La Petite Mort, Davy Mourier

Que c’est dur de lire avec un tout petit bébé à la maison… Je me concentre donc sur les BD.

Pourquoi ces livres ?

Voilà des années que je suis Davy Mourier. J’étais devant mon écran de télé quand la chaîne No Life a vu le jour. Je l’ai donc d’abord connu comme animateur, puis comme comédien et j’avais donc hâte de le découvrir en tant que bédéiste.

Résumé :

C’est l’histoire de la Petite Mort, fils de la Mort. Ce petit squelette va à l’école publique de son quartier. Il s’y fait des amis et tombe éperdument amoureux d’une de ses camarades de classe. Mais son destin le rattrape. En effet, il est destiné à devenir la Mort et donc à succéder à son père. Cela ne l’enchante pas du tout !

Avis :

Je dois avouer que j’ai été très surprise par ces BD.

Le thème n’est pas aussi simpliste qu’il y paraît. Bien sûr, comme le titre l’indique, l’auteur a pris comme arrière plan la représentation physique de la mort : un grand squelette muni d’une faux et d’une longue cape noire. Le thème de la mort est donc très présent. Il est traité de manière à la fois très drôle (certaines morts sont hilarantes) et très sensible. Et c’est justement le côté sensible qui m’a énormément plu. Le personnage de la Petite Mort est paradoxalement très humain. Il essaye d’être un petit garçon comme les autres. Il va à l’école publique, se cherche des amis, une amoureuse, etc. Nous suivons donc les aventures classiques d’un petit bonhomme classique. Seulement voilà, il n’est pas un petit garçon, il est la future mort. Nous découvrons alors une vraie BD initiatique ou comment la Petite mort va peu à peu accepter sa condition et se résigner à mener la vie qui lui est destiné. Davy Mourier aborde alors des thèmes très surprenants dans une BD humoristique : la trahison, l’amour, la paternité, le sens du devoir ou encore les liens familiaux. Mais justement, même si ce sont ces thèmes qui font de cette BD sa singularité, je trouve que l’auteur a voulu trop en mettre et cela m’a donné l’impression qu’il essayait de nous démontrer qu’il pouvait ne pas être qu’un humoriste mais aussi un « auteur ». Petit à petit on ne rigole plus.

Par contre, Davy Mourier a véritablement créé un univers que l’on n’a jamais vu ! Il a fait de la mort une organisation d’entreprise. Tout est vraiment bien pensé et crédible. Plus que les blagues, c’est cela qui l’a le plus fait rire.

Les personnages sont très bien rapportés. On s’attache à la Petite Mort. On souffre avec lui. Alors qu’il s’agit un squelette, l’auteur lui a donné des expressions faciales humaines. Cela le rend attendrissant.
J’ai également beaucoup aimé le soin qu’il a apporté à tous les autres personnages. Chacun a sa propre personnalité et son propre caractère. Ils sont tous totalement différents. La famille est rès drôle. Le père de la Petite Mort ne comprend pas les réticences de sont fils à tuer et aime son métier. La mère est une femme très aimante qui souhaite le meilleur pour son fils. Et le grand père est un personnage complètement loufoque qui refuse de donner sa dernière mort et donc de disparaître à son tour. Le petit personnage a également un meilleur ami qui est complètement abruti mais qui a une vie très difficile. Il est à la fois hilarant et très énervant !

Les dessins sont magnifiques ! Je suis fan du trait de crayon de Davy Mourier. Il est à la fois simple et très bien travaillé. Il me semble avoir lu que l’auteur pense mal dessiné et bien je ne suis pas du tout d’accord.

Finalement, moi qui pensais que ces BD seraient destinées à un jeune public, je me suis largement trompée. Le destin de ce personnage principal est tragique. J’ai eu plusieurs fois la larme à l’œil.

Je n’ai pas du tout adhéré à l’humour mais j’ai adoré l’histoire !

Publicités

La reine des lectrices, de Alan Benett

la-reine-des-lectricesPourquoi ce livre ?

Allez j’avoue, j’aime bien la famille royale anglaise. J’aime bien la royauté en général d’ailleurs. Ma préférence allant bien sûr à Louis XIV dont j’ai lu plusieurs biographies. Du coup, quand je suis passée à côté de ce livre qui réunit la reine d’Angleterre et la lecture, je n’ai pas résisté !

Quatrième de couverture

Que se passerait-il outre-Manche si Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, tout d’un coup, rien n’arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu’elle en vienne à négliger ses engagements royaux ?

Avis

Ce livre est une pure fiction. L’auteur imagine complètement la vie de la reine d’Angleterre, son caractère et son entourage. La force de cet écrivain est de nous entraîner dans un univers fictif et de nous y immerger sans modération. Bien sûr, on n’oublie jamais que tout est inventé mais on y croit ! Ce livre est une ode à la lecture. En effet, la reine découvre très tard sa passion pour la lecture mais elle s’y plonge entièrement et avec un énorme plaisir ! La reine lit principalement de la littérature britannique, j’ai donc découvert plusieurs auteurs que je ne connaissais pas.

Les personnages sont très réalistes. La reine d’abord. Elle est au début exactement comme on l’imagine : hautaine, distante, insensible… Puis au fur et à mesure du roman, ses lectures la font changer. Elle devient plus humaine, moins protocolaire. Elle nous montre la puissance de la lecture et des livres. Ils ouvrent sur le monde, sur les sentiments humains, sur « la vraie vie » comme dit la reine. La lecture lui change son caractère. Je suis tout à fait d’accord avec ce postulat et en tant que professeur documentaliste je me désole de voir que mes élèves ne lisent presque plus.
Les autres personnages sont plus anecdotiques. On trouve un jeune page qui guide la reine dans sa nouvelle passion, un duc, mari de la reine, complètement absent et lointain et surtout un secrétaire particulier qui aime l’ordre et le protocole. L’entourage de la reine est plutôt présenté comme négatif pour celle-ci. Elle est présentée comme une héroïne qui brave les interdits !

Le livre est assez court ce qui permet à l’auteur d’aller droit au but ! Je n’y ai pas trouvé de longueurs. Il est très bien rythmé car centré sur l’évolution psychologique de la reine.

Un roman très agréable que je recommande !

Le coin BD (4)

p_20170214_151257

Bon, je ne devais plus faire de pause sur ce blog. Mais il s’est avéré que s’occuper d’un tout petit bébé est bien plus fatigant que ce que je pensais. Ma petite Agathe demande énormément d’attention et du coup, je n’ai plus vraiment le temps de lire. Mais elle a un mois maintenant. J’espère donc pouvoir me consacrer un peu moins à elle et plus à ce blog.

JE NE ME SUIS JAMAI SENTI AUSSI BELLE_C1C4.inddJe ne me suis jamais sentie aussi belle, de Isabelle Bauthian et Maud Hopsie

Voici une BD que mon beau-père m’a offert pour Noël. A ce moment là, je venais d’entamer mon neuvième mois et je me sentais très bien. Cette BD a donc été la bienvenue !

Quatrième de couverture :

Nausées matinales, « petite » prise de poids, envie fréquente d’uriner, quelques douleurs, un physique qui change. Rien de bien terrible ! D’ailleurs, de quoi vous plaindriez-vous ? Vous allez donner la vie ! Non, la grossesse n’est pas magnifique ! C’est à 99 % des désagréments. Et celles qui prétendent  le contraire vous mentent au nom de la survie de l’espèce, ou pratiquent assidûment l’auto-suggestion. Apoline et Guilhem, un jeune couple moderne, va se re-découvrir à travers l’une des expériences les plus banales et pourtant les plus mystifiées de la vie. Un récit drôlissime sans langue de bois.

Avis :

J’ai adoré cette BD pour son authenticité ! Comme dit dans le résumé de la quatrième de couverture, une espèce d’omerta entoure la grossesse. Tous les désagréments sont tus ou minimisés par celles qui y sont passé avant nous. Sans parler de ces mères pondeuses qui ne trouvent que du plaisir à être enceinte. Lors d’une de mes recherches sur internet sur les vergetures qui apparaissent lorsque le ventre grossi, j’ai été très étonnée de lire des commentaires faisant leur apologie : « j’adore mes vergetures, elles me rappellent que je suis maman » ou alors le classique « si vous ne vouliez pas de vergetures, il ne fallait pas faire d’enfants ! » Et bien moi, je voulais être maman sans vergeture. Oui, j’ai râlé contre les nausées, contre mon bébé qui me broyait les côtes ou m’empêchait de dormir.

Tout comme Apoline, l’héroïne de cette BD. Elle nous rapporte l’histoire d’une vraie 44-ab39grossesse. Tous les désagréments sont évoqués sans tabou avec beaucoup d’humour. C’est une jeune femme moderne qui souhaite mener de front sa vie de femme, sa grossesse et son travail. Thème qui parlera à beaucoup de femmes d’aujourd’hui ! Une femme enceinte reste une femme. Par conséquent, Apoline nous évoque sa vie sexuelle (pas facile avec un gros ventre), sa frustration devant les kilos qui s’accumulent ou encore son tartinage quotidien de crème anti-vergeture. Elle raconte également ses difficultés au travail, par exemple comment elle est évincée d’un projet parce qu’elle va avoir un bébé.

Bien sûr, les joies de la grossesse sont également évoqués : la première fois que son bébé bouge, les échographies… Cela rend la BD très touchante et m’a ramené à mes propres joies.

Les dessins sont de style réalistes et très colorés. C’est vraiment le style que je préfère.

Je recommande fortement à toutes les femmes enceintes, qui projettent de l’être ou qui l’ont été de lire cette BD. J’ai peur malheureusement que les hommes ne puissent pas y trouver leur compte. Le personnage masculin, futur papa, étant que trop rarement évoqué.

album-cover-large-23217Passe-Passe, de Delphine Cuvelee et Dawid

J’avais vraiment adoré Dessus, Dessous des mêmes auteurs. Un vrai coup de cœur ! Alors quand j’ai vu à la médiathèque qu’ils avaient fait une autre BD ensemble, je me suis jetée dessus !

Quatrième de couverture

Prenez une fillette taquine, une grand-mère guillerette et un drôle de papillon. Lancez-les dans une aventure échevelée. Vous obtiendrez un cocktail tendre et rocambolesque qui apprivoise l’absence pour mener aux confins d’une magie où tout ce qui disparaît n’est jamais vraiment perdu. Un tour de Passe-Passe !

Avis

Encore une fois je suis complétement séduite !

Tout d’abord l’histoire. Alors que Dessus, Dessous, m’avait fait bien rire, Passe-Passe m’a faitpassepasse02 pleurer… Il se dégage de cette BD une douce mélancolie qui touchera profondément les adultes qui liront cette BD. Une petite jeune fille s’amuse avec sa grand-mère. Un papillon très étrange poursuit la mamie. C’est un insecte en noir et blanc. Petit à petit, c’est la vieille dame qui perd ses couleurs alors que le papillon se colorie. A la fin, la petite fille ne joue plus qu’avec l’insecte. Ce procédé est très bien trouvé. C’est une belle manière d’introduire progressivement la mort de la mamie. Je pense cependant qu’il faudra expliquer aux plus jeunes qui risquent de ne pas comprendre.

Ensuite, les dessins. Ils sont tout simplement magnifiques. L’utilisation des couleurs est très intelligente. Ni trop vives, ni trop fades. Juste ce qu’il faut pour séduire les plus petits. Les deux personnages sont dessinés de telle sorte, qu’ils nous sont tout de suite très sympathiques : une belle petite fille souriante et une vieille grand-mère bienveillante.

Une manière très poétique d’évoquer la mort avec de jeunes enfants.

couv_268383Quatre soeurs, T3 Bettina, de Cati Baur d’après Malika Ferjoukh

L’histoire de ces cinq sœurs est vraiment passionnante. Je continue donc la lecture de ces BD.

Quatrième de couverture

Le printemps, saison du renouveau, des amours et des primeurs, éclate dans toute sa splendeur à tous les étages de la Vill’Hervé.

Avis

Bon, je n’aime toujours pas les dessins ! Je ne comprends toujours pas le style de Cati Baur. 26182_pl

Par contre, l’histoire des sœurs se complexifie et devient de plus en plus intéressante. Les personnages sont de plus en plus profonds. Les adultes sont confrontées encore et toujours à des problèmes d’argent et de cœur, les adolescentes sont de moins en moins naïves. Deux petits personnages (les cousins) entrent en scène pour donner un peu d’air frais à cette BD très sombre. Il n’y a malheureusement pas beaucoup d’occasions d’être heureux dans cette maison ! Mais la force de cette BD est de nous présenter des personnages forts qui quoi qu’il arrive nous donnent le sourire.

J’adore toujours autant l’aventure de ces jeunes femme et j’ai vraiment hâte de lire la suite !

Refuges, d’Annelise Heurtier

hirkpeucx2q7bol8mvsd3xib_ug

Pourquoi ce livre ?

Il y a trois ans, j’ai découvert Là où naissent les nuages d’Annelise Heurtier. Et j’ai été complètement séduite ! J’ai aimé le style de l’auteur mais aussi l’histoire qu’elle racontait. Alors quand j’ai vu qu’elle avait sorti ce roman, je n’ai pas hésité à l’acheter pour le CDI.

Quatrième de couverture :

Mila, une jeune italienne, revient sur l’île paradisiaque de son enfance, espérant y dissiper le mal-être qui l’assaille depuis un drame familial.
Très vite, d’autres voix se mêlent à la sienne. Huit voix venues de l’autre côté de la Méditerranée qui crient leur détresse, leur rage et la force de leurs espérances.

Avis :

Je suis assez mitigée sur ce roman. D’un côté il m’a vraiment beaucoup plu et d’un autre je l’ai détesté !

Dans le titre, ce qui saute aux yeux c’est le S en jaune. Ce S annonce tout à fait le procédé du livre : une polyphonie de narrateurs.
D’un côté, nous avons Mila, une jeune fille romaine qui vit un drame familial. Pour essayer de faire table rase du passé, sa famille et elle décident de partir en vacances dans la maison de famille sur l’île italienne de Lampedusa. Dès l’évocation de ce nom, nous lecteurs croyons bien comprendre ce dont il va être question. Malheureusement cette île est bien connue. Elle accueille de nombreux migrants, vivants ou morts. Et bien contrairement à ce que l’on pense, dans l’histoire de Mila il n’y a quasiment aucune évocation des migrants. Son récit est centré sur ses problèmes familiaux, sa découverte de la nature de l’île et ses rencontres avec un groupe d’adolescents.
D’un autre côté, enchâssés dans les chapitres sur Mila, nous retrouvons les témoignages de huit jeunes Erythréens. Dans un premier temps, ils se présentent. Et là, il faut avoir le cœur bien accroché. Les situations de ces jeunes gens sont terribles. L’Erythrée est un état policier qui nie les droits de l’homme et impose un mode de vie terrible à ses jeunes. Aujourd’hui, plus de 300000 Erythréens ont fuit leur pays et vivent dans des camps de réfugiés (selon Wikipédia). Dans un second temps, le destin les fait se retrouver pour s’enfuir vers l’Europe et plus précisément Lampedusa. Là, une fin tragique les attend et le récit de leur traversé dans un chétif bateau fait froid dans le dos.

Et le problème de ce livre est là : j’ai été tellement affligée par le sort des huit jeunes migrants que l’histoire de Mila ne m’a fait ni chaud ni froid. Je ne comprends pas pourquoi Annelise Heurtier n’a pas fait deux livres avec ces histoires. Elle avait largement la matière pour. En plus, l’histoire de Mila est vraiment très intéressante. Étudier l’adolescence sous l’ombre d’un drame familial est certes classique, mais toujours très captivant. Mais comme on compare son récit au sort des migrants, il a l’air vraiment fade. Le personnage de Mila qui aurait pu être profond et dramatique se transforme en un personnage naïf et énervant. Je n’ai pas cessé de me dire « Mais arrête de te plaindre ! ». C’est vraiment dommage car développée d’avantage, elle aurait été une belle héroïne. Je comprend que l’auteur ait voulu faire un parallèle entre l’histoire de cette Européenne et celle de ces Africains, mais cela n’apporte que de la distanciation face au récit de Mila.
J’ai également beaucoup regretté de ne pas en savoir plus sur les migrants. Leurs récits ne font que quelques pages. Leur caractère, leur personnalité, leur vie tout entière ne peuvent donc pas être exploités complètement. Et c’est très frustrant car je n’ai pas eu la sensation de m’attacher à eux.

Le style de l’auteur est très intéressant. J’aime beaucoup ses descriptions et ses dialogues. Elle nous plonge vraiment dans l’action du livre. Ce roman est bien rythmé et on ne s’ennuie pas du tout en le lisant. Je pense qu’il est tout à fait adapté à des enfants à partir de la quatrième. La migration est d’ailleurs au programme de géographie de ce niveau. Les témoignages pourraient même être exploités en cours. Annelise Heurtier réussit à se glisser dans la peau de 9 adolescents ( en comptant Mila). Elle réussit à donner un style à chacun. Ils sont tous différents.

Un avis mitigé donc pour ce roman. Mais cela ne m’empêchera pas de suivre cette auteur !

Emily

Mentine, de Jo Witek

81upihsqbclPourquoi ce roman ?

J’ai beaucoup entendu parler de ce roman sur les blogs de collègues professeurs documentalistes et dans mes réunions avec les médiathécaires de mon secteur. J’ai donc décidé de l’acheter pour le CDI. J’espère que ça plaira à mes élèves.

Quatrième de couverture

Mentine est une surdouée hyperactive et rebelle qui n’en fait qu’à sa tête. Aussi, lorsque ses parents découvrent son dernier bulletin de notes, ils décident d’adopter une mesure radicale. Pas de plage, de surf et de baignade en bord de mer cet été, mais direction le Larzac, dans la ferme de Raoul. Pour la petite parisienne, le choc risque d’être un peu rude…

Avis

J’ai adoré ce roman. Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris un tel plaisir à lire un roman jeunesse !

Mentine est une jeune adolescente pas comme les autres et c’est justement ce qui m’a séduit dans ce personnage. On entend souvent parler des enfants précoces mais finalement, on connaît très mal ce à quoi cela correspond. Ici, Mentine a à cœur de cacher le fait qu’elle est surdouée. En effet, elle veut être une élève normale. Et il est vrai qu’en tant que professeur de collège, je la comprends. Je me bats au quotidien contre les moqueries du genre « intello ». Mais la critique de ceux qui ont des bonnes notes est très ancrée depuis des décennies. Moi-même je me faisais prendre à partie à l’adolescence quand j’avais des bonnes notes. Mentine souhaite se fondre dans la masse et ne pas se faire remarquer. Une adolescente normale finalement à une période de sa vie où  le regard des autres est plus important que n’importe quoi.
Le problème est que ses parents souhaitent plus pour leur fille. C’est là que deux lectures du roman peuvent se faire : celle des adolescents qui se reconnaîtront très certainement dans ce personnage et celle des adultes qui comprennent très bien l’exigence des parents qui ne conçoivent pas que leur fille n’exploite pas ses capacités hors norme.

Ce thème de l’école et des relations parents / enfant est présent dans toute la première partie. La seconde partie aborde de tous autres thèmes. En effet, Mentine est punie de grandes vacances à Biarritz avec sa famille et est envoyée dans le Larzac. Là-bas, la jeune parisienne prétentieuse et tête de mule va devoir apprendre l’humilité et la vie à la campagne. Sont développés alors des thèmes très humanistes comme le partage, l’entraide, l’amitié, etc. Cette seconde partie est souvent très drôle mais un peu trop moralisatrice à mon goût. Il est évident que Mentine a besoin d’une leçon, mais l’auteur insiste un peu trop lourdement.

Les personnages sont vraiment très attachants et très bien développés. Le personnage de Mentine est très crédible. Cette jeune fille en pleine crise d’adolescence est passablement énervante pour des lecteurs adultes ! Mais au fond, on se retrouve dans cette petite jeune fille. Son mauvais caractère cache un grand cœur. On découvre aussi une des spécificités des enfants précoces : Mentine est trop mature par rapport à son âge. Difficile d’avoir douze ans dans une classe d’enfants de quatorze ans. C’est très frustrant et l’on comprend alors que sa crise d’adolescence prenne des proportions énormes.
J’ai beaucoup aimé le personnage de Raoul, l’éleveur de brebis chez qui l’héroïne doit passer ses vacances. C’est un homme bourru mais adorable. Un personnage classique en littérature jeunesse mais tant pis, dans ce roman on en a besoin et on l’aime ce Raoul ! Il va apprendre la vie à la ferme à Mentine. Il va réussir à la dompter et à l’apprivoiser, à moins que ce ne soit le contraire…
Le jeune homme (j’ai oublié son nom…) qui intervient dans la seconde partie et dont bien sûr Mentine tombe amoureux est sans intérêt. On aurait très bien pu se passer d’une histoire d’amour. Mais ce roman est clairement un roman pour fille, donc…
La critique des parents de Mentine par la jeune fille et son psychologue m’a vraiment fait rire. Ce sont des « nouveaux » parents qui souhaitent avant tout que leur fille les aime. L’adolescente les trouve trop mous et ne comprends pas qu’ils ne tiennent jamais leurs punitions. Cela me rappelle tellement de parents d’élèves !

Jo witek a une écriture très fluide. Elle est très agréable à lire. J’ai aimé le fait qu’elle ne cherche pas à faire parler Mentine en langage jeune ou Raoul en stéréotype de paysan. Les chapitres sont plutôt courts, ce qui rythme très bien le roman.

Vous l’avez compris, j’ai beaucoup aimé ce roman. Le seul bémol s’il faut en trouver un, c’est que c’est un livre clairement destiné aux filles. Dommage car le message et le thème du roman d’initiation est universel.

J’ai immédiatement enchaîné par le tome 2 et le tome 3.

71me05qbyl-_ac_ul320_sr232320_

Tome 2 Cette fois c’est l’internat

Encore une fois, ce roman est composé de deux parties. La première partie est très intéressante. Mentine passe en troisième et tout le collège apprend qu’elle est une surdouée. Elle va alors subir un véritable enfer. Un cyber harcèlement et un harcèlement verbal va se mettre en place contre l’adolescente. Tout le collège se ligue contre elle. Cette situation est terrible. On a mal pour Mentine. Et la seule solution à cette situation est de retirer la jeune fille du collège. C’est la victime qui est punie ! Ce livre est tout à fait approprié en ce moment où le cyber harcèlement se multiplie.

J’ai quand même regretté que Jo Witek n’insiste pas sur les conséquences de ce harcèlement sur Mentine. C’est dommage que ce ne soit juste survolé.

La seconde partie est plutôt anecdotique. Mentine est envoyée dans un internat pour surdoués. Cela reste très agréable à lire car toujours aussi bien écrit. Et on est attaché à ce personnage. J’ai aimé la voir s’épanouir et enfin être heureuse.

710ed6jirjl-_ac_ul320_sr232320_

Tome 3 Pas de cadeau !

C’est le tome que j’ai le moins aimé.

J’ai bien aimé suivre Mentine mais ce tome n’était pas forcément nécessaire. Le thème dominant est la pauvreté. Et franchement, il n’est pas très bien traité.

C’est vraiment dommage de finir par une petite déception.

Emily

Le prix des Incorruptibles 2016-2017 (1)

Pour la deuxième année consécutive, je participe avec ma collègue de français et une classe de sixième au prix des Incorruptibles. Ce prix littéraire est organisé par l’association des Incorruptibles depuis 1998. Le principe est de lire huit livres et de voter pour son livre préféré.

L’année précédente j’ai fait partie du comité de sélection du prix. J’ai été très surprise de la qualité des romans que j’ai dû lire. J’avais donc très envie de les faire découvrir à mes élèves.

51mk8vzinnl-_sx339_bo1204203200_

Aïko, La jeune fille à l’éventail, Pascal Vatinel

Quatrième de couverture : Aïko, une jeune Japonaise, part rejoindre son père, marchand dans un petit port chinois. Là, elle se lance dans le commerce d’éventails et rencontre Han Wei, fils du seigneur local, dont elle tombe vite amoureuse. Leur idylle suscite la colère du père de Han Wei, furieux à l’idée que son fils épouse une Japonaise…

Avis : Voilà un roman où l’héroïne ne se contente pas d’être belle et gentille ! Elle est maligne et se bat comme un garçon. Rien que pour cela, j’ai eu envie de le faire lire à toutes mes élèves filles. Cependant, l’écriture est assez complexe pour certains sixièmes. En effet, il s’agit d’un récit enchâssé dans un autre récit. Malheureusement, plusieurs d’entre eux ont été complètement perdus.

L’histoire est très orientale puisqu’elle se déroule en Chine et mêle les traditions chinoises et japonaises. C’est très dépaysant. L’auteur nous tient en haleine avec un super roman d’aventure. Il maîtrise parfaitement ce genre. L’intrigue est bien ficelée et l’histoire d’amour pas du tout « gnangnan ».

C’est un roman qui peut plaire aux filles comme aux garçons et d’ailleurs mes élèves l’ont beaucoup apprécié.

 

images

Caprices ? C’est fini ! de Pierre Delye

Quatrième de couverture : Le roi, excédé par les caprices de sa fille, décide de la marier… S’ensuivent des épreuves hautes en couleurs qu’un jeune bûcheron réussira à la grande surprise de tous. Oui, mais, il dira non, le bûcheron ! Pas d’accord pour épouser la princesse et ses caprices !

Avis : Ce conte est composé de deux parties très distinctes. Dans la première partie on découvre les protagonistes : un roi incapable d’autorité, une princesse capricieuse qui obtient ce qu’elle veut, un majordome malin et un bûcheron humain et innocent. Des personnages types de contes.
Le bûcheron réussit les différentes épreuves invraisemblables qui lui sont imposées pour pouvoir épouser la princesse dont il est immédiatement tombé fou amoureux. Mais une fois devant l’autel, il lui dit non. C’est la première fois que quelqu’un dit non à la jeune femme capricieuse.
Cette première partie m’a laissé complètement de marbre. Elle est d’une structure très banale. Seuls les personnages sont un peu originaux car très drôles.

La seconde partie est elle moins banale. La structure est inversée. C’est la princesse qui doit mériter l’amour du bûcheron. Commence alors un conte initiatique. La princesse doit tout apprendre. Elle devient un personnage très touchant. Tous les personnages deviennent attachants.
J’ai adoré cette dernière partie et j’ai bien rigolé !

Mes élèves n’ont pas encore lu ce roman, mais ceux de mon compagnons ont adoré !

images

Dix minutes à perdre, Jean-Christophe Tixier

Quatrième de couverture : Pour la première fois de sa vie, Tim va passer deux jours tout seul. Seul dans la très vieille maison où il vient d’emménager avec ses parents. «Si tu as dix minutes à perdre, commence à détapisser les murs de ta chambre», ironise son père. Tim le prend au mot. Dix minutes, pas une de plus. Mais en arrachant un lambeau de l’affreux papier peint fleuri, Tim fait apparaître un mystérieux message. « Ceci est mon histoire… »

Avis : C’est le seul roman policier de la sélection et c’est bien dommage. Ce style n’était plus dans les programmes ces dernières années et il a été un peu délaissé par les élèves. Moi-même je me suis aperçue que je n’en ai pas beaucoup sur les étagères du CDI.

Tim est un garçon banal auquel tous les jeunes peuvent s’identifier. Il lui arrive une aventure extraordinaire mais surtout terrifiante car dangereuse. J’ai souvent eu peur pour ce jeune homme ! Quel cauchemar pour la future maman que je suis d’imaginer un enfant en prise avec des supers bandits qui ne rigolent pas.
Le suspens monte lentement car Tim comprend ce qui est en train de se passer en même temps qu’il arrive à décoller le papier peint. Et bien sûr quand il comprend, il est trop tard, les méchants sont sur sa piste.

Le roman est très prenant et j’ai eu du mal à le lâcher. Par contre, la fin est vraiment bâclée ! En deux pages tout est réglé. Cela donne vraiment une impression d’inachevé.

Mes élèves ne l’ont pas encore lu mais les élèves de mon compagnon ont bien aimé.

Emily