La Petite Mort, Davy Mourier

Que c’est dur de lire avec un tout petit bébé à la maison… Je me concentre donc sur les BD.

Pourquoi ces livres ?

Voilà des années que je suis Davy Mourier. J’étais devant mon écran de télé quand la chaîne No Life a vu le jour. Je l’ai donc d’abord connu comme animateur, puis comme comédien et j’avais donc hâte de le découvrir en tant que bédéiste.

Résumé :

C’est l’histoire de la Petite Mort, fils de la Mort. Ce petit squelette va à l’école publique de son quartier. Il s’y fait des amis et tombe éperdument amoureux d’une de ses camarades de classe. Mais son destin le rattrape. En effet, il est destiné à devenir la Mort et donc à succéder à son père. Cela ne l’enchante pas du tout !

Avis :

Je dois avouer que j’ai été très surprise par ces BD.

Le thème n’est pas aussi simpliste qu’il y paraît. Bien sûr, comme le titre l’indique, l’auteur a pris comme arrière plan la représentation physique de la mort : un grand squelette muni d’une faux et d’une longue cape noire. Le thème de la mort est donc très présent. Il est traité de manière à la fois très drôle (certaines morts sont hilarantes) et très sensible. Et c’est justement le côté sensible qui m’a énormément plu. Le personnage de la Petite Mort est paradoxalement très humain. Il essaye d’être un petit garçon comme les autres. Il va à l’école publique, se cherche des amis, une amoureuse, etc. Nous suivons donc les aventures classiques d’un petit bonhomme classique. Seulement voilà, il n’est pas un petit garçon, il est la future mort. Nous découvrons alors une vraie BD initiatique ou comment la Petite mort va peu à peu accepter sa condition et se résigner à mener la vie qui lui est destiné. Davy Mourier aborde alors des thèmes très surprenants dans une BD humoristique : la trahison, l’amour, la paternité, le sens du devoir ou encore les liens familiaux. Mais justement, même si ce sont ces thèmes qui font de cette BD sa singularité, je trouve que l’auteur a voulu trop en mettre et cela m’a donné l’impression qu’il essayait de nous démontrer qu’il pouvait ne pas être qu’un humoriste mais aussi un « auteur ». Petit à petit on ne rigole plus.

Par contre, Davy Mourier a véritablement créé un univers que l’on n’a jamais vu ! Il a fait de la mort une organisation d’entreprise. Tout est vraiment bien pensé et crédible. Plus que les blagues, c’est cela qui l’a le plus fait rire.

Les personnages sont très bien rapportés. On s’attache à la Petite Mort. On souffre avec lui. Alors qu’il s’agit un squelette, l’auteur lui a donné des expressions faciales humaines. Cela le rend attendrissant.
J’ai également beaucoup aimé le soin qu’il a apporté à tous les autres personnages. Chacun a sa propre personnalité et son propre caractère. Ils sont tous totalement différents. La famille est rès drôle. Le père de la Petite Mort ne comprend pas les réticences de sont fils à tuer et aime son métier. La mère est une femme très aimante qui souhaite le meilleur pour son fils. Et le grand père est un personnage complètement loufoque qui refuse de donner sa dernière mort et donc de disparaître à son tour. Le petit personnage a également un meilleur ami qui est complètement abruti mais qui a une vie très difficile. Il est à la fois hilarant et très énervant !

Les dessins sont magnifiques ! Je suis fan du trait de crayon de Davy Mourier. Il est à la fois simple et très bien travaillé. Il me semble avoir lu que l’auteur pense mal dessiné et bien je ne suis pas du tout d’accord.

Finalement, moi qui pensais que ces BD seraient destinées à un jeune public, je me suis largement trompée. Le destin de ce personnage principal est tragique. J’ai eu plusieurs fois la larme à l’œil.

Je n’ai pas du tout adhéré à l’humour mais j’ai adoré l’histoire !

Le coin BD (4)

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Bon, je ne devais plus faire de pause sur ce blog. Mais il s’est avéré que s’occuper d’un tout petit bébé est bien plus fatigant que ce que je pensais. Ma petite Agathe demande énormément d’attention et du coup, je n’ai plus vraiment le temps de lire. Mais elle a un mois maintenant. J’espère donc pouvoir me consacrer un peu moins à elle et plus à ce blog.

JE NE ME SUIS JAMAI SENTI AUSSI BELLE_C1C4.inddJe ne me suis jamais sentie aussi belle, de Isabelle Bauthian et Maud Hopsie

Voici une BD que mon beau-père m’a offert pour Noël. A ce moment là, je venais d’entamer mon neuvième mois et je me sentais très bien. Cette BD a donc été la bienvenue !

Quatrième de couverture :

Nausées matinales, « petite » prise de poids, envie fréquente d’uriner, quelques douleurs, un physique qui change. Rien de bien terrible ! D’ailleurs, de quoi vous plaindriez-vous ? Vous allez donner la vie ! Non, la grossesse n’est pas magnifique ! C’est à 99 % des désagréments. Et celles qui prétendent  le contraire vous mentent au nom de la survie de l’espèce, ou pratiquent assidûment l’auto-suggestion. Apoline et Guilhem, un jeune couple moderne, va se re-découvrir à travers l’une des expériences les plus banales et pourtant les plus mystifiées de la vie. Un récit drôlissime sans langue de bois.

Avis :

J’ai adoré cette BD pour son authenticité ! Comme dit dans le résumé de la quatrième de couverture, une espèce d’omerta entoure la grossesse. Tous les désagréments sont tus ou minimisés par celles qui y sont passé avant nous. Sans parler de ces mères pondeuses qui ne trouvent que du plaisir à être enceinte. Lors d’une de mes recherches sur internet sur les vergetures qui apparaissent lorsque le ventre grossi, j’ai été très étonnée de lire des commentaires faisant leur apologie : « j’adore mes vergetures, elles me rappellent que je suis maman » ou alors le classique « si vous ne vouliez pas de vergetures, il ne fallait pas faire d’enfants ! » Et bien moi, je voulais être maman sans vergeture. Oui, j’ai râlé contre les nausées, contre mon bébé qui me broyait les côtes ou m’empêchait de dormir.

Tout comme Apoline, l’héroïne de cette BD. Elle nous rapporte l’histoire d’une vraie 44-ab39grossesse. Tous les désagréments sont évoqués sans tabou avec beaucoup d’humour. C’est une jeune femme moderne qui souhaite mener de front sa vie de femme, sa grossesse et son travail. Thème qui parlera à beaucoup de femmes d’aujourd’hui ! Une femme enceinte reste une femme. Par conséquent, Apoline nous évoque sa vie sexuelle (pas facile avec un gros ventre), sa frustration devant les kilos qui s’accumulent ou encore son tartinage quotidien de crème anti-vergeture. Elle raconte également ses difficultés au travail, par exemple comment elle est évincée d’un projet parce qu’elle va avoir un bébé.

Bien sûr, les joies de la grossesse sont également évoqués : la première fois que son bébé bouge, les échographies… Cela rend la BD très touchante et m’a ramené à mes propres joies.

Les dessins sont de style réalistes et très colorés. C’est vraiment le style que je préfère.

Je recommande fortement à toutes les femmes enceintes, qui projettent de l’être ou qui l’ont été de lire cette BD. J’ai peur malheureusement que les hommes ne puissent pas y trouver leur compte. Le personnage masculin, futur papa, étant que trop rarement évoqué.

album-cover-large-23217Passe-Passe, de Delphine Cuvelee et Dawid

J’avais vraiment adoré Dessus, Dessous des mêmes auteurs. Un vrai coup de cœur ! Alors quand j’ai vu à la médiathèque qu’ils avaient fait une autre BD ensemble, je me suis jetée dessus !

Quatrième de couverture

Prenez une fillette taquine, une grand-mère guillerette et un drôle de papillon. Lancez-les dans une aventure échevelée. Vous obtiendrez un cocktail tendre et rocambolesque qui apprivoise l’absence pour mener aux confins d’une magie où tout ce qui disparaît n’est jamais vraiment perdu. Un tour de Passe-Passe !

Avis

Encore une fois je suis complétement séduite !

Tout d’abord l’histoire. Alors que Dessus, Dessous, m’avait fait bien rire, Passe-Passe m’a faitpassepasse02 pleurer… Il se dégage de cette BD une douce mélancolie qui touchera profondément les adultes qui liront cette BD. Une petite jeune fille s’amuse avec sa grand-mère. Un papillon très étrange poursuit la mamie. C’est un insecte en noir et blanc. Petit à petit, c’est la vieille dame qui perd ses couleurs alors que le papillon se colorie. A la fin, la petite fille ne joue plus qu’avec l’insecte. Ce procédé est très bien trouvé. C’est une belle manière d’introduire progressivement la mort de la mamie. Je pense cependant qu’il faudra expliquer aux plus jeunes qui risquent de ne pas comprendre.

Ensuite, les dessins. Ils sont tout simplement magnifiques. L’utilisation des couleurs est très intelligente. Ni trop vives, ni trop fades. Juste ce qu’il faut pour séduire les plus petits. Les deux personnages sont dessinés de telle sorte, qu’ils nous sont tout de suite très sympathiques : une belle petite fille souriante et une vieille grand-mère bienveillante.

Une manière très poétique d’évoquer la mort avec de jeunes enfants.

couv_268383Quatre soeurs, T3 Bettina, de Cati Baur d’après Malika Ferjoukh

L’histoire de ces cinq sœurs est vraiment passionnante. Je continue donc la lecture de ces BD.

Quatrième de couverture

Le printemps, saison du renouveau, des amours et des primeurs, éclate dans toute sa splendeur à tous les étages de la Vill’Hervé.

Avis

Bon, je n’aime toujours pas les dessins ! Je ne comprends toujours pas le style de Cati Baur. 26182_pl

Par contre, l’histoire des sœurs se complexifie et devient de plus en plus intéressante. Les personnages sont de plus en plus profonds. Les adultes sont confrontées encore et toujours à des problèmes d’argent et de cœur, les adolescentes sont de moins en moins naïves. Deux petits personnages (les cousins) entrent en scène pour donner un peu d’air frais à cette BD très sombre. Il n’y a malheureusement pas beaucoup d’occasions d’être heureux dans cette maison ! Mais la force de cette BD est de nous présenter des personnages forts qui quoi qu’il arrive nous donnent le sourire.

J’adore toujours autant l’aventure de ces jeunes femme et j’ai vraiment hâte de lire la suite !

Le coin BD (3)

album-cover-large-23827Le château des étoiles, T1 et 2, d’Alex Alice

Résumé :

Au milieu du 19e siècle, la conquête de l’espace a commencé. Grâce à une montgolfière, une jeune femme va prouver l’existence de l’éther. Malheureusement, son ballon explose. Son journal est retrouvé par le roi d’Autriche qui prend contact avec le mari et le fils de la scientifique. Lui aussi veut conquérir les étoiles grâce à l’éther. Une grande aventure va alors commencer.

Avis :

Cette BD est une uchronie steam punk très plaisante. Uchronie car l’auteur imagine un passé capable de voyager dans les étoiles. Steam punk car la BD est remplie de technologie et d’inventions plus folles les unes que les autres. L’auteur se base sur l’idée que notre atmosphère est faite d' »éther ». Une idée développée déjà à l’Antiquité par Aristote. En effet, nos ancêtres n’ont cessé de chercher à comprendre notre monde. L’éther était une théorie que nous sommes capable de réfuter aujourd’hui. Et justement, j’ai peur que si cette BD est destinée aux plus jeunes, ils ne soient pas dans la possibilité de démêler le vrai du faux. C’est souvent le risque avec l’uchronie.

Les personnages principaux, deux jeunes garçons et une jeune fille, sont vraiment cde_-_couv_vol2_hd_ok.jpgattachants et drôles. Le personnage de Hans est espiègle à souhait. Ils vivent une aventure extraordinaire.

Le premier tome pose le décor et la situation. Le second tome est rempli de rebondissements et d’action.

Le dessin est magnifique. Il est très délicat. Les couleurs, tantôt pastels, tantôt vives, soulignent l’action.

Cette BD est une bonne découverte mais je ne pense pas qu’il soit judicieux de la mettre entre les mains des plus jeunes.

 

54dac6ceDessus, Dessous, de Dawid et Delphine Cuveale

Résumé :

Un père de famille découvre que son jardin est détruit par une petite taupe. Il décide donc de s’en débarrasser. Mais tous ses plans sont déjoués par ses enfants, une petite fille et un petit garçon.

Avis :

J’ai adoré cette BD ! Tout d’abord grâce à sa mise en page. Très souvent, la page est partagée entre ce qui se passe sur la terre et ce qui se passe sous-terre. Nous voyons en parallèle ce que font les humains et ce que fait la petite taupe. Ce système est très ingénieux et permet au premier coup d’œil à l’enfant de comprendre l’histoire.

Cette BD n’a pas de texte. Elle n’en a d’ailleurs pas besoin tant les dessins sont explicites. Les couleurs sont magnifiques. Le bas tout en nuance marron tranche fortement avec le haut aux couleurs claires. Les personnages sont divinement bien dessinés.

Les caractères des personnages sont bien travaillés et assez caricaturaux. En effet, faute de dessusdessous03texte, il faut que les tous-petits comprennent l’histoire. Ainsi, au premier coup d’œil, on se rend compte que le papa, dessiné tout en rondeurs avec un gros nez et de gros sourcils, n’est pas très gentil. Les enfants sont très mignons. Ils sourient et sont joyeux. Quant à la petite taupe, elle est tout à fait adorable. On croise les doigts pour que les enfants la sauve !

Enfin, cette BD est très drôle. On se réjouit de voir tous les plans du père échoués. Et le final est hilarant ! Je recommande cette BD pour une première découverte de ce genre. Elle promet de bons moments de lecture pour les tous-petits qui ne savent pas encore lire.

 

A65758_0.jpgCalifornia dreamin’, de Pénélope Bagieu

Résumé :

Biographie tantôt imaginée, tantôt documentée de Mama Cass, chanteuse du célèbre groupe « The Mamas & The Papas ».

Avis :

Cette BD m’a vraiment étonnée. Tout d’abord par son thème. Je n’avais pas vu qu’il s’agissait d’une biographie. J’ai vraiment accroché avec le personnage de Mama Cass. C’est d’abord une jeune fille / femme pleine de vie. Sa méthode de défense face aux critiques est l’humour. C’est une jeune femme très drôle. Elle est entière et vie totalement ses sentiments. Quand elle est amoureuse c’est à la folie sinon rien. Elle m’a à la fois vraiment attendrie et vraiment énervée. Elle a un caractère horrible.

La narration est très originale. Le récit n’est jamais évoqué du point de vue de Mama Cass.bedetheque-ideale-97-belle-etude-de-cass-signee-penelope-bagieu,M254585 A chaque chapitre il change et c’est à travers les personnages secondaires (sa famille ou ses amis) que l’on découvre l’histoire de cette sacrée femme. Du coup, on est présent dans tous les moments les plus importants, de son anniversaire à l’évolution de sa carrière.

Le dessin m’a vraiment surprise. Pénélope Bagieu ne dessine pas du tout comme ça dans ses autres BD. Les dessins sont crayonnés. Ils sont très brouillons et donnent l’impression d’être flous. Je n’ai pas compris pourquoi elle a employé cette technique mais moi j’ai été très déçue. Alors que l’histoire et les personnages sont bien travaillés, les dessins sont moches. C’est vraiment dommage.

En tout cas, à la fin de ma lecture je n’ai eu qu’une envie, écouter la voix de Mama Cass !

Le rêve du papillon, de Richard Marazano et Yin Luo

Cette BD comprend quatre tomes :

  • 1. Lapins sur la Lune
  • 2. Stupides ! Stupides espions !
  • 3. Les ficelles du cordonnier
  • 4. Hamter au printemps

Pourquoi cette BD ?

Les premières de couvertures m’ont complétement conquises. Elles sont très belles et ne donnent qu’une envie : ouvrir l’album !


Résumé

Lors d’une sortie en montagne, Tutu, une jeune adolescente se perd. Frigorifiée, elle se réfugie dans une caverne et s’endort. A son réveil, elle se retrouve dans un monde complétement farfelu : les animaux parlent et mènent une vie d’humains alors que les enfants sont complètement mis à l’écart. L’empereur de ce monde se méfie de Tutu et l’affuble d’une bande de lapins espions qui vont la suivre partout !

Avis

Cette BD est une vraie merveille ! Tout d’abord, les dessins sont magnifiques. Ils sont PlancheA_217796précis et s’attardent sur les moindres détails. Ils sont sublimés par les couleurs très vives qui animent parfaitement ce monde hors du commun. La dessinatrice s’est inspirée de la Chine pour ses illustrations. Mais cette référence est subtile. C’est une BD classique. Cela permettra aux plus jeunes de bien suivre l’histoire.

L’univers dans lequel se place la BD est complétement inventé. Et quelle imagination ! Nous sommes dans une ville habitée par des animaux. Ceux-ci se mouvent et parlent comme des humains. Tutu va en rencontrer plusieurs tout au long de son aventure. Tout d’abord des lapins. Les rongeurs sont les espions de l’empereur / dictateur. Mais ils ne sont pas très doués et se mettent souvent dans des situations des plus cocasses. De vrais Charlie Chaplin ! Leur maladresse les rend terriblement attachants. Ils n’effraient pas du tout Tutu qui est souvent bien obligée de les aider et de couvrir leurs arrières. Ce sont les personnages les plus drôles de cet univers. Ils permettent au lecteur de rire et de relâcher la tension qui court tout au long de la BD. En effet, on a souvent très peur pour Tutu.

PlancheA_121573Elle rencontre ensuite, sur son lieu de travail, un panda. Ce panda la prend sous son aile et l’aide à appréhender ce lieu où elle est obligée d’aller travailler. Il incarne un peu le rôle de grand-frère / père pour Tutu. L’auteur joue avec l’image du panda : à la fois protecteur et gentil mais aussi très grand et très costaud.

Elle rencontre également un chat. C’est d’ailleurs le seul chat de l’histoire. Il veut aider Tutu à rentrer chez elle. Il est l’assistant d’un personnage très mystérieux : le cerf volant. Lui est un révolutionnaire. Il ne supporte plus la cruauté du dictateur de leur ville qui leur impose de vivre constamment en hiver. Ce personnage induit deux thèmes très intéressants dans une BD pour les plus jeunes : la dictature et la résistance. Comment résister à la folie de son dirigeant ? Ce personnage, comme dans la réalité, apporte à la fois de l’espoir et de la peur au peuple. Il ne sait pas s’il doit suivre le résistant et désobéir au dirigeant ou redouter ce personnage qui est dénoncé par leur dictateur. Les autres animaux essayent de vivre. Tutu ne comprend pas cette situation. Elle décide de se rebeller. Elle, n’est pas née dans cette vallée. Elle n’a donc pas été embrigadée par le dictateur. Et c’est là que l’histoire devient trop simpliste car Tutu va se dresser contre l’empereur. Et malgré la colère de celui-ci, rien ne se passe pour la petite fille. Elle peut mener sa rébellion à bien. Le dictateur est souvent dépeint comme un personnage ridicule. L’auteur prend beaucoup de plaisir à se moquer de lui. Tutu lui est clairement supérieur. Il aurait été bien d’expliquer aux enfants qu’il n’est pas évident de se rebeller car là, on se demande vraiment pourquoi personne ne fait rien.

L’histoire avance petit à petit à travers les quatre tomes. Tout est cohérent. Elle est PlancheA_167012parfaitement menée. L’auteur savait exactement où il voulait emmener Tutu. Je ne me suis jamais ennuyée à la lecture de cette série car à chaque tome son rebondissement. Il y a également beaucoup d’actions qui réussissent à nous tenir en haleine jusqu’au bout ! Cependant, la résolution est beaucoup trop rapide. En quelques pages c’est réglé. Mais la toute fin m’a scotchée. Je ne m’y attendais pas du tout. Par contre, pour que les enfants la comprennent, il faut, à mon avis, qu’ils soient accompagnés.

Une très belle BD qu’il faut lire absolument !

Emily

Le coin BD (2)

235131_cLe grand méchant renard, de Benjamin Renner

Résumé

Un renard tout chétif a faim. Il s’introduit donc dans le poulailler pour manger une poule. Mais personne n’a peur de lui : il se fait rosser par la poule, railler par le chien et le cochon et le lapin ont pitié de lui. Il demande alors conseil au loup qui va lui suggérer de voler des œufs dans l’optique de manger les poussins qui en sortiront.

Avis

Quel plaisir cette BD ! Elle a reçu le Fauve d’or jeunesse au dernier festival d’Angoulême et je comprends pourquoi. Mais cette BD ne plaira qu’aux plus jeunes, elle convient à tout le monde.

L’histoire est juste tordante ! Un renard pas très doué devient « la maman » de trois petitstumblr_nibsw62HUm1rb1rgoo7_1280 poussins. Déjà, le personnage du renard est excellent. Le pauvre fait rire les lecteurs à ses dépends. Il accumule les situations à son désavantage. Lorsqu’il devient « la maman » des petits poussins alors qu’à la base il voulait les manger, il devient très touchant. Les scènes où le renard joue au « grand méchant renard » avec les poussins sont à la fois adorables et très drôles. Certes la fin est très convenue puisque tout est bien qui finit bien, mais jusqu’au bout on rit avec ces quatre héros hors du commun.

Les dessins sont très beaux. Ils sont faits au pinceau dans les mêmes tonalités tout au long du récit. Les textes sont écrits à la main d’une très belle écriture. La mise en page est à la fois classique puisque l’histoire est racontée dans des bandes tout au long des planches, mais à la fois originale puisqu’il n’y a ni cases, ni bulles.

Une BD qu’il faut lire absolument et qui vous fera passer un très bon moment !

 

Couv_199988Sherlock Holmes, La BD dont vous êtes le héros, Livre 1, de Ced

Plus jeune, j’ai lu plusieurs livres dont vous êtes le héros. Mais pas les livres de science fiction ou de fantasy comme « Loup solitaire », les Sherlock Holmes ! J’ai passé des heures à mener l’enquête au fil des pages. J’adorais ça. Du coup, j’ai été très emballée quand j’ai trouvé cette BD à la médiathèque. Je connaissais déjà l’adaptation du concept en BD mais je ne savais pas qu’il existait une version en Sherlock Holmes.

Résumé

Un écrivain très connu est mort. Tout porte à croire qu’il s’agit d’un suicide mais Lestrade en doute. Il confie donc l’affaire à Holmes qui décide de former Watson. C’est ce dernier (et donc le lecteur) qui va mener l’enquête.

Avis

Le concept est tout simplement génial ! Il est le même que pour le livre dont vous êtes le héros. C’est le lecteur qui fait avancer l’histoire au grès de ses décisions. Et puisqu’il s’agit d’une enquête policière au format BD, le concept a été exploité à fond. Ainsi, il faut observer attentivement les dessins pour trouver des indices, choisir son chemin pour les filatures ou les courses poursuites et interroger les suspects.

Les dessins sont d’ailleurs très beaux. Ced a pris beaucoup de soin à leur réalisation. Les couleurs sont vives et chaudes et s’appliquent tout à fait à l’univers de Sherlock Holmes.

Par contre, les mécaniques de jeu ne sont pas maîtrisées parfaitement par l’auteur. J’en aiPlancheA_199988 été très frustrée. En effet, j’ai respecté la règle du jeu, je ne suis jamais retournée en arrière et du coup, j’ai loupé une grande partie de l’histoire ! Je m’explique : à certains moments il faut faire des choix, par exemple suivre l’un des suspects. Du coup, même si on apprend beaucoup de choses, le fait de ne pouvoir suivre qu’un personnage occulte toute une partie de l’histoire. De même lors d’une filature, si on prend un mauvais chemin on ne peut pas revenir en arrière. Du coup, même si j’avais un peu compris les tenants et aboutissants de l’histoire, au moment de la résolution de l’énigme, des choix s’offraient à moi sans que j’ai la moindre idée de ce que je devais faire (j’ai quand même réussi mais je me suis surtout demandé ce que l’auteur attendait de nous et non comment l’enquête pourrait être résolue). Quant à la révélation finale, rien ne m’avait amené à cela. Je suis complétement passée à côté. C’est vraiment dommage. J’ai du tricher et revenir en arrière sur certains choix pour mieux comprendre l’histoire.

Du coup, j’ai peur que ça ne décourage les plus jeunes.

Je lirai quand même les deux autres tomes car le principe m’a vraiment plu !

 

couvertureAu revoir là haut, de Pierre Lemaitre et Christian de Metter

Adaptation BD du roman du même nom de Pierre Lemaitre. Je n’avais pas lu le roman mais je le regrette car l’histoire est passionnante.

Quatrième de couverture

Albert et Edouard sont des survivants de la Grande Guerre. Encombrants pour cette société qui veut oublier l’horreur, ils tentent de survivre tant bien que mal. Las d’être laissés pour compte, ces deux héros trop vite oubliés imaginent une arnaque aussi cynique qu’audacieuse, défiant le patriotisme français.

Avis

J’ai adoré cette BD ! L’histoire est très bien menée. On s’attache énormément aux personnages. Ces deux anciens poilus sont très touchants. Ils tentent de survivre en montant une arnaque. En parallèle nous suivons l’histoire de leur ancien sergent, un pourri qui a monté une arnaque aux enterrements des anciens combattants. Les deux arlh-p-83okhistoires mises en parallèle soulignent  les caractères des personnages. Le sergent arnaque pour gagner de l’argent et n’hésite pas à menacer ceux qui travaillent pour lui, les deux anciens poilus arnaquent aussi pour de l’argent mais surtout pour s’enfuir loin de tout et surtout des souvenirs de guerre.

Malheureusement, je trouve que l’histoire va trop vite. Le livre de Pierre Lemaitre est dense et il a surement fallu faire des coupes. Du coup, je regrette de ne pas avoir lu le livre en premier. Et maintenant que je connais toute l’histoire, je n’ai plus du tout envie de le lire. Je recommande donc d’abord de lire le livre avant la BD.

Emily

Le coin BD (1)

hector-01-manigances-et-coups-tordusHector 01. Manigances et Coups tordus, de Marc Dubuisson et Régis Donsimoni

Résumé :

Luce ouvre ses cadeaux de Noël. Bien qu’ayant demandé une encyclopédie, ses deux papas lui offrent un drôle d’animal qui parle. Celui-ci met les choses au clair directement : son ambition est de conquérir le monde !

Avis :

Cette BD est composée de mini-strips de quelques cases. J’aime beaucoup ce format qui est pourtant l’un des plus compliqué : il faut faire rire en un minimum de cases. Et même si je ne suis pas le public cible des auteurs (la BD s’adresse aux enfants du primaire) c’est complétement raté ! Je n’ai pas rigolé une seule fois. Les gags tombent souvent à plat. Pourtant l’histoire de base est drôle en elle-même : une peluche adorable qui veut conquérir le monde mais qui bien sûr, n’y arrive jamais. Mais il manque un petit quelque chose pour faire rire. Peut-être a-t-on trop vu ce genre d’histoire, c’est trop attendu.

Dommage car les dessins sont magnifiques !

Seul détail qui m’a beaucoup plu dans cette BD, Luce a deux papas et cela est tout à fait normal. Je pense que c’est un excellent support pour répondre à la question pourquoi elle a deux papas et pas de maman ?

Une petite déception pour ce titre qui aurait pu sortir du lot.

9782203396210Kiki de Montparnasse, de Catel et Bocquet

Résumé

Biographie de la fantasque Kiki, muse des plus grands artistes du début du XXe siècle.

Avis

Je ne connaissais pas du tout l’histoire de Kiki, née Alice Prin. Je me souvenais avoir vu des photos mais mon expérience avec cette artiste s’arrêtait là. J’ai donc pris beaucoup de plaisir à découvrir la vie hors norme de cette femme du début du XXe siècle. Les auteurs ont retracé sa vie tumultueuse à travers plusieurs étapes clés de son existence. Ainsi, on apprend qu’elle est née d’une mère célibataire (bien que son père habite le même village). Elle est élevée par sa grand-mère, une femme formidable, avec ses cousins et cousines. Sa mère la rappelle à Paris pour faire son éducation mais elle la quitte très vite et découvre le côté artiste et sensuel de Paris. Elle se fait connaître comme modèle et devient la muse de beaucoup d’artistes : Modigliani, Duchamp, Desnos, Picasso, Cocteau, Aragon, Foujita et Man Ray.

J’ai adoré voir le Paris du début du XXe siècle : les fêtes, l’art, les abus en tout genre… La langue du titi parisien est si réjouissante à lire ! Cette femme m’a également fascinée. Elle n’avait pas froid aux yeux et assumait pleinement son statut de muse, n’en déplaise aux bonnes gens et aux bonnes mœurs. Ces histoires d’amour mouvementées l’ont forgée et guidée dans la vie. Comme toutes les grandes artistes de cette époque, c’était également une femme très ambigüe, tantôt adorable, tantôt énervante, tantôt enfant qu’on doit consoler, tantôt femme fatale à qui on ne peut pas résister. Et cette fin horrible pour une femme qui fut si belle et si adulée !

Par contre, je n’ai pas adhéré au style du dessin que j’ai trouvé trop grossier. Cela m’a gâché un peu le plaisir de ma lecture à certains moments.
Le petit plus très appréciable à la fin de la BD : les biographies des personnages que l’on croise.

A lire de tout urgence !

51VO1yqhphL._SX393_BO1,204,203,200_Les cahiers d’Esther, de Riad Satouf

Résumé :

Esther est une petite fille de 10 ans. Elle nous raconte son quotidien à l’école et à la maison.

Avis :

Je dois être en France la seule personne qui n’aime pas les BD de Riad Satouf. Je n’ai pas du tout aimé La vie secrète des jeunes que j’ai trouvé hyper stéréotypé et sans intérêt scénaristique. J’ai quand même voulu essayé de lire cet album car le projet est très intéressant. Faire 1 BD par an. Ainsi il y aura 8 tomes jusqu’aux 18 ans d’Esther.

Et bien non, je n’ai encore une fois pas adhéré à cette BD !

L’album regroupe des strips d’une planche qui ont été pré-publié dans un journal. Je comprends que lorsqu’on publie dans un journal on soit obligé de préciser à chaque fois qui sont les personnages car les lecteurs n’ont peut-être pas suivi toutes les publications. Mais ici, dans un album, pourquoi nous préciser à chaque page la fonction des personnages (ici c’est mon frère, il est con, là c’est mon père que j’aime d’amour…). C’est d’une lourdeur extrême. De plus, la BD est bourrée de stéréotypes stupides surtout sur les filles et les garçons. Je comprends bien qu’à cet âge la demi-mesure n’existe pas, mais nous, nous sommes des adultes. Ces stéréotypes de genre sont insupportables. Les personnages ne sont pas du tout subtiles. Moi qui suit enseignante, je peux vous assurer que même les plus jeunes ne voient pas tout en blanc ou en noir. Ils perçoivent aussi le gris… Du coup, je n’ai pas du tout envie de faire lire cette BD à des enfants qui eux, sans regard critique, pourraient assimiler ces stéréotypes stupides. Même si, étant si lourds, ils les remarqueraient sans doute.

Les histoires sont toutefois rigolotes. Même si je trouve que cette petite fille et ses ami(e)s sont très matures pour leur âge. Leurs histoires et leur vocabulaire s’apparentent plutôt à des 4e. Mais puisqu’il s’agit d’histoires vraies…

J’ai acheté L’arabe du futur pour le CDI. Je la lirais quand-même pour essayer de me réconcilier avec cet auteur…

Ana Ana tome 1 à 6, de Dominique Roques et Alexis Dormal

Pourquoi ce livre ?

En 2008, je suis tombée folle amoureuse de la BD Pico Bogue. Depuis, je m’achète ou me fait offrir tous les tomes. J’aime le côté décalé du langage adulte dans des situations d’enfants. Alors, quand mon amoureux a vu que Dominique Roques et Alexis Dormal se lançaient dans une nouvelle série, il a commencé à m’offrir les BD. C’est devenu une petite tradition. J’ai régulièrement un tome d’Ana Ana en cadeau. En plus, cerise sur le gâteau, les auteurs sont mère et fils. J’aime l’idée que mes BD préférées soit une affaire de famille.

Résumé

Ana Ana est la petite sœur de Pico Bogue. C’est une petite demoiselle plein d’imagination. Ainsi dans le monde d’Ana Ana, ses doudous parlent et vivent plein d’aventures !
Tome 1 : Douce nuit. Il est déjà bien tard, et Ana Ana est encore en train de lire. Ses parents lui ont pourtant demandé d’éteindre la lumière depuis longtemps. Ses doudous, d’ailleurs, aimeraient bien dormir. Mais la petite fille, un brin tyrannique, n’éteint pas sa lampe…
Tome 2Déluge de chocolat. Pingpong le pingouin a une faim de loup ! Ana Ana décide alors d’apprendre à ses doudous à faire un gâteau au chocolat. Mais il n’est pas toujours facile de cuisiner à plusieurs…
Tome 3Une virée à la mer. Ana Ana emmène ses peluches à la découverte de la mer. Et 20130128134553_t2pour une fois, personne ne parle ! Tous écoutent le bruit des vagues… jusqu’à ce que la petite fille lance la joyeuse troupe à l’assaut de la plage : baignades, jeux sur le sable, goûter, qu’il est bon d’être tous ensemble !
Tome 4Les Champions du désordre. Dehors, il pleut. Alors, Ana Ana et ses doudous – Touffe de poils, Grizzou, Pingpong, Zigzag, Goupille, Baleineau – transforment la chambre de la petite fille en un formidable terrain de jeu… Jusqu’au moment où Ana Ana, prise de panique, se lance dans un grand rangement dévastateur.
Tome 5Super-héros en herbe. Ana Ana et ses doudous jouent à la balle dans le jardin. Mais Pingpong le Pingouin est le seul d’entre eux à savoir voler : c’est pas du jeu ! Un vent de révolte souffle alors dans les rangs… Ana Ana va devoir prendre les choses en main !
Tome 6Tous au bain ! Les doudous sont sales. Ana Ana fait couler un bain. Personne ne veut y entrer pour se laver ! Ana Ana va devoir trouver des stratagèmes pour que ses doudous se lavent.

Avis

album-page-large-27469Ces petites BD sont les objets parfaits pour initier les plus petits à ce genre particulier de la bande dessinée.

Tout d’abord parce que le personnage principal est une petite fille de 4-5 ans. Contrairement à son personnage dans Pico Bogue, elle ne s’exprime pas comme une adulte. Elle est une petite fille normale. Même si l’héroïne est une fille, je pense que les petits garçons pourront quand même s’identifier au personnage.

Ensuite parce que c’est une BD tout à fait classique. L’enfant comprend naturellement l’ordre dans lequel l’histoire doit se lire. J’ai moi-même lu la BD à une jeune fille de 4 ans et je n’ai pas eu à tout le temps montrer à quelle case j’en étais. Elle comprenais d’elle même la logique. En plus, le dessin est tout simplement magnifique ! J’aime tellement le style aquarelle d’Alexis Dormal. Les illustrations sont à la fois floues comme une aquarelle et précis comme du crayonné. Les paysages sont somptueux. Les enfants seront sensibles à leur beauté.

Enfin, les histoires sont très drôles. Ana Ana est une petite demoiselle qui a son caractère. album-page-large-25915Et une imagination folle. Une fois seule avec ses doudous, ceux-ci prennent vie et jouent avec elle. Mais sous leur air fantasque, les histoires sont bien réfléchies pour apprendre des choses aux petits. Toutes les histoires sont ancrées dans le quotidien. Les doudous font souvent office de voix de la raison pour calmer Ana Ana, et quand ce sont les doudous qui font des bêtises, c’est au tour d’Ana Ana de les recadrer. Avec cette BD, les petits comprendront l’importance de prendre un bain, de ranger ses affaires, de se coucher tôt, etc. C’est très bien pensé.

A mettre entre toutes les petites mains !

Emily