Pactum Salis, Olivier Bourdeaut

Pourquoi ce livre ?CVT_Pactum-salis_1141

Après ma lecture de la BD tirée de son premier roman En attendant Bojangles, j’ai eu très envie de lire le nouveau roman de cet auteur que j’aime tant !

Résumé

Très improbable, cette amitié entre un paludier misanthrope, ex-Parisien installé près de Guérande, et un agent immobilier ambitieux, prêt à tout pour « réussir ». Le premier mène une vie quasi monacale, déconnecté avec bonheur de toute technologie, tandis que le second gare avec fierté sa Porsche devant les boîtes de nuit.

Liés à la fois par une promesse absurde et par une fascination réciproque, ils vont passer une semaine à tenter de s‘apprivoiser, au cœur des marais salants.

Avis

Quelle déception ! J’attendais tellement de ce roman, peut-être trop ! Je suis si déçue de ma lecture que je me suis même demandée si j’allais en faire une critique. En attendant Bojangles était une telle réussite qu’il devait être difficile de faire mieux. J’ai lu quelques interviews de l’auteur qui a confié que contrairement à ce dernier qui n’avait pratiquement pas été retouché, Pactum Salis a subit pas mal de modifications demandées par l’éditeur. C’est peut être le problème. Un texte trop travaillé et qui manque de naturel.

Dans ce roman, nous suivons deux hommes que tout oppose : un homme d’affaire riche et sans scrupule et un paludier désintéressé qui vit très sobrement. Mais la véritable intrigue du roman ne commence qu’à la moitié du livre puisque grâce à des flashs back, l’auteur nous rend compte de leur passé. Ces retours en arrière sont certes essentiels à la compréhension de la psychologie des personnages, mais ils sont longs, très longs ! Je me suis ennuyée.

J’ai trouvé les personnages beaucoup trop stéréotypés ! L’homme d’affaire a commencé avec rien, il a gravi les échelons pour finalement réussir brillamment sa vie. Il est sans scrupule mais verse une petite larme quand il abuse un peu trop d’un pauvre vieil homme. Il noie sa solitude dans l’alcool et les filles car au fond, il recherche plus de la vie. Le paludier est un gosse de riches intellectuels. Il se rebelle face à la figure trop imposante de ses parents. Il se noie dans l’alcool pour finalement s’exiler dans les marrais salants pour échapper à la vie tumultueuse de Paris. Il vit depuis avec presque rien, il est un travailleur solitaire qui adore passer des heures à regarder les paysages splendides de ses marais. Oui, oui, ce sont bien les portraits des personnages d’Olivier Bourdeaut ! Des personnages que l’on pourrait retrouver dans n’importe quel roman. Où sont passés les merveilleux personnages de En attendant Bojangles ? Où est passé cette exceptionnelle capacité à casser tous les stéréotypes des héros de roman ?

Quand enfin l’intrigue commence, je me suis fait happer par l’histoire. La relation étrange et ambigüe de ses deux hommes est à la fois pathétique et très drôle. Les dialogues sont vraiment savoureux. J’ai ici retrouvé la plume acerbe d’Olivier Bourdeaut. C’est une rencontre hors du commun qui donne des situations hors du commun. Les personnages me sont alors apparus vraiment réels et surtout vraiment ancrés dans leur histoire. Mais que ce fut long pour enfin arriver à cela !

L’écriture de l’auteur est toujours aussi magnifique ! Les longues descriptions des marrais salants sont superbes. Les chapitres courts vont à l’essentiel. Même si je me suis ennuyée dans toute la première partie, je ne peux pas nier une volonté affirmée de l’auteur de rester précis dans son texte. Pas de digression qui serait inutile. Pas de description qui ne servirait pas le texte.

Par contre, je suis très frustrée car je n’ai pas compris la fin. Un cadavre est découvert au tout début du roman. Nous mettons beaucoup de temps à comprendre le lien qu’il a avec nos deux hommes, et c’est d’ailleurs dans les toutes dernières pages que cela nous est révélé. Mais devons-nous comprendre qui l’a tué ? Si la réponse est oui, je n’ai toujours pas compris. Si la réponse est non, je ne vois pas du tout l’intérêt. N’hésitez pas à me donner votre avis !

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En attendant Bojangles (BD), Ingrid Chabert et Carole Maurel

Pourquoi ce livre ?images

J’ai tellement aimé le livre d’Olivier Bourdeaut ! L’écriture, l’histoire, les personnages… Je ne savais pas du tout qu’une BD avait été adaptée de cet excellent livre. Du coup, j’étais très surprise de la trouver à la médiathèque.

Résumé

Un couple et leur fils nagent dans le bonheur, en compagnie de Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique adopté par la mère. Cependant, imprévisible et extravagante, cette dernière entraînera malgré elle sa famille dans un dangereux tourbillon, que tenteront d’éviter père et fils.

Avis

Je ne me souvenais plus du tout que l’histoire était si triste ! Maintenant que je suis devenue maman, j’ai trouvé très dure cette lecture. A la place du petit garçon, je n’ai pas pu m’empêcher de voir ma petite Agathe ! Et je dois dire que je ne comprends pas du tout les réactions des parents, couple qui s’aime à la folie en mettant leur fils au second plan.  Cette BD m’a arrachée quelques larmes.

L’adaptation est très réussie ! Cependant, il a fallu faire de très grosses coupures dans l’histoire. Je me demande si le lecteur n’a pas lu le livre, comprendra-t-il toutes les subtilités ? Je n’en suis vraiment pas sûre. Tout va très vite et ne tient qu’en quelques pages. Je pense que des planches supplémentaires n’auraient pas été superflues !

Le dessin est superbe ! Toutes les émotions sont sublimement représentées. Les couleurs sont tantôt vives pour exprimées la joie et la sensualité de la mère et tantôt sombres quand tout va mal.

Je recommande cette BD qui est à lire après le livre bien sûr !

En attendant Bojangles, d’Olivier Bourdeaut

indexPourquoi ce livre ?

Pas pour la couverture en tout cas ! Franchement, cette première de couverture ne me plaît pas du tout. Certes, une fois ma lecture achevée, je me rends compte qu’elle illustre très bien le texte mais elle ne m’aurait en aucun cas donné envie d’emprunter ce roman. C’est encore une fois grâce au monde de la blogosphère. Ce roman est passé entre beaucoup de mains de blogueurs. Mais, à cause de la couverture, je n’ai lu aucune des chroniques. Et puis, le livre était mis en avant à la médiathèque. Je me suis donc dis que si tout le monde le lisait, c’est qu’il devait y avoir une raison, alors hop, je l’ai emprunté !

Résumé

Sous les yeux de leur petit garçon, un couple s’aime passionnément. Une passion dévorante qui emporte tout sur son passage. La famille vit dans une douce folie. Celle de la mère qui est fantasque et qui refuse de travailler. Elle préfère danser et faire la fête. Mais petit à petit, le mari et le fils se rendent compte qu’elle sombre réellement dans la folie.

Avis

Il y a des livres qu’on aime à la folie. Des livres qui nous touchent, que l’on garde en mémoire longtemps après la fin de notre lecture. Des livres qui laisseront leur empreinte à jamais. En attendant Bojangles est de ces livres ! Ce fut un véritable coup de cœur littéraire pour moi. Et pourtant, je n’attendais vraiment rien de ce roman. Je n’avais même pas lu la quatrième de couverture. C’est donc, sans aucun a priori que j’ai commencé ma lecture. Et quelle claque !

Ce livre est un premier roman. La quatrième de couverture nous apprend que l’auteur, Olivier Bourdeaut, a longtemps hésité avant de se mettre à écrire. Heureusement qu’il s’y ait mis. L’écriture de cet homme est incroyable : des chapitres courts, des phrases réfléchies et d’une sensibilité incroyable. La bonne idée de ce livre est de mélanger le point de vue de l’enfant et celui de son père.

La plupart du roman est donc écrit du point de vue de l’enfant. Le langage est adapté mais pas relâché. On ne tombe jamais dans le cliché de l’écriture « jeune ». On entend la voix de l’enfant et on y croit. Il nous raconte donc la vie de sa famille avec sa vision et sa naïveté d’enfant. De son point de vue, sa maman est fantastique car différente. Son petit grain de folie amène de la joie dans leur foyer. Il trouve ça très drôle qu’elle le vouvoie. Il aime faire la fête jusque tard le soir. Et c’est tellement drôle de se jeter dans le tas de courrier non ouvert !
Quelques chapitres sont racontés du point de vue du père. Et du coup, c’est très intéressant de lire les mêmes événements en miroir. Tout d’abord, le père nous raconte ce que le petit garçon ignore : sa rencontre avec sa femme. Un coup de foudre incroyable ! Puis, petit à petit, on comprend que le petit grain de folie de la mère n’est pas si petit que ça… J’ai aimé lire le point de vue du père car j’ai vraiment été touchée par cet amour incroyable qu’il voue à sa femme. Son dévouement m’a énormément émue : c’est lui qui œuvre dans l’ombre pour que la folie de sa femme n’atteigne pas son fils. Il nous livre ses stratagèmes du quotidien.

Je ne m’attendais pas à ce que la mère sombre dans la folie puisque je n’avais pas lu la quatrième de couverture. L’auteur, en s’exprimant par le biais du petit garçon, écrit avec beaucoup de pudeur cette étape de leur vie. Car c’est bien leur vie à tous les trois que cela bouleverse. Il y a beaucoup de sensibilité dans la façon d’écrire d’Olivier Bourdeaut.

Tout au long du roman, on sent que le petit garçon grandit. Sa façon de s’exprimer murit. Alors qu’au début il est naïf, il saisit parfaitement que leur vie prend un tournent inattendu. Il se rapproche de son père et le comprend.

Je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer à la fin de ce livre tant cette fin est belle. Il faut vraiment que vous lisiez ce chef d’œuvre !

Extraits

« Puis elle me couvrait de baisers. Elle me picorait disait-elle, j’aimais beaucoup me faire picorer par elle. »

« Le temps d’un cocktail, d’une danse, une femme folle et chapeautée d’ailes, m’avait rendu fou d’elle en m’invitant à partager sa démence. »

Emily