Jours sans faim, Delphine de Vigan

Pourquoi ce livre ?Jours-sans-faim

Je suis folle de Delphine de Vigan. J’adore ses livres ! J’aime son écriture, ses histoires, ses émotions… Une histoire vraie m’avait un peu déçu mais cela ne pas empêcher de lire ce texte.

Résumé

« Cela s’était fait progressivement. Pour en arriver là. Sans qu’elle s’en rende vraiment compte. Sans qu’elle puisse aller contre. Elle se souvient du regard des gens, de la peur dans leurs yeux. Elle se souvient de ce sentiment de puissance qui repoussait toujours plus loin les limites du jeûne et de la souffrance. Les genoux qui se cognent, des journées entières sans s’asseoir. En manque, le corps vole au-dessus des trottoirs. Plus tard, les chutes dans la rue, dans le métro, et l’insomnie qui accompagne la faim qu’on ne sait plus reconnaître. Et puis le froid est entré en elle, inimaginable. Ce froid qui lui disait qu’elle était arrivée au bout et qu’il fallait choisir entre vivre et mourir. »

Avis

Je n’ai pas lu la quatrième de couverture de ce livre avant de l’emprunter à la bibliothèque. Je me suis donc plongée dans la lecture sans aucun a priori.

Et quel choc ! Cette lecture va rester graver en moi un long moment. Ce livre évoque l’histoire d’une jeune femme anorexique qui est hospitalisée pour se soigner. Le sujet est dur, très dur. Cette jeune femme m’a vraiment émue. Elle est si vraie ! J’ai eu l’impression qu’elle était là, à côté de moi, à me faire des confidences.

Delphine de Vigan a certes raconté une histoire poignante mais elle livre surtout des émotions et des sensations.
Le froid. Ce froid qui envahit la jeune femme. Ce froid que l’on peut imaginer et ressentir. Aucune analyse ne nous est livrée. Et, le lecteur n’en a pas besoin. Bien sûr, Delphine de Vigan nous donne quelques clés pour mieux comprendre son héroïne, mais là n’est pas l’essentiel. On souffre avec elle, on espère avec elle.

L’écriture de l’auteur est juste comme souvent. Très délicate, elle effleure son héroïne sans jamais la juger ou l’excuser. Elle la montre telle qu’elle est, sans filtre, dans son extrême maigreur. Elle ne nous laisse pas pénétrer ses pensées facilement. Le lecteur apprend tout doucement à l’apprivoiser.

Mais ce livre n’est pas triste. La jeune femme veut guérir. Elle est entourée de personnages drôles. Le lecteur ne peut pas s’empêcher de sourire pendant sa lecture.

Je vous recommande chaudement ce livre !

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La bibliothèque d’Agathe : P’tit Loup aime

P’tit Loup aime son Papa, sa Maman et le père Noël d’Orianne Lallemand.

Pourquoi ce livre ?

Agathe n’a que 9 mois et pourtant nous lui lisons déjà beaucoup d’histoires. Nous avons commencé dès ses 2 mois. Elle est très réceptive. Depuis quelques semaines, elle tourne même les pages !
Mon compagnon et moi étions à la recherche de nouveaux livres quand nous sommes tombés sur les P’tit Loup. Et nous avons été séduits immédiatement !

Résumé

P’tit Loup aime son papa : P’tit Loup aime son papa de tout son coeur : lorsqu’il prépare de bons petits plats, quand il lui lit une histoire, ou lui fait des câlinous… avec Papa, tout est plus fou !
P’tit Loup aime sa maman : P’tit Loup aime sa maman de tout son coeur. Lorsqu’elle joue avec lui, quand elle danse ou lui fait des bisous… Avec Maman, tout est plus doux !
P’tit Loup aime son père Noël : P’tit Loup attend le Père Noël avec impatience. Il décore le sapin, lui écrit une belle lettre,cuisine de délicieux sablés… Youpi ! Le Père Noël va bientôt passer !

Avis

Ces livres sont géniaux ! Nous les adorons. L’objet livre tout d’abord. Ses pages sont cartonnées ce qui permet à Agathe de les tourner elle-même. La couverture est découpée en forme de coeur. Nous jouons avec avant de lire l’histoire.

Pour Maman et Papa, il n’y a pas vraiment d’histoire. Le livre évoque des situations de la vie quotidienne que P’tit Loup aime. A la première lecture je me suis dit que c’était un peu stéréotypé et puis finalement, c’est tout simplement réaliste. Pour Le Père Noël, le livre retrace toutes les étapes de Noël : le calendrier de l’avant, le sapin, le réveillon… Agathe est évidemment trop petite pour comprendre Noël et son gros bonhomme rouge et blanc mais elle adore les dessins.

Car ils sont magnifiques. Tous les enfants pourront s’y retrouver. J’adore le doudou de P’tit Loup, un mouton !

Un collection à avoir absolument !

Ce qui a changé…

Bon, je vais faire une nouvelle tentative pour reprendre ce blog. Ce n’est pas l’envie qui me manque ! C’est surtout le temps.

Vous le savez déjà, je suis devenue maman en janvier. Ce nouveau rôle est véritablement un rôle à plein temps. Ma petit fille est merveilleuse et je suis une maman vraiment comblée.

Mais ce qui me prend le plus de temps en ce moment c’est mon changement de discipline. Et oui, je suis depuis septembre professeur de lettres. J’ai donc laissé derrière moi le beau métier de professeur documentaliste. Ce n’est pas que je n’aime plus cette profession, mais j’avais de plus en plus l’impression de n’être qu’une documentaliste alors que moi je me sens avant tout professeure. Changer de discipline n’a pas été une décision facile à prendre. J’avais peur, très peur. Le changement, la charge de travail, mon bébé… Et surtout, j’avais peur de ne pas être à la hauteur. Mais après quelques mois dans ma nouvelle fonction, je ne regrette rien. Enseigner le français est très naturel. J’adore avoir mes élèves 4 ou 5 heures par semaine. J’ai l’impression de mieux les cerner et de mieux les comprendre. Alors bien sûr, tout n’est pas rose. J’ai des élèves difficiles, d’autres qui n’aiment pas du tout le français, des décrocheurs… Et surtout, je vais repasser par la case inspection. Et puis, il y a le travail. J’ai beaucoup, beaucoup travaillé cet été. Je suis donc plutôt à l’aise au niveau des cours sauf que j’ai décidé à la dernière seconde de changer ma progression… Je suis aussi beaucoup plus fatiguée. 7 heures de cours par jour c’est épuisant. Mais pour rien au monde je changerai ! Je voulais montrer à ma fille qu’une femme pouvait être épanouie dans son travail. J’espère lui prouver.

Alors pour ce blog j’ai décidé de faire un peu plus court. De ne plus me mettre autant la pression. Mes avis ne sont que mes avis !

La Petite Mort, Davy Mourier

Que c’est dur de lire avec un tout petit bébé à la maison… Je me concentre donc sur les BD.

Pourquoi ces livres ?

Voilà des années que je suis Davy Mourier. J’étais devant mon écran de télé quand la chaîne No Life a vu le jour. Je l’ai donc d’abord connu comme animateur, puis comme comédien et j’avais donc hâte de le découvrir en tant que bédéiste.

Résumé :

C’est l’histoire de la Petite Mort, fils de la Mort. Ce petit squelette va à l’école publique de son quartier. Il s’y fait des amis et tombe éperdument amoureux d’une de ses camarades de classe. Mais son destin le rattrape. En effet, il est destiné à devenir la Mort et donc à succéder à son père. Cela ne l’enchante pas du tout !

Avis :

Je dois avouer que j’ai été très surprise par ces BD.

Le thème n’est pas aussi simpliste qu’il y paraît. Bien sûr, comme le titre l’indique, l’auteur a pris comme arrière plan la représentation physique de la mort : un grand squelette muni d’une faux et d’une longue cape noire. Le thème de la mort est donc très présent. Il est traité de manière à la fois très drôle (certaines morts sont hilarantes) et très sensible. Et c’est justement le côté sensible qui m’a énormément plu. Le personnage de la Petite Mort est paradoxalement très humain. Il essaye d’être un petit garçon comme les autres. Il va à l’école publique, se cherche des amis, une amoureuse, etc. Nous suivons donc les aventures classiques d’un petit bonhomme classique. Seulement voilà, il n’est pas un petit garçon, il est la future mort. Nous découvrons alors une vraie BD initiatique ou comment la Petite mort va peu à peu accepter sa condition et se résigner à mener la vie qui lui est destiné. Davy Mourier aborde alors des thèmes très surprenants dans une BD humoristique : la trahison, l’amour, la paternité, le sens du devoir ou encore les liens familiaux. Mais justement, même si ce sont ces thèmes qui font de cette BD sa singularité, je trouve que l’auteur a voulu trop en mettre et cela m’a donné l’impression qu’il essayait de nous démontrer qu’il pouvait ne pas être qu’un humoriste mais aussi un « auteur ». Petit à petit on ne rigole plus.

Par contre, Davy Mourier a véritablement créé un univers que l’on n’a jamais vu ! Il a fait de la mort une organisation d’entreprise. Tout est vraiment bien pensé et crédible. Plus que les blagues, c’est cela qui l’a le plus fait rire.

Les personnages sont très bien rapportés. On s’attache à la Petite Mort. On souffre avec lui. Alors qu’il s’agit un squelette, l’auteur lui a donné des expressions faciales humaines. Cela le rend attendrissant.
J’ai également beaucoup aimé le soin qu’il a apporté à tous les autres personnages. Chacun a sa propre personnalité et son propre caractère. Ils sont tous totalement différents. La famille est rès drôle. Le père de la Petite Mort ne comprend pas les réticences de sont fils à tuer et aime son métier. La mère est une femme très aimante qui souhaite le meilleur pour son fils. Et le grand père est un personnage complètement loufoque qui refuse de donner sa dernière mort et donc de disparaître à son tour. Le petit personnage a également un meilleur ami qui est complètement abruti mais qui a une vie très difficile. Il est à la fois hilarant et très énervant !

Les dessins sont magnifiques ! Je suis fan du trait de crayon de Davy Mourier. Il est à la fois simple et très bien travaillé. Il me semble avoir lu que l’auteur pense mal dessiné et bien je ne suis pas du tout d’accord.

Finalement, moi qui pensais que ces BD seraient destinées à un jeune public, je me suis largement trompée. Le destin de ce personnage principal est tragique. J’ai eu plusieurs fois la larme à l’œil.

Je n’ai pas du tout adhéré à l’humour mais j’ai adoré l’histoire !

La reine des lectrices, de Alan Benett

la-reine-des-lectricesPourquoi ce livre ?

Allez j’avoue, j’aime bien la famille royale anglaise. J’aime bien la royauté en général d’ailleurs. Ma préférence allant bien sûr à Louis XIV dont j’ai lu plusieurs biographies. Du coup, quand je suis passée à côté de ce livre qui réunit la reine d’Angleterre et la lecture, je n’ai pas résisté !

Quatrième de couverture

Que se passerait-il outre-Manche si Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, tout d’un coup, rien n’arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu’elle en vienne à négliger ses engagements royaux ?

Avis

Ce livre est une pure fiction. L’auteur imagine complètement la vie de la reine d’Angleterre, son caractère et son entourage. La force de cet écrivain est de nous entraîner dans un univers fictif et de nous y immerger sans modération. Bien sûr, on n’oublie jamais que tout est inventé mais on y croit ! Ce livre est une ode à la lecture. En effet, la reine découvre très tard sa passion pour la lecture mais elle s’y plonge entièrement et avec un énorme plaisir ! La reine lit principalement de la littérature britannique, j’ai donc découvert plusieurs auteurs que je ne connaissais pas.

Les personnages sont très réalistes. La reine d’abord. Elle est au début exactement comme on l’imagine : hautaine, distante, insensible… Puis au fur et à mesure du roman, ses lectures la font changer. Elle devient plus humaine, moins protocolaire. Elle nous montre la puissance de la lecture et des livres. Ils ouvrent sur le monde, sur les sentiments humains, sur « la vraie vie » comme dit la reine. La lecture lui change son caractère. Je suis tout à fait d’accord avec ce postulat et en tant que professeur documentaliste je me désole de voir que mes élèves ne lisent presque plus.
Les autres personnages sont plus anecdotiques. On trouve un jeune page qui guide la reine dans sa nouvelle passion, un duc, mari de la reine, complètement absent et lointain et surtout un secrétaire particulier qui aime l’ordre et le protocole. L’entourage de la reine est plutôt présenté comme négatif pour celle-ci. Elle est présentée comme une héroïne qui brave les interdits !

Le livre est assez court ce qui permet à l’auteur d’aller droit au but ! Je n’y ai pas trouvé de longueurs. Il est très bien rythmé car centré sur l’évolution psychologique de la reine.

Un roman très agréable que je recommande !

Le coin BD (4)

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Bon, je ne devais plus faire de pause sur ce blog. Mais il s’est avéré que s’occuper d’un tout petit bébé est bien plus fatigant que ce que je pensais. Ma petite Agathe demande énormément d’attention et du coup, je n’ai plus vraiment le temps de lire. Mais elle a un mois maintenant. J’espère donc pouvoir me consacrer un peu moins à elle et plus à ce blog.

JE NE ME SUIS JAMAI SENTI AUSSI BELLE_C1C4.inddJe ne me suis jamais sentie aussi belle, de Isabelle Bauthian et Maud Hopsie

Voici une BD que mon beau-père m’a offert pour Noël. A ce moment là, je venais d’entamer mon neuvième mois et je me sentais très bien. Cette BD a donc été la bienvenue !

Quatrième de couverture :

Nausées matinales, « petite » prise de poids, envie fréquente d’uriner, quelques douleurs, un physique qui change. Rien de bien terrible ! D’ailleurs, de quoi vous plaindriez-vous ? Vous allez donner la vie ! Non, la grossesse n’est pas magnifique ! C’est à 99 % des désagréments. Et celles qui prétendent  le contraire vous mentent au nom de la survie de l’espèce, ou pratiquent assidûment l’auto-suggestion. Apoline et Guilhem, un jeune couple moderne, va se re-découvrir à travers l’une des expériences les plus banales et pourtant les plus mystifiées de la vie. Un récit drôlissime sans langue de bois.

Avis :

J’ai adoré cette BD pour son authenticité ! Comme dit dans le résumé de la quatrième de couverture, une espèce d’omerta entoure la grossesse. Tous les désagréments sont tus ou minimisés par celles qui y sont passé avant nous. Sans parler de ces mères pondeuses qui ne trouvent que du plaisir à être enceinte. Lors d’une de mes recherches sur internet sur les vergetures qui apparaissent lorsque le ventre grossi, j’ai été très étonnée de lire des commentaires faisant leur apologie : « j’adore mes vergetures, elles me rappellent que je suis maman » ou alors le classique « si vous ne vouliez pas de vergetures, il ne fallait pas faire d’enfants ! » Et bien moi, je voulais être maman sans vergeture. Oui, j’ai râlé contre les nausées, contre mon bébé qui me broyait les côtes ou m’empêchait de dormir.

Tout comme Apoline, l’héroïne de cette BD. Elle nous rapporte l’histoire d’une vraie 44-ab39grossesse. Tous les désagréments sont évoqués sans tabou avec beaucoup d’humour. C’est une jeune femme moderne qui souhaite mener de front sa vie de femme, sa grossesse et son travail. Thème qui parlera à beaucoup de femmes d’aujourd’hui ! Une femme enceinte reste une femme. Par conséquent, Apoline nous évoque sa vie sexuelle (pas facile avec un gros ventre), sa frustration devant les kilos qui s’accumulent ou encore son tartinage quotidien de crème anti-vergeture. Elle raconte également ses difficultés au travail, par exemple comment elle est évincée d’un projet parce qu’elle va avoir un bébé.

Bien sûr, les joies de la grossesse sont également évoqués : la première fois que son bébé bouge, les échographies… Cela rend la BD très touchante et m’a ramené à mes propres joies.

Les dessins sont de style réalistes et très colorés. C’est vraiment le style que je préfère.

Je recommande fortement à toutes les femmes enceintes, qui projettent de l’être ou qui l’ont été de lire cette BD. J’ai peur malheureusement que les hommes ne puissent pas y trouver leur compte. Le personnage masculin, futur papa, étant que trop rarement évoqué.

album-cover-large-23217Passe-Passe, de Delphine Cuvelee et Dawid

J’avais vraiment adoré Dessus, Dessous des mêmes auteurs. Un vrai coup de cœur ! Alors quand j’ai vu à la médiathèque qu’ils avaient fait une autre BD ensemble, je me suis jetée dessus !

Quatrième de couverture

Prenez une fillette taquine, une grand-mère guillerette et un drôle de papillon. Lancez-les dans une aventure échevelée. Vous obtiendrez un cocktail tendre et rocambolesque qui apprivoise l’absence pour mener aux confins d’une magie où tout ce qui disparaît n’est jamais vraiment perdu. Un tour de Passe-Passe !

Avis

Encore une fois je suis complétement séduite !

Tout d’abord l’histoire. Alors que Dessus, Dessous, m’avait fait bien rire, Passe-Passe m’a faitpassepasse02 pleurer… Il se dégage de cette BD une douce mélancolie qui touchera profondément les adultes qui liront cette BD. Une petite jeune fille s’amuse avec sa grand-mère. Un papillon très étrange poursuit la mamie. C’est un insecte en noir et blanc. Petit à petit, c’est la vieille dame qui perd ses couleurs alors que le papillon se colorie. A la fin, la petite fille ne joue plus qu’avec l’insecte. Ce procédé est très bien trouvé. C’est une belle manière d’introduire progressivement la mort de la mamie. Je pense cependant qu’il faudra expliquer aux plus jeunes qui risquent de ne pas comprendre.

Ensuite, les dessins. Ils sont tout simplement magnifiques. L’utilisation des couleurs est très intelligente. Ni trop vives, ni trop fades. Juste ce qu’il faut pour séduire les plus petits. Les deux personnages sont dessinés de telle sorte, qu’ils nous sont tout de suite très sympathiques : une belle petite fille souriante et une vieille grand-mère bienveillante.

Une manière très poétique d’évoquer la mort avec de jeunes enfants.

couv_268383Quatre soeurs, T3 Bettina, de Cati Baur d’après Malika Ferjoukh

L’histoire de ces cinq sœurs est vraiment passionnante. Je continue donc la lecture de ces BD.

Quatrième de couverture

Le printemps, saison du renouveau, des amours et des primeurs, éclate dans toute sa splendeur à tous les étages de la Vill’Hervé.

Avis

Bon, je n’aime toujours pas les dessins ! Je ne comprends toujours pas le style de Cati Baur. 26182_pl

Par contre, l’histoire des sœurs se complexifie et devient de plus en plus intéressante. Les personnages sont de plus en plus profonds. Les adultes sont confrontées encore et toujours à des problèmes d’argent et de cœur, les adolescentes sont de moins en moins naïves. Deux petits personnages (les cousins) entrent en scène pour donner un peu d’air frais à cette BD très sombre. Il n’y a malheureusement pas beaucoup d’occasions d’être heureux dans cette maison ! Mais la force de cette BD est de nous présenter des personnages forts qui quoi qu’il arrive nous donnent le sourire.

J’adore toujours autant l’aventure de ces jeunes femme et j’ai vraiment hâte de lire la suite !

Refuges, d’Annelise Heurtier

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Pourquoi ce livre ?

Il y a trois ans, j’ai découvert Là où naissent les nuages d’Annelise Heurtier. Et j’ai été complètement séduite ! J’ai aimé le style de l’auteur mais aussi l’histoire qu’elle racontait. Alors quand j’ai vu qu’elle avait sorti ce roman, je n’ai pas hésité à l’acheter pour le CDI.

Quatrième de couverture :

Mila, une jeune italienne, revient sur l’île paradisiaque de son enfance, espérant y dissiper le mal-être qui l’assaille depuis un drame familial.
Très vite, d’autres voix se mêlent à la sienne. Huit voix venues de l’autre côté de la Méditerranée qui crient leur détresse, leur rage et la force de leurs espérances.

Avis :

Je suis assez mitigée sur ce roman. D’un côté il m’a vraiment beaucoup plu et d’un autre je l’ai détesté !

Dans le titre, ce qui saute aux yeux c’est le S en jaune. Ce S annonce tout à fait le procédé du livre : une polyphonie de narrateurs.
D’un côté, nous avons Mila, une jeune fille romaine qui vit un drame familial. Pour essayer de faire table rase du passé, sa famille et elle décident de partir en vacances dans la maison de famille sur l’île italienne de Lampedusa. Dès l’évocation de ce nom, nous lecteurs croyons bien comprendre ce dont il va être question. Malheureusement cette île est bien connue. Elle accueille de nombreux migrants, vivants ou morts. Et bien contrairement à ce que l’on pense, dans l’histoire de Mila il n’y a quasiment aucune évocation des migrants. Son récit est centré sur ses problèmes familiaux, sa découverte de la nature de l’île et ses rencontres avec un groupe d’adolescents.
D’un autre côté, enchâssés dans les chapitres sur Mila, nous retrouvons les témoignages de huit jeunes Erythréens. Dans un premier temps, ils se présentent. Et là, il faut avoir le cœur bien accroché. Les situations de ces jeunes gens sont terribles. L’Erythrée est un état policier qui nie les droits de l’homme et impose un mode de vie terrible à ses jeunes. Aujourd’hui, plus de 300000 Erythréens ont fuit leur pays et vivent dans des camps de réfugiés (selon Wikipédia). Dans un second temps, le destin les fait se retrouver pour s’enfuir vers l’Europe et plus précisément Lampedusa. Là, une fin tragique les attend et le récit de leur traversé dans un chétif bateau fait froid dans le dos.

Et le problème de ce livre est là : j’ai été tellement affligée par le sort des huit jeunes migrants que l’histoire de Mila ne m’a fait ni chaud ni froid. Je ne comprends pas pourquoi Annelise Heurtier n’a pas fait deux livres avec ces histoires. Elle avait largement la matière pour. En plus, l’histoire de Mila est vraiment très intéressante. Étudier l’adolescence sous l’ombre d’un drame familial est certes classique, mais toujours très captivant. Mais comme on compare son récit au sort des migrants, il a l’air vraiment fade. Le personnage de Mila qui aurait pu être profond et dramatique se transforme en un personnage naïf et énervant. Je n’ai pas cessé de me dire « Mais arrête de te plaindre ! ». C’est vraiment dommage car développée d’avantage, elle aurait été une belle héroïne. Je comprend que l’auteur ait voulu faire un parallèle entre l’histoire de cette Européenne et celle de ces Africains, mais cela n’apporte que de la distanciation face au récit de Mila.
J’ai également beaucoup regretté de ne pas en savoir plus sur les migrants. Leurs récits ne font que quelques pages. Leur caractère, leur personnalité, leur vie tout entière ne peuvent donc pas être exploités complètement. Et c’est très frustrant car je n’ai pas eu la sensation de m’attacher à eux.

Le style de l’auteur est très intéressant. J’aime beaucoup ses descriptions et ses dialogues. Elle nous plonge vraiment dans l’action du livre. Ce roman est bien rythmé et on ne s’ennuie pas du tout en le lisant. Je pense qu’il est tout à fait adapté à des enfants à partir de la quatrième. La migration est d’ailleurs au programme de géographie de ce niveau. Les témoignages pourraient même être exploités en cours. Annelise Heurtier réussit à se glisser dans la peau de 9 adolescents ( en comptant Mila). Elle réussit à donner un style à chacun. Ils sont tous différents.

Un avis mitigé donc pour ce roman. Mais cela ne m’empêchera pas de suivre cette auteur !

Emily