Couleurs de l’incendie, Pierre Lemaitre

Pourquoi ce livre ?CVT_Couleurs-de-lincendie_5803

J’ai tellement aimé Au revoir là-haut, qu’il était inconcevable de ne pas lire la suite !

Résumé :

Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement.
Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.

Mon avis

J’aime énormément la plume de Pierre Lemaitre. Elle est exigeante mais reste fluide et facile à lire. J’ai avalé les 544 pages en quatre jours !

J’ai été assez surprise des critiques qui décrivaient ce roman comme un roman féministe et engagé pour la cause des femmes. J’ai trouvé que c’était exagéré. Bien sûr, Madeleine évolue tout au long du roman. Elle commence par être une mère éplorée pour finir en femme sûre d’elle. Cependant pour l’aider dans sa vengeance, elle s’en remet finalement à un homme.
La condition des femmes du début du XXe siècle est très bien évoquée. A travers Madeleine, mais aussi sa tante, femme au foyer dévouée à son mari, Léonce,une femme libre ou encore les domestiques que l’ont croise un peu partout. Oui, certes, mais ces conditions ont changé aujourd’hui.

Je me suis cependant totalement identifiée à Madeleine, mais parce qu’elle est mère. Ses sentiments sont intemporels ! Et justement les plus grandes épreuves qu’elle doit affronter sont ceux qui mettent en question son fils. J’ai tellement souffert avec elle ! Je ne m’y attendais pas du tout. J’ai eu beaucoup de mal à l’accepter.

Nous souffrons également avec Paul, son fils. La scène d’ouverture du roman est insoutenable. Paul saute volontairement par la fenêtre. Il n’est alors âgé que de sept ans. Cette première scène est encore plus dure que celle de Au revoir là-haut. Elle annonce vraiment la suite du roman. Un texte plus noir et beaucoup moins drôle que le précédent. C’est vraiment dommage car l’humour était un point fort.

Mais Pierre Lemaitre nous captive à chaque page. La magie de son écriture nous emmène. Les différentes histoires entremêlées sont bien menées et nous tiennent en haleine.

Je continue à découvrir la société du début du XXe siècle et j’en suis toujours aussi abasourdie. Par les politiciens d’abord. Nous revenons vraiment de loin ! Tous pourris et sans aucune moralité. Par l’état d’esprit qui régnait à cette époque : la Seconde Guerre Mondiale, la montée du fascisme ou encore l’arrivée d’Hitler au pouvoir. J’ai beaucoup aimé assister à tous ces grands événements de l’histoire à travers les yeux des français. Pierre Lemaitre semble se délecter de ses ajouts historiques. Et nous aussi !

Vous l’aurez compris, j’ai hâte de lire le tome trois !

Emily

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Y a pas de héros dans ma famille, Jo Witek

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J’ai beaucoup aimé Mentine du même auteur. J’avais très envie de lire un autre roman d’elle.

Résumé :

Jusque là tout était clair dans sa tête. À la maison, il était Mo, parfois aussi Tit’tête ou bouffon à lunettes. À l’école, c’était Maurice Dambek. Chez lui, à l’étroit dans le petit appartement, ça parlait fort par-dessus la télé et ça disait des gros mots (pour être tranquille, Mo fait ses devoirs dans la baignoire !). En classe, on se tenait correctement et on parlait comme dans les livres. Ses deux vies étaient bien distinctes, il suffisait de ne pas se tromper de langage. Mais, un jour, Mo découvre la maison de son ami Hippolyte et le mur de photos dans le salon, où sont exposés tous les gens connus de la famille – un grand médecin humanitaire, un écrivain, un acteur de la Comédie française et même un prix Nobel ! À partir de ce moment, Mo commence à s’éloigner et à avoir honte de sa famille déglinguée, où il n’y a aucun héros, que des zéros. Mais dans un vieil album de famille, il va faire une découverte…

Avis :

Je me suis énormément attachée aux différents personnages. Et pourtant, ce n’étais pas gagné d’avance. S’il est très facile d’éprouver de la sympathie pour Maurice, le petit héros de 10 ans, pour sa famille il en est autrement ! En gros, Mo grandit  dans une famille de « beaufs » de banlieue. Il est très désagréable d’imaginer ce petit bonhomme dans une telle famille ; du bruit, de la vulgarité, la galère, les trafics de banlieue… Tout cet univers me fait horreur ! Imaginer Mo essayant de lire ou faire ses devoirs dans la baignoire pour avoir un peu de tranquillité me met les larmes aux yeux !

Mais de cela, Maurice n’en a pas conscience. Il l’aime sa famille. Puis, un copain va tout faire basculer. Le garçon va alors entreprendre une réflexion initiatique. Sa famille n’est pas aussi bien qu’il le pensait. Nous souffrons à ses côtés et n’avons qu’une idée en tête, prendre la défense de ses proches !

Enfin, Jo Witek nous montre l’essentiel : cette famille n’est pas parfaite, mais elle s’aime ! Mo est entouré d’amour. Toute cette réflexion va les amener à être encore plus soudés et à grandir.

Et finalement, qui suis-je pour juger cette famille. Oui, elle ne ressemble pas à ce que je suis mais on s’en fiche !

Jo Witek signe ici un livre très beau. Je ne m’attendais pas du tout à être autant émue à la fin !

Emily

L’amour après, Marceline Loridan-Ivens et Judith Perrignon

Pourquoi ce livre ?L-amour-apres

Lors de la sortie de ce livre, j’ai été très touchée par les mots de l’auteur. Alors quand mon amie Laetitia et moi sommes allées au salon du livre et qu’elle m’a demandé de choisir un livre, je n’ai pas hésité, c’était celui là. En plus, j’ai vraiment bien aimé Victor Hugo vient de mourir de Judith Perrignon. J’avais hâte de relire un livre d’elle, même si elle n’est que co-auteur sur celui-ci.

Résumé :

« Le téléphone sonne. C’est Charlotte qui m’appelle d’Israël. Nous étions dans la même classe à Montélimar. Elle a été arrêtée après moi, mais je ne l’ai pas croisée à Birkenau.

— Qu’est-ce que tu fais en ce moment ? demande-t-elle.
— Je travaille sur l’amour.
Un silence alors, comme si le mot amour s’égarait, se cognait dans sa tête. Elle ne sait qu’en faire.
— L’amour au camp ou quoi ?
— Après les camps.
— Ah, c’est mieux. L’amour au camp, j’en ai pas vu beaucoup. »

Comment aimer, s’abandonner, désirer, jouir, quand on a été déportée à quinze ans ?
Retrouvant à quatre-vingt-neuf ans sa « valise d’amour », trésor vivant des lettres échangées avec les hommes de sa vie, Marceline Loridan-Ivens se souvient…
Un récit merveilleusement libre sur l’amour et la sensualité.

Avis

Ce livre n’est pas vraiment un roman sur l’amour après les camps comme le résumé le laisse croire. Il s’agit surtout d’un texte sur les souvenirs amoureux d’une vieille dame qui a été en camp de concentration. Le camp n’est pas le sujet principal. Ce livre aurait pu tout autant existé sans cela. Et il aurait été aussi beau !

Marceline Loridan-Ivens est une personne hors du commun. Son horrible passé l’a forgé en une femme forte et sûre d’elle. Après avoir réalisé qu’elle perd la vue, elle décide de se plonger dans la malle où elle range les lettres d’amour qu’elle a reçu tout au long de sa vie. Ah, les lettres d’amour ! Une époque bien oubliée qui pourtant donne de magnifiques romans. Il y a énormément de lettres dans cette malle. Certaines d’hommes dont elle ne se souvient pas, mais d’autres de ceux qui ont vraiment compté dans sa vie.

Nous remontons ainsi le fil de sa mémoire. Et bien sûr, la question de la reconstruction après le camp se profile. Comment aimer son corps et le faire jouir après avoir subit l’horreur ? Mais la vie doit reprendre son cours, elle ne lui laisse pas le temps de souffler. Alors d’autres questions viennent s’imposer à elle : comment concilier sa judéité et sa volonté de liberté ? Comment s’émanciper d’une mère qui ne comprend pas l’ignominie de son passé ?

Les hommes se suivent mais ne se ressemblent pas. Certains lui ont beaucoup apporté, certains ne sont que passés. Certains sont illustres, d’autres anonymes. Certains sont morts, certains sont toujours à ses côtés. Mais finalement, c’est Marceline que l’on apprend à connaître et à aimer. Cette femme libre d’un temps oublié.

Ce roman est magnifique. Il est comme un secret qu’une vieille dame raconte pour ne pas qu’il tombe dans l’oubli ! Qu’elle vie !

Le coin BD [8]

Verte, Marie Desplechin et Magali Le HucheVerte

Résumé :

À onze ans, la petite Verte ne montre toujours aucun talent pour la sorcellerie. Pire que cela, elle dit qu’elle veut être quelqu’un de normal et se marier. Elle semble aussi s’intéresser aux garçons de sa classe et ne cache pas son dégoût lorsqu’elle voit mijoter un brouet destiné à empoisonner le chien des voisins. Sa mère, Ursule, est consternée. C’est si important pour une sorcière de transmettre le métier à sa fille. En dernier ressort, elle décide de confier Verte une journée par semaine à sa grand-mère, Anastabotte,puisqu’elles ont l’air de si bien s’entendre. Dès la première séance, les résultats sont excellents. On peut même dire qu’ils dépassent les espérances d’Ursule. Un peu trop, peut-être.

Avis

Cette BD est une adaptation du roman jeunesse éponyme que je n’ai pas lu mais qui m’attire énormément. L’histoire est complètement loufoque. Elle se déroule à notre époque. Les sorcières ne sont pas habillées de noir avec un chapeau pointu. Elle sont totalement intégrées dans notre société. Ainsi, Verte est une petite fille totalement normale. Elle va à l’école et a même un amoureux. Mais le problème c’est qu’elle n’aime pas être une sorcière et sa mère et sa grand-mère se sont mis en tête de lui apprendre le métier. La situation de départ est drôle et Verte est une petite fille qui a un sacré caractère !

Ce sont justement les personnages qui font la richesse de cette BD. Verte est extrêmement attachante. N’importe quelle jeune fille pourra s’identifier à elle. J’ai également adoré la grand-mère qui gère la mauvaise humeur de verte avec brio ! C’est une adorable mamie qu’on ne soupçonnerait pas du tout d’être une sorcière.

Les dessins sont un peu grossiers mais finalement, cela ne m’a pas dérangée. Les couleurs sont très vives ce qui renforce la bonne humeur qui se dégage de cette BD.

J’ai hâte de lire la suite !

Wonderland, Yugo Ishikawawonderland-1-panini

Résumé :

Yukko, une étudiante sans histoire, se réveille un matin pas plus grande qu’un pouce. Lorsque ses parents se font dévorer par leur chat, elle comprend avec horreur que tous les gens de son quartier ont subit le même sort, devenant ainsi la proie des animaux bien plus grands qu’eux.
Avec son chien Poko, Yukko décide de partir chercher de l’aide. Au cours de son périple, elle rencontre Alice, une mystérieuse guerrière qui parle une langue étrange.
Ensemble, elles vont tenter de survivre dans ce monde hostile et de découvrir la raison de leur état.

Avis :

Âmes sensibles, s’abstenir ! J’ai eu beaucoup de mal à finir ce premier tome tant il m’a mise mal à l’aise ! Le sujet est certes innovant, un quartier se réveille un matin et découvre que tous ses habitants ont rapetissé, mais les scènes sont gores et très réalistes. Il est très facile de se mettre à la place de Yukko, le personnage principal, tant l’auteur a rendu l’histoire réaliste. La scène d’ouverture où la jeune fille voit ses parents se faire tuer par un chat est terrible ! La situation est posée immédiatement. Maintenant, il va falloir survivre. L’auteur traite alors du rapport avec autrui. Essentiel à la survie mais tellement instable ! J’ai également beaucoup apprécié le mystère qui plane autour de ce rapetissement. Le point de vue adopté est celui de la jeune héroïne. Nous ne comprenons donc pas ce qui se passe. Nous la suivons et souffrons avec elle.

Les dessins sont très soignés bien que très japonais. Cependant, même si l’action se déroule au Japon, elle n’est pas trop marquée par le lieu et aurait pu se dérouler n’importe où. Seul le costume « baby doll » d’Alice (deuxième personnage principal qui prendra sûrement plus de place dans le deuxième tome) nous rappelle qu’elles sont sur l’archipel.

Je ne suis pas sûre de l’acheter pour mon prochain CDI, ou alors, il faudra faire attention aux lecteurs qui le choisiront.

Emily

Agatha Raisin enquête, tome 1 : La quiche fatale, M.C. Beaton

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Dans la même logique que Au petit bonheur la chance, j’avais envie d’une lecture légère, qui me repose et me distrait pendant mes vacances. Ce roman policier était le roman parfait !

Résumé

Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme.
Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur.
Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

Avis

Ce livre est parfait pour les amateurs (comme moi) de L’inspecteur Barnaby. Les deux se ressemblent tellement que le roman pourrait être adapté dans la série.

Le lieu tout d’abord : la campagne anglaise non loin de Londres. L’auteur use de tous les charmes (et stéréotypes) pour nous retranscrire la vie retirée d’Agatha. Les pubs, les cottages, les habitants un peu péquenots mais attachants, etc. Cela a beau être totalement exagéré, j’adore ! Les stéréotypes de la campagne anglaise ont tellement de charme ! En lisant, j’avais l’impression de regarder un de ces tableaux kitchs que l’on nous propose souvent de faire en puzzle. C’est totalement dépaysant !

Le personnage principal n’est pas très attachant. Je pense que c’est totalement assumé par l’auteur qui avait déjà prévu, en écrivant ce roman, qu’il y aurait des suites. Agatha est une femme d’affaire qui se retire à la campagne. Elle est rempli d’a priori et agit le plus souvent comme une femme de Londres. Elle va cependant progressivement succomber au charme de sa ville d’accueil et de ses habitants. Ce n’est qu’à la fin qu’elle devient sympathique aux yeux du lecteur.

Le récit est lent. Finalement, même s’il y a une enquête policière, il ne se passe pas grand chose dans ce roman. Mais c’est justement la lenteur à la Barnaby qui me plaît. A l’image d’un bon Maigret, l’auteur prend le temps d’installer son enquêtrice dans son environnement. Il lui laisse le temps de comprendre et enfin d’agir. Les indices sont disséminés tout au long du roman et je n’avais pas trouvé immédiatement le meurtrier (ce qui m’exaspère dans certains romans policiers).

Un petit roman très agréable. Même si je ne pense pas lire les autres tomes, j’ai apprécié celui-ci.

Emily

Au petit bonheur la chance, Aurélie Valognes

Pourquoi ce livre ?CVT_Au-petit-bonheur-la-chance-_1021

J’ai depuis longtemps remarqué les livres de cette auteur mais je ne m’étais jamais lancé. Quand j’ai vu son nouveau roman en exposition dans ma médiathèque, je l’ai tout de suite emprunté.

Résumé

Parce que derrière chaque imprévu de la vie,
se cache une chance d’être heureux !

1968. Jean a six ans quand il est confié du jour au lendemain à sa grand-mère. Pour l’été. Pour toujours. Il n’a pas prévu ça. Elle non plus.
Mémé Lucette n’est pas commode, mais dissimule un cœur tendre. Jean, véritable moulin à paroles, est un tourbillon de fraîcheur pour celle qui vivait auparavant une existence paisible, rythmée par ses visites au cimetière et sa passion pour le tricot. Chacun à une étape différente sur le chemin de la vie – elle a tout vu, il s’étonne de tout –, Jean et Lucette vont s’apprivoiser en attendant le retour de la mère du petit garçon. Ensemble, dans une société en plein bouleversement, ils découvrent que ce sont les bonheurs simples qui font le sel de la vie.

Avis

Quel bonheur ce roman ! Que ça fait du bien de temps en temps de lire des livres simples et sans prétention ! Et pourtant, je partais avec un très fort a priori. Je n’aime pas trop les romanciers populaires à succès. J’aime lire de la littérature qui me fait réfléchir, qui m’ouvre sur le monde, qui m’apprend de nouvelles choses, qui m’enrichit. J’étais persuadée que ce ne serait pas le cas avec ce roman. Mais vu les excellentes critiques que j’ai croisé sur les réseaux, j’ai voulu essayé.

Alors il est vrai que l’auteur n’a aucun style particulier et que le récit est très simple. Mais cela n’est pas du tout dérangeant, au contraire. Cela met en avant l’histoire et surtout les personnages.

L’époque du texte est très intéressante. Notre histoire se situe à la fin des années 60. Décennie du changement et de la révolution culturelle qui creuse encore plus l’écart entre les générations. La télévision remplace peu à peu la radio, les ascenseurs permettent aux personnes âgées de ne plus se fatiguées et les supermarchés tuent les petits commerces. L’ambiance de ces années est parfaitement retranscrite. J’ai adoré suivre ces gens d’une époque que ma maman a connu et dont elle m’a tant parlé !

Mais ce sont les personnages qui nous intéressent dans ce roman. Ils sont trois. Une jeune mère totalement paumée, son très jeune fils et la grand-mère, une vieille femme d’un autre temps. La mère disparaît et laisse son fils à sa grand-mère en Normandie. La vieille femme qui a déjà élevé ses nombreux enfants ne se voyait pas recommencer à son âge avancé. Mais devant le fait accompli, elle va devoir composer avec cet adorable petit fils qui ne cesse de nous faire sourire et pleurer ! Les deux vont s’apprivoiser, se disputer, s’aimer. La vie est compliquée mais avec amour, elle est plus facile à accepter.

Ce roman est extrêmement touchant. Je n’ai qu’une hâte, lire les autres livres d’Aurélie Valognes !

Emily

Bug – Livre 1, Enki Bilal

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Résumé de l’éditeur :

BUG, définition.

En français : se dit d’un défaut affectant un programme informatique.

En anglais : se dit d’un insecte, d’une bestiole, d’un virus…

En 2041, la Terre est confrontée brutalement et simultanément aux deux. Un homme, seul, se retrouve dans la tourmente, convoité par tous les autres…

 

Avis :

Honte à moi ! Enki Bilal est incontournable et cette BD est pourtant la première de l’auteur que je lis. C’est donc avec un œil neuf et très enthousiaste que je me suis lancé dans la lecture de ce livre.

2041, l’humanité a été vidée de toutes ses substances informatiques, « plus aucune donnée nulle part ». « Tous les disques durs sont vides », « tous les liens[..] ont disparu de manière […] inexplicables ». Bref, plus rien ne fonctionne et le chaos se généralise sur Terre. Dans le même temps, un homme, seul survivant d’une expédition spatiale, est retrouvé dans un vaisseau dans un état inquiétant. D’autant plus inquiétant qu’il semble avoir des connaissances encyclopédiques sur à peu près tout.

Postulat de départ intéressant (plus d’informatique). Mais traitement hasardeux, si ce n’est légèrement risible. Sans être un spécialiste en informatique, on sent l’auteur un peu dépassé. Outre l’idée d’une disparition pure et simple de toute donnée numérique (c’est de la SF, nous pouvons accepter ce fameux bug), plusieurs éléments m’ont fait sortir du récit.

Tout d’abord le vocabulaire utilisé. Sans rentrer dans un débat sans fin, les termes « digital » et « numérique » ne sont pas des synonymes. Les deux ont leurs partisans et même si je préfère largement le second, le premier n’étant à mon sens qu’une traduction littérale de l’anglais, l’utilisation de digital dans le domaine économique et entrepreneurial peut s’entendre. Mais les « ascenseurs numérisés » et autres « rames du réseau digitalisé », c’est un peu trop pour moi.

On sent également dès les premières planches une défiance claire envers l’outil numérique. La sempiternelle rengaine est de sortie : l’informatique ne permet pas aux gens de se parler, ils sont totalement perdus, éblouis par une vie entière faite d’abrutissement sur leurs portables. Sans parler d’une mémoire catastrophique et d’une écriture détruite par les correcteurs orthographiques. Il y a d’ailleurs dans cette BD des passages d’anthologie : des unes de quotidiens écrits après le bug. Je vous passe les détails mais je pense que l’on a bien compris l’avis de l’auteur. Un petit extrait tout de même : « que lés puristes nou’zexcuze ». Du grand art.

BUG livre 1

Concernant le dessin, on retrouve le trait si caractéristique de Bilal. Ne connaissant pas ses autres œuvres (à part les planches parues sur internet ou lors d’expositions), je trouve le tout très réussi et l’utilisation, avec parcimonie, de la couleur dans un monde fait de gris apporte un vrai plus à l’ensemble.

Sans être une catastrophe, cette BD me laisse une impression étrange. Ce n’est que le premier tome, l’auteur a posé les bases de son récit. L’idée de départ est intéressante mais l’a priori dont Bilal fait preuve peut rebuter et même être rédhibitoire. Le second livre gommera peut-être ces défauts déjà moins présents sur la fin de ce premier tome. En attendant, et pour me faire un avis plus éclairé sur Enki Bilal, je vais me plonger dans la lecture de la Trilogie Nikopol. Sait-on jamais…

 

Bug – Livre 1, Enki Bilal

Editions Casterman

11/2017 – 86 pages – 18 euros

 

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