Challenge #52livres2017

Je me lance dans un nouveau challenge ! Le challenge #52livres2017 initié par Sophie du blog Délivrer des livres.

Cela fait longtemps que je suis Sophie sur les réseaux sociaux. On a beaucoup en commun : notre métier, professeurs documentalistes toutes les deux et notre collection, les hérissons ! Quand j’ai vu son nouveau challenge, je me suis donc lancée !

Ce challenge est tout simple mais très sympathique. Il se déroule sur Instagram (d’où le #). Il suffit de prendre une photo par semaine selon les thèmes définis par Sophie et de la poster sous le #52livres2017.

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J’adore l’idée et le vous posterai mes photos ici ! Sinon, vous pouvez me retrouver sur Instagram sous le pseudo Azalyaa.

Emily

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Et je danse aussi, de Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat

imagesPourquoi ce livre ?

Tous les professeurs documentalistes connaissent ces deux merveilleux auteurs jeunesse. J’étais très curieuse de lire un roman écrit en commun. Un roman qui n’est pas destiné aux enfants qui plus est ! En plus, ma belle-mère l’a lu et l’a beaucoup aimé.

Quatrième de couverture

Un mail comme une bouteille à la mer. D’ordinaire, l’écrivain Pierre-Marie Sotto ne répond jamais aux courriers d’admirateurs. Mais cette Adeline Parmelan n’est pas une « lectrice comme les autres ». Quelque chose dans ses phrases, peut-être, et puis il y a cette épaisse et mystérieuse enveloppe qu’elle lui a fait parvenir – et qu’il n’ose pas ouvrir. Entre le prix Goncourt et la jeune inconnue, une correspondance s’établit qui en dévoile autant qu’elle maquille, de leurs deux solitudes, de leur secret commun…  »

Avis

Ce roman est un roman épistolaire. Enfin, ce sont des échanges par mails. Je ne sais pas si on utilise toujours cet adjectif quand on parle de mails. La question se posera de plus en plus je pense. Ce n’est pas un genre que j’apprécie particulièrement même s’il est vrai que je n’en ai pas beaucoup lu. D’ailleurs, le seul qui m’a vraiment marqué est Les liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos et cette lecture remonte à très loin.
J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans celui-ci. Passer d’un point de vue à un autre très rapidement est un exercice très exigent. Il faut s’accrocher. Et surtout, il faut suivre ! Mais ce petit exercice est devenu naturel. J’ai même fini par apprécier ce style et j’avais hâte de retrouver les personnages à chaque lecture.
D’après ce que j’ai compris, le procédé d’écriture est très original. Les auteurs s’envoyaient des mails sans se concerter. Ils ont monté le roman au fur et à mesure de leur imagination. Et cela ne se voit pas du tout. Le roman est cohérent et bien mené.

Une jeune femme poste un manuscrit à un écrivain. Celui-ci ne veut pas le lire et lui envoie un mail pour l’en informer. Commence alors une correspondance entre les deux. Ce début m’a semblé très banal et j’ai eu très peur de m’ennuyer. Mais très vite, on découvre qu’à travers cet échange se joue plus qu’une correspondance. Adeline et Pierre-Marie, les deux protagonistes se livrent de plus en plus et au milieu du roman un énorme secret est révélé. Ce retournement de situation est très bien amené par les auteurs. Le suspens monte petit à petit et quand enfin on a les réponses à nos questions, on est autant soulagé que les personnages eux-mêmes.
Les thèmes de ce roman sont très forts puisqu’on y trouve de l’amour mais aussi la trahison, la solitude et l’amitié. Ces thèmes se marient à merveille et forment un roman très poignant. Cependant, on ne fait pas que pleurer dans ce roman. Il y a de l’humour et j’ai beaucoup ri !

J’ai aimé les personnages de ce roman. Au fil des lettres, leur caractère se dévoile. On les découvre petit à petit et de façon très subtile.
Pierre-Marie est un homme d’une soixantaine années, un écrivain « goncourisé » en plein syndrome de la page blanche. Il est meurtri par un gros chagrin d’amour. C’est un homme très touchant que j’ai adoré découvrir. Il est très solitaire mais pourtant entouré par une énorme famille très aimante. Adeline est un personnage beaucoup plus complexe. Impossible de la cerner tant elle brouille elle-même les pistes. Je ne sais pas si je la trouve attachante, même une fois le roman fini. Elle mélange dans ses mails la vérité et le mensonge. Elle semble très obscure, très négative. Mais finalement, elle se dévoile et on se rend compte que c’est elle aussi un personnage meurtri et malheureux. Elle est encore plus seule que Pierre-Marie.

Par contre, je suis très déçue du style d’écriture des deux auteurs. Je l’ai trouvé très banal. Plusieurs fois, Pierre-Marie vante la magnifique écriture d’Adeline et bien je ne suis pas d’accord du tout. Même s’il s’agit d’un échange de mails, je trouve qu’ils auraient pu y mettre plus de style.
De même, j’ai trouvé la fin trop facile. Il aurait été pour moi plus subtile de ne pas donner d’explications.

Je recommande ce roman qui m’a vraiment surpris. Je l’ai lu en trois soirées tant il m’a tenu en haleine !

Emily

Ma bonne résolution de 2017 : je reprends vraiment le blog !

Jamais je n’aurais cru qu’être enceinte me mangerait ma concentration ! Voilà la raison de ma si longue absence sur le blog. Depuis neuf mois, je n’ai lu que quatre livres. Je les ai lu péniblement, en traînant des pieds. Depuis le début de ma grossesse, je n’arrive plus à me concentrer. Je ne sais pas d’où ça vient mais c’est très handicapant. L’envie de lire s’est également envolée durant cette période. J’ai remplacé la lecture de livres par la lecture de revues comme « Parents ». Je pense que mon esprit était bien occupé par d’autres choses…

Depuis le début du neuvième mois, l’envie est revenue ! La concentration suivra j’espère. Quoi qu’il en soit, écrire sur le blog me manque. Je formule donc la résolution de reprendre ce petit blog que j’aime tant.

Je ne vais pas reprendre une par une mes dernières lectures mais plutôt vous donner mes impressions.

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D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan

Quatrième de couverture : « Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. L. est le cauchemar de tout écrivain.Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser.»

Avis : J’ai beaucoup aimé ce roman. J’adore le style d’écriture de cette auteure. Il est à la fois simple mais très littéraire. Ce roman est un thriller psychologique très efficace. Il vous tient en haleine jusqu’à la fin.

La qualité première de cette histoire est d’après moi due au développement des personnages et notamment de L. C’est un personnage à la fois très séduisant et très obscure. Tout au long du roman on se pose des questions sur ce personnage. Nous sommes totalement subjugués par cette femme. C’est la première fois que je me laisse totalement avoir et que je me méfie autant d’un personnage de roman !

Seule la fin m’a déçue. Je l’ai trouvé trop simpliste et trop facile. Dommage, car Delphine de Vigan est capable de mieux.

la-fortune-des-rougon_couvLa fortune des Rougon, Emile Zola

J’ai pour ambition de changer de discipline. Je voudrais passer de professeur documentaliste à professeur de Lettres. Dans cette optique, je relis des classiques. J’ai choisi de commencer par le premier roman de la saga des Rougon-Macquart. En effet, je connais très bien cette saga mais je n’avais jamais lu sa genèse. C’est chose faite et je ne le regrette pas !

Résumé : Dans la petite ville provençale de Plassans, au lendemain du coup d’Etat d’où va naître le Second Empire, deux adolescents, Miette et Silvère, se mêlent aux insurgés. Leur histoire d’amour comme le soulèvement des républicains traversent le roman, mais au-delà d’eux, c’est aussi la naissance d’une famille qui se trouve évoquée : les Rougon en même temps que les Macquart dont la double lignée, légitime et bâtarde, descend de la grand-mère de Silvère, Tante Dide.

Avis : J’avais oublié comme il était fastidieux de lire un roman naturaliste. L’écriture est très exigeante et les nombreuses descriptions ne facilitent pas la concentration ! Il m’a fallu un petit peu de temps pour me plonger dans ce roman. Mais une fois ré-habituée à l’écriture classique du XIXe siècle, le roman m’a complètement happée.

J’ai aimé le développement très complexe de tous les personnages. Chaque membre des familles de ce roman a son histoire, son caractère, sa psychologie… Certains sont attachants alors que d’autres sont détestables.

J’ai aimé comprendre la genèse de cette saga. Tout découle d’une femme et de deux hommes. J’ai hâte de reprendre chaque roman pour pouvoir mieux les comprendre.

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Ma part de Gaulois, Magyd Cherfi

Quatrième de couverture : Printemps 1981, dans une cité d’un “quartier” de Toulouse, un rebeu atypique qui s’idéalise en poète de la racaille escalade une montagne nommée “baccalauréat” : du jamais vu chez les Sarrasins.

Avis : Quelle claque ce roman ! Je l’ai adoré !

L’écriture de Magyd Cherfi est juste magnifique. Elle est poétique, exigeante et intelligente. C’est une magnifique œuvre littéraire. J’ai été bluffée par ce style. Je ne m’y attendais pas du tout. Je savais que  Magyd Cherfi était un bon écrivain, mais à ce point !

L’histoire m’a également vraiment touchée. J’ai vécu en banlieue parisienne très dure. Mais j’y ai vécu en tant que jeune fille blanche. J’ai beaucoup aimé découvrir la vie en banlieue d’un « beur » comme l’auteur s’appelle lui-même dans le roman. J’ai été surprise de découvrir tant de colère et de violence. J’ai réalisé à quel point j’ai été protégée par mes professeurs et mon origine. L’auteur nous livre son enfance sans concession et on s’attache à ses personnages. On les aime même.

Le roman de Magyd Cherfi nous montre que la vie n’est pas aussi simple que le diptyque du bien ou du mal, du blanc ou du noir. Elle est tout en nuances et ces nuances dans le roman de Magyd Cherfi sont magnifiques.

Emily

 

Agatha Christie, le chapitre disparu, de Brigitte Kernel

couv668366Pourquoi ce livre ?

C’est vers l’âge de douze ans que j’ai lu mon premier livre d’Agatha Christie. C’est à cette époque que j’ai découvert le plaisir de la lecture et comme ma maman adorait lire, sa passion est devenue contagieuse. J’étais en week-end chez mon oncle et ma tante mais à court de lecture. Mon oncle m’a donc mis entre les mains un gros livre qui regroupait quatre romans d’Agatha Christie et même si ce n’était pas ses plus connus, j’ai adoré  ! J’ai alors entamé un long cycle Agatha Christie, empruntant tous les livres disponibles à la bibliothèque. C’est pourquoi, lorsque j’ai vu ce titre je n’ai pas hésité un instant. L’évocation de cette auteure me replonge à coup sûr dans mes souvenirs d’enfance.

Résumé

En décembre 1926, Agatha Christie disparaît pendant onze jours. De ces onze jours on ne sait rien encore aujourd’hui. Brigitte Kernel s’est donc amusée à inventer ce qui a bien pu se passer. Elle imagine et nous présente une Agatha Christie intime et malheureuse.

Avis

Autant le dire tout de suite, je n’ai pas trop aimé ce livre. Pourtant, il était plein de promesses :

Tout d’abord, le style de l’auteure. Elle a su s’immerger dans l’époque d’Agatha Christie. On retrouve l’atmosphère de ses livres. Cette ambiance anglaise et bourgeoise qui leur donne tant de charme et nous dépayse à coup sûr. Les décors sont sublimes : grand hôtel de luxe anglais, bains turcs, et tout ça dans une station balnéaire typiquement anglaise. On se croirait dans l’Angleterre d’Agatha Christie. Son écriture est tout autant raffinée que celui de la grande romancière. Pas de difficulté à lire ce roman qui est bien écrit.

Ensuite, le thème. Découvrir Agatha Christie dans son intimité est une idée très séduisante. Je ne connais rien de sa vie et je ne connaissais pas du tout cette histoire de disparition. Cela m’a énormément intrigué et à mon avis, c’est très malin d’avoir fait un roman sur cette partie de sa vie. Que s’est-il passé durant ces onze jours ?

Mais malheureusement, cela ne fonctionne pas. Déjà, le livre manque cruellement de rythme. Je l’ai trouvé long, très long. Les monologues intérieurs d’Agatha tournent en rond. Elle ressasse éternellement les mêmes choses. Bien sûr, cela fait partie de l’histoire et du personnage (Agatha est trompée par son mari), mais j’ai eu la sensation que le personnage n’évoluait pas. On a envie de la secouer pour lui faire reprendre ses esprits.

Puis, je suis une femme du XXIe  siècle. J’ai donc eu un peu de mal a éprouver de la compassion pour cette épouse complétement soumise à son mari. Elle ne vit que pour lui et son désespoir quand il veut la quitter est pathétique. Elle décide volontairement de disparaître, pas pour se venger d’un mari volage qui se moque d’elle mais pour lui faire ressentir le manque et pour qu’il comprenne qu’il l’aime toujours. Jusqu’au bout elle n’aura que ça en tête et c’est vraiment fatiguant !

Enfin, l’histoire ne tient pas la route. J’ai eu du mal à y croire. Comment une romancière si connue et à la une de tous les journaux peut ne pas être reconnue? Ah oui, elle s’est coupée la frange ! C’était vraiment trop gros. Et au final, il n’y a pas vraiment d’histoire. Agatha se cache de son mari et de la police dans un grand hôtel. Voilà, c’est tout…

J’ai trouvé dommage de donner une histoire si banale (une femme meurtrie par son mari ) à une si grande dame du roman policier. Quitte à imaginer un épisode inconnu de sa vie, j’aurais aimé des mystères, des aventures et des rebondissements !

Emily

Les gens dans l’enveloppe, d’Isabelle Monin

Après une petite pause dans le blog, il est grand temps de le reprendre ! L’envie de lecture est revenu alors hop de nouveaux articles !

9782709649834-xRésumé

« En juin 2012, j’ai acheté sur internet un lot de 250 photographies d’une famille dont je ne savais rien. Les photos me sont arrivées dans une grosse enveloppe blanche quelques jours plus tard. Dans l’enveloppe, il y avait des gens à la banalité familière, bouleversante. Je n’imaginais alors pas l’aventure qu’elle me ferait vivre. »

Ce livre est en trois parties. Dans la première, l’auteure imagine la vie de cette famille. Elle leur invente une histoire. Dans la deuxième, elle part à leur recherche et nous livre son enquête. La troisième est la mise en chanson de l’histoire inventée par Alex Beaupain.

Pourquoi ce livre ?

Pour sa forme singulière ! L’idée d’inventer l’histoire d’une famille puis de la retrouver pour découvrir leur véritable histoire m’a énormément intriguée.

Avis

Ce livre est vraiment un livre singulier ! La démarche de l’auteure m’a complétement séduite. Elle achète une enveloppe remplie de photos et décide dans un premier temps d’en faire un roman. Très vite, cette histoire et ses personnages l’obsèdent complétement. C’est seulement là qu’elle a l’idée de retrouver les vrais personnes qui se trouvent sur les photos.

On commence donc notre lecture avec le roman. Fascinée par ces photos sortants d’une autre époque, elle décide de leur inventer une vie. Une photo sort vraiment du lot, celle d’une petite fille. Isabelle Morin en fait donc l’un de ses personnages principaux. Et c’est sa voix que l’on entend en premier. En effet, l’auteur a choisi de raconter l’histoire de cette famille à travers le point de vue des ses membres. Elle adopte le prénom de Laurence pour la petite fille. Pour elle, elle a imaginé une vie très ordinaire : des parents ouvriers, un appartement modeste et des week-ends et vacances passés chez les grands-parents. Mais un jour, sa mère s’en va. Elle quitte sa famille sans prévenir personne. La vie de Laurence bascule. Elle ne cessera jamais de l’attendre. Cette jeune fille qui deviendra femme est infiniment triste. Elle m’a fat énormément de peine. Sa vie tourne autour de son attente. Il n’y a rien d’autre qui compte pour elle. J’ai été bouleversée par cette histoire. Imaginer une vie détruite après l’abandon maternel a été très dur pour moi car très réaliste. Lorsqu’on finit cette partie, il est difficile de ne pas détester la mère de Laurence.

Et puis vient son récit. Et même si personne ne pourra approuver l’abandon, on comprend cette femme. Elle est éprise de liberté, voudrait avancer dans la vie, évoluer professionnellement, mais son mari l’en empêche. Pas consciemment mais sa façon de vivre, sa routine, son non-ambition l’enferme dans cette vie. Elle étouffe et on la comprend. Elle rencontre un homme beau, étranger, passionné. Son point de vue, ses mots, m’ont également bouleversés.

Enfin, après la fille qui court après sa mère, la mère qui court après sa vie, nous rencontrons la grand-mère qui court après la mort. Cette vieille femme usée par la vie et par un lourd secret de famille n’en peut plus de vivre. Cette grand-mère que l’on avait perçu forte se révèle sensible et fragile. On partage son agonie et son envie d’en finir.

Ce roman nous décrit le destin tragique d’une famille brisée. Le style d’Isabelle Morin est sublime. Adopter le point de vue des personnages nous permet de nous identifier pleinement aux personnages. J’ai pleuré tout au long du roman !

La seconde partie m’a un peu moins intéressée. Isabelle Morin a réussi à retrouver toutes les personnes sur les photos et même si cette famille n’a pas eu ce destin tragique que l’auteure a imaginé, leur vie n’a pas été des plus facile.
Mais cette enquête est surtout un prétexte à nous raconter le processus de création littéraire d’Isabelle Morin. Et c’est toujours très intéressant de comprendre les intentions d’un auteur et les différents étapes par lesquels le créateur doit passer pour aboutir à un roman.

Le livre est accompagné d’un CD mais j’avoue ne pas l’avoir écouté car je voulais me dépêcher de le rendre à la médiathèque.

En bref, vous l’avez compris, j’ai complétement adhéré au roman et un peu moins à l’enquête mais je vous le recommande vraiment !

Extrait

« On ne retient pas la vie, on peut juste s’en souvenir. La vie est comme les secondes, elle se fiche de nos efforts, elle coule dans son perpétuel effacement. Du sable entre les doigts, une goutte d’eau sur une pierre chaude. »

« A la mort qui vient, elle offre mains ouvertes sa solitude grise et ses odeurs froides. Elle offre aussi ses bocaux à la cave, les haricots verts que personne ne prend plus, elle donne les pommes alignées sur le papier journal, son couteau noir et ses bouteilles de bouillon, elle cède sans un regard les tricots commencés pas terminés et ses photos mélangées, n’emportera que celles qui trempent dans le lait. »

Le coin BD (3)

album-cover-large-23827Le château des étoiles, T1 et 2, d’Alex Alice

Résumé :

Au milieu du 19e siècle, la conquête de l’espace a commencé. Grâce à une montgolfière, une jeune femme va prouver l’existence de l’éther. Malheureusement, son ballon explose. Son journal est retrouvé par le roi d’Autriche qui prend contact avec le mari et le fils de la scientifique. Lui aussi veut conquérir les étoiles grâce à l’éther. Une grande aventure va alors commencer.

Avis :

Cette BD est une uchronie steam punk très plaisante. Uchronie car l’auteur imagine un passé capable de voyager dans les étoiles. Steam punk car la BD est remplie de technologie et d’inventions plus folles les unes que les autres. L’auteur se base sur l’idée que notre atmosphère est faite d' »éther ». Une idée développée déjà à l’Antiquité par Aristote. En effet, nos ancêtres n’ont cessé de chercher à comprendre notre monde. L’éther était une théorie que nous sommes capable de réfuter aujourd’hui. Et justement, j’ai peur que si cette BD est destinée aux plus jeunes, ils ne soient pas dans la possibilité de démêler le vrai du faux. C’est souvent le risque avec l’uchronie.

Les personnages principaux, deux jeunes garçons et une jeune fille, sont vraiment cde_-_couv_vol2_hd_ok.jpgattachants et drôles. Le personnage de Hans est espiègle à souhait. Ils vivent une aventure extraordinaire.

Le premier tome pose le décor et la situation. Le second tome est rempli de rebondissements et d’action.

Le dessin est magnifique. Il est très délicat. Les couleurs, tantôt pastels, tantôt vives, soulignent l’action.

Cette BD est une bonne découverte mais je ne pense pas qu’il soit judicieux de la mettre entre les mains des plus jeunes.

 

54dac6ceDessus, Dessous, de Dawid et Delphine Cuveale

Résumé :

Un père de famille découvre que son jardin est détruit par une petite taupe. Il décide donc de s’en débarrasser. Mais tous ses plans sont déjoués par ses enfants, une petite fille et un petit garçon.

Avis :

J’ai adoré cette BD ! Tout d’abord grâce à sa mise en page. Très souvent, la page est partagée entre ce qui se passe sur la terre et ce qui se passe sous-terre. Nous voyons en parallèle ce que font les humains et ce que fait la petite taupe. Ce système est très ingénieux et permet au premier coup d’œil à l’enfant de comprendre l’histoire.

Cette BD n’a pas de texte. Elle n’en a d’ailleurs pas besoin tant les dessins sont explicites. Les couleurs sont magnifiques. Le bas tout en nuance marron tranche fortement avec le haut aux couleurs claires. Les personnages sont divinement bien dessinés.

Les caractères des personnages sont bien travaillés et assez caricaturaux. En effet, faute de dessusdessous03texte, il faut que les tous-petits comprennent l’histoire. Ainsi, au premier coup d’œil, on se rend compte que le papa, dessiné tout en rondeurs avec un gros nez et de gros sourcils, n’est pas très gentil. Les enfants sont très mignons. Ils sourient et sont joyeux. Quant à la petite taupe, elle est tout à fait adorable. On croise les doigts pour que les enfants la sauve !

Enfin, cette BD est très drôle. On se réjouit de voir tous les plans du père échoués. Et le final est hilarant ! Je recommande cette BD pour une première découverte de ce genre. Elle promet de bons moments de lecture pour les tous-petits qui ne savent pas encore lire.

 

A65758_0.jpgCalifornia dreamin’, de Pénélope Bagieu

Résumé :

Biographie tantôt imaginée, tantôt documentée de Mama Cass, chanteuse du célèbre groupe « The Mamas & The Papas ».

Avis :

Cette BD m’a vraiment étonnée. Tout d’abord par son thème. Je n’avais pas vu qu’il s’agissait d’une biographie. J’ai vraiment accroché avec le personnage de Mama Cass. C’est d’abord une jeune fille / femme pleine de vie. Sa méthode de défense face aux critiques est l’humour. C’est une jeune femme très drôle. Elle est entière et vie totalement ses sentiments. Quand elle est amoureuse c’est à la folie sinon rien. Elle m’a à la fois vraiment attendrie et vraiment énervée. Elle a un caractère horrible.

La narration est très originale. Le récit n’est jamais évoqué du point de vue de Mama Cass.bedetheque-ideale-97-belle-etude-de-cass-signee-penelope-bagieu,M254585 A chaque chapitre il change et c’est à travers les personnages secondaires (sa famille ou ses amis) que l’on découvre l’histoire de cette sacrée femme. Du coup, on est présent dans tous les moments les plus importants, de son anniversaire à l’évolution de sa carrière.

Le dessin m’a vraiment surprise. Pénélope Bagieu ne dessine pas du tout comme ça dans ses autres BD. Les dessins sont crayonnés. Ils sont très brouillons et donnent l’impression d’être flous. Je n’ai pas compris pourquoi elle a employé cette technique mais moi j’ai été très déçue. Alors que l’histoire et les personnages sont bien travaillés, les dessins sont moches. C’est vraiment dommage.

En tout cas, à la fin de ma lecture je n’ai eu qu’une envie, écouter la voix de Mama Cass !

Un été au Kansai, de Romain Slocombe

892422Pourquoi ce livre ?

J’ai découvert ce livre sur le blog de Luocine. Sa chronique m’a donné très envie de le lire. En effet, le roman mélange deux thèmes que j’aime particulièrement : le Japon et l’histoire. J’étais donc très curieuse de découvrir ce texte.

Résumé :

Un journaliste allemand enquête sur d’anciens criminels nazis. Il s’intéresse à Friedrich Kessler, en poste à l’ambassade allemande au Japon pendant la Seconde Guerre Mondiale. Sa sœur confie au journaliste les lettres qu’il lui a envoyé tout au long de  ces années pour l’aider à mieux comprendre qui il était. On découvre alors un homme délicat, sensible à la culture japonaise qui oscille entre la critique et l’approbation du parti nazi.

Avis :

Ce  livre est pour moi l’image même du fait que la vie n’est pas noire ou blanche. C’est d’ailleurs ce que j’ai préféré dans le roman. Le personnage principal du roman n’est pas un nazi tel que nous français, nous nous les représentons. Il doute souvent du bien fondé de la politique du parti nazi tout en l’approuvant et surtout tout en restant patriote.

A travers ses lettres, plusieurs thèmes sont évoqués. Le premier est bien évidemment la vie au Japon. Même si l’auteur reste dans les clichés (les temples, les geishas…) il est très plaisant de se plonger dans le quotidien des japonais. Friedrich découvre la culture à travers son regard d’européen. Il enchaîne les regards amusés ou les regards affligés. Il découvre également l’art à travers les estampes d’Hiroshige.
Le second thème est le quotidien d’un allemand en pays étranger. On découvre la vie dans une ambassade : les querelles pour le pouvoir, les amitiés et surtout la vie entre expatriés. Même à l’autre bout du monde, Friedrich et ses compatriotes se sentent supérieurs au monde entier et particulièrement aux japonais. Il rencontre de « vrais » nazis qui tiennent des propos insupportables.
Le troisième thème est la guerre. Évidemment, les japonais sont engagés avec l’axe. Il est très intéressant de voir comment la population réagit à la guerre. Les japonais (comme les allemands) sont complétement embrigadés et n’imaginent pas un instant perdre. C’est la situation géographique qui leur fait croire qu’il n’y aura pas d’attaque sur leur sol. Ainsi, on apprend par exemple, qu’il n’y a quasiment aucun abris souterrain et qu’il est recommandé de se cacher dans les placards en cas d’attaque aérienne ! Les scènes d’attaque sont décrites dans les moindres détails et il est parfois difficile de continuer sa lecture.

Le fait que ce roman soit épistolaire, écrit à la première personne, nous permet de nous identifier complètement au personnage de Friedrich. Par contre, l’auteur a voulu faire un parallèle entre la situation à Tokyo et celle à Berlin. Du coup, il a intégré dans les lettres des reprises des mots de la sœur de Friedrich (nous ne lisons jamais ses lettres à elle) et de ce fait, cela sonne faux. C’est vraiment trop artificiel. Pourtant, l’idée de comparer les deux pays en guerre dans leurs tourments était une très bonne idée. C’est dommage.

Certaines lettres m’ont profondément émue mais d’autres profondément ennuyée. J’ai trouvé ce livre très inégal.

Malgré ces petits bémols, je ressors de cette lecture en ayant l’impression d’avoir partagé le quotidien des japonais pendant la guerre. J’ai appris un volet de notre histoire qui est rarement évoqué dans les pays vainqueurs. Et pourtant, avec le recul que l’on a aujourd’hui, il m’apparaît qu’un tel roman est essentiel. Tous les pays engagés dans la guerre ont souffert et il est important de le rappeler.

Extrait :

« Savez-vous, Friedrich, ce que mon fils m’écrit dans sa dernière lettre ? « Un jour que j’étais allongé sur le ventre en forêt, sous un feu d’artillerie nourri, un oiseau s’est mis à chanter au-dessus de ma tête… Je haïssais cet oiseau. Je pensais qu’il continuerait à chanter pendant que moi, j’allais mourir sur place… » Je sais ce que mon fils ressent. Dans ces moments-là, on veut vivre, seulement vivre, rien que vivre. Mais au fond de mon cœur j’ai la certitude qu’il ne reviendra pas. »

Emily