaut

indexPourquoi ce livre ?

Pas pour la couverture en tout cas ! Franchement, cette première de couverture ne me plaît pas du tout. Certes, une fois ma lecture achevée, je me rends compte qu’elle illustre très bien le texte mais elle ne m’aurait en aucun cas donné envie d’emprunter ce roman. C’est encore une fois grâce au monde de la blogosphère. Ce roman est passé entre beaucoup de mains de blogueurs. Mais, à cause de la couverture, je n’ai lu aucune des chroniques. Et puis, le livre était mis en avant à la médiathèque. Je me suis donc dis que si tout le monde le lisait, c’est qu’il devait y avoir une raison, alors hop, je l’ai emprunté !

Résumé

Sous les yeux de leur petit garçon, un couple s’aime passionnément. Une passion dévorante qui emporte tout sur son passage. La famille vit dans une douce folie. Celle de la mère qui est fantasque et qui refuse de travailler. Elle préfère danser et faire la fête. Mais petit à petit, le mari et le fils se rendent compte qu’elle sombre réellement dans la folie.

Avis

Il y a des livres qu’on aime à la folie. Des livres qui nous touchent, que l’on garde en mémoire longtemps après la fin de notre lecture. Des livres qui laisseront leur empreinte à jamais. En attendant Bojangles est de ces livres ! Ce fut un véritable coup de cœur littéraire pour moi. Et pourtant, je n’attendais vraiment rien de ce roman. Je n’avais même pas lu la quatrième de couverture. C’est donc, sans aucun a priori que j’ai commencé ma lecture. Et quelle claque !

Ce livre est un premier roman. La quatrième de couverture nous apprend que l’auteur, Olivier Bourdeaut, a longtemps hésité avant de se mettre à écrire. Heureusement qu’il s’y ait mis. L’écriture de cet homme est incroyable : des chapitres courts, des phrases réfléchies et d’une sensibilité incroyable. La bonne idée de ce livre est de mélanger le point de vue de l’enfant et celui de son père.

La plupart du roman est donc écrit du point de vue de l’enfant. Le langage est adapté mais pas relâché. On ne tombe jamais dans le cliché de l’écriture « jeune ». On entend la voix de l’enfant et on y croit. Il nous raconte donc la vie de sa famille avec sa vision et sa naïveté d’enfant. De son point de vue, sa maman est fantastique car différente. Son petit grain de folie amène de la joie dans leur foyer. Il trouve ça très drôle qu’elle le vouvoie. Il aime faire la fête jusque tard le soir. Et c’est tellement drôle de se jeter dans le tas de courrier non ouvert !
Quelques chapitres sont racontés du point de vue du père. Et du coup, c’est très intéressant de lire les mêmes événements en miroir. Tout d’abord, le père nous raconte ce que le petit garçon ignore : sa rencontre avec sa femme. Un coup de foudre incroyable ! Puis, petit à petit, on comprend que le petit grain de folie de la mère n’est pas si petit que ça… J’ai aimé lire le point de vue du père car j’ai vraiment été touchée par cet amour incroyable qu’il voue à sa femme. Son dévouement m’a énormément émue : c’est lui qui œuvre dans l’ombre pour que la folie de sa femme n’atteigne pas son fils. Il nous livre ses stratagèmes du quotidien.

Je ne m’attendais pas à ce que la mère sombre dans la folie puisque je n’avais pas lu la quatrième de couverture. L’auteur, en s’exprimant par le biais du petit garçon, écrit avec beaucoup de pudeur cette étape de leur vie. Car c’est bien leur vie à tous les trois que cela bouleverse. Il y a beaucoup de sensibilité dans la façon d’écrire d’Olivier Bourdeaut.

Tout au long du roman, on sent que le petit garçon grandit. Sa façon de s’exprimer murit. Alors qu’au début il est naïf, il saisit parfaitement que leur vie prend un tournent inattendu. Il se rapproche de son père et le comprend.

Je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer à la fin de ce livre tant cette fin est belle. Il faut vraiment que vous lisiez ce chef d’œuvre !

Extraits

« Puis elle me couvrait de baisers. Elle me picorait disait-elle, j’aimais beaucoup me faire picorer par elle. »

« Le temps d’un cocktail, d’une danse, une femme folle et chapeautée d’ailes, m’avait rendu fou d’elle en m’invitant à partager sa démence. »

Emily

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