La vérité sur l’affaire Harry Quebert, de Joël Dicker

La_Verite_sur_l_Affaire_Harry_QuebertPourquoi ce livre ?

Cela fait bien longtemps que j’ai envie de lire ce livre. J’ai entendu énormément de critiques positives à sa sortie en 2012. Il a également reçu deux prix importants : le Goncourt des lycéens et le prix du roman de l’académie française. J’aime beaucoup lire les livres primés par les lycéens. Je ne suis jamais déçue. J’ai par exemple adoré Le quatrième mur de Sorj Chalandon sorti en 2013.

Résumé

Au printemps 2008, le corps de Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans disparue en 1975, est retrouvé enterré sur la propriété d’Harry Quebert, son amant de 20 ans son aîné. Celui-ci est immédiatement arrêté et emprisonné en attendant son procès.
Marcus Goldman est un écrivain à succès. Son premier livre s’est merveilleusement bien vendu. Mais alors qu’il doit écrire le second, l’inspiration lui manque. Son éditeur lui met alors la pression pour qu’il écrive sur « l’affaire Harry Quebert ».
En effet, les deux hommes sont très amis. Marcus a été formé à l’écriture par Harry, considéré comme l’un des plus grands écrivains américains. Il le considère comme son mentor. Convaincu de son innocence, celui-ci va mener l’enquête.

Avis

Il va être très difficile de faire cette critique car il ne faudrait pas que je vous dévoile les moments clés de l’intrigue.

En effet, ce livre est un roman policier assez classique : une jeune fille est morte et le personnage principal enquête pour trouver son meurtrier. J’aime beaucoup ce genre. Petite, je dévorais les romans d’Agatha Christie ! Mon oncle possédait la collection entière de ses livres et je passais toutes mes vacances à les lire. Ce que j’aime dans ce genre c’est le processus qui amène l’enquêteur à la vérité. Je suis servie ici puisque ce livre décortique chaque preuve, chaque cheminement intellectuel qui conduit au meurtrier.

Mais ce qui rend le roman particulièrement intéressant, c’est la description du processus de création littéraire. Marcus est un écrivain victime du syndrome de la page blanche. Son désarroi au début du roman m’a beaucoup émue. Comment contrer cette « maladie » comme il l’appelle. Les écrivains sont bien désemparés quand l’inspiration se tarie.

Le roman oscille sans arrêt entre le présent et l’enquête, en 2008 et des flash-back d’avant la mort de Nola, en 1975. Ce procédé nous permet de mieux comprendre les personnages du roman. Ainsi, les échos de 1975 répondent aux découvertes de 2008.

Les personnages du roman sont extrêmement complexes et c’est ce qui en font leur richesse. A commencer par Harry Quebert. Il va évoluer tout au long du roman. En effet, il est d’abord vu à travers les yeux de Marcus. Ce dernier l’idéalise et l’admire. Petit à petit, l’écrivain va découvrir qui est le vrai Harry. Il est d’abord un amoureux transit. Un amoureux de 35 ans qui est fou d’une adolescente de 15 ans. Et c’est ce qui m’a énormément gêné dans ce livre. Certes quelques voix s’élèvent pour dénoncer le caractère pédophile du personnage mais finalement, le livre nous offre une très belle histoire d’amour. Une histoire d’amour ! Entre un homme et une adolescente…

Nola, est un vrai coup de cœur. J’ai adoré rencontrer ce petit bout de femme prête à tout pour son homme, même si je dois avouer que j’ai dû faire beaucoup d’efforts pour oublier l’âge de son amoureux.

Le livre est très rythmé puisqu’il y a énormément de rebondissements. Trop même. A deux, trois moments je me suis dit « ah ok, c’est lui le meurtrier, ça se tient » et non, un rebondissement fait de nouveau avancer l’enquête. Et ça devient lassant. Il y a trop de retournements de situation. Tout comme les personnages. A la fin du livre on se rend compte qu’aucun des personnages n’étaient comme Marcus le pensait au début du roman. C’est trop.

J’ai également détesté les redites du livre. En effet, nous lisons un livre sur le livre que Marcus écrit. Du coup, Joël Dicker reprend plusieurs fois des passages de son roman pour en faire des passages du roman de son personnage. Et bien, relire des passages que j’ai déjà lu m’a énormément ennuyé.

Malgré tout, ce livre est véritablement un « page turner ». Impossible de le lâcher avant de connaître le meurtrier de cette jeune fille. Par contre, je ne comprends pas l’engouement des prix littéraires pour ce livre. Je n’ai pas trouvé que Joël Dicker avait une écriture particulière. Et l’histoire est franchement très classique.

Une lecture en demi-teinte donc. Je ne suis pas sure de lire le tout nouveau de cet auteur.

Emily

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