Couleurs de l’incendie, Pierre Lemaitre

Pourquoi ce livre ?CVT_Couleurs-de-lincendie_5803

J’ai tellement aimé Au revoir là-haut, qu’il était inconcevable de ne pas lire la suite !

Résumé :

Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement.
Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.

Mon avis

J’aime énormément la plume de Pierre Lemaitre. Elle est exigeante mais reste fluide et facile à lire. J’ai avalé les 544 pages en quatre jours !

J’ai été assez surprise des critiques qui décrivaient ce roman comme un roman féministe et engagé pour la cause des femmes. J’ai trouvé que c’était exagéré. Bien sûr, Madeleine évolue tout au long du roman. Elle commence par être une mère éplorée pour finir en femme sûre d’elle. Cependant pour l’aider dans sa vengeance, elle s’en remet finalement à un homme.
La condition des femmes du début du XXe siècle est très bien évoquée. A travers Madeleine, mais aussi sa tante, femme au foyer dévouée à son mari, Léonce,une femme libre ou encore les domestiques que l’ont croise un peu partout. Oui, certes, mais ces conditions ont changé aujourd’hui.

Je me suis cependant totalement identifiée à Madeleine, mais parce qu’elle est mère. Ses sentiments sont intemporels ! Et justement les plus grandes épreuves qu’elle doit affronter sont ceux qui mettent en question son fils. J’ai tellement souffert avec elle ! Je ne m’y attendais pas du tout. J’ai eu beaucoup de mal à l’accepter.

Nous souffrons également avec Paul, son fils. La scène d’ouverture du roman est insoutenable. Paul saute volontairement par la fenêtre. Il n’est alors âgé que de sept ans. Cette première scène est encore plus dure que celle de Au revoir là-haut. Elle annonce vraiment la suite du roman. Un texte plus noir et beaucoup moins drôle que le précédent. C’est vraiment dommage car l’humour était un point fort.

Mais Pierre Lemaitre nous captive à chaque page. La magie de son écriture nous emmène. Les différentes histoires entremêlées sont bien menées et nous tiennent en haleine.

Je continue à découvrir la société du début du XXe siècle et j’en suis toujours aussi abasourdie. Par les politiciens d’abord. Nous revenons vraiment de loin ! Tous pourris et sans aucune moralité. Par l’état d’esprit qui régnait à cette époque : la Seconde Guerre Mondiale, la montée du fascisme ou encore l’arrivée d’Hitler au pouvoir. J’ai beaucoup aimé assister à tous ces grands événements de l’histoire à travers les yeux des français. Pierre Lemaitre semble se délecter de ses ajouts historiques. Et nous aussi !

Vous l’aurez compris, j’ai hâte de lire le tome trois !

Emily

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Y a pas de héros dans ma famille, Jo Witek

Pourquoi ce livre ?41I2XLDQNvL._SX210_

J’ai beaucoup aimé Mentine du même auteur. J’avais très envie de lire un autre roman d’elle.

Résumé :

Jusque là tout était clair dans sa tête. À la maison, il était Mo, parfois aussi Tit’tête ou bouffon à lunettes. À l’école, c’était Maurice Dambek. Chez lui, à l’étroit dans le petit appartement, ça parlait fort par-dessus la télé et ça disait des gros mots (pour être tranquille, Mo fait ses devoirs dans la baignoire !). En classe, on se tenait correctement et on parlait comme dans les livres. Ses deux vies étaient bien distinctes, il suffisait de ne pas se tromper de langage. Mais, un jour, Mo découvre la maison de son ami Hippolyte et le mur de photos dans le salon, où sont exposés tous les gens connus de la famille – un grand médecin humanitaire, un écrivain, un acteur de la Comédie française et même un prix Nobel ! À partir de ce moment, Mo commence à s’éloigner et à avoir honte de sa famille déglinguée, où il n’y a aucun héros, que des zéros. Mais dans un vieil album de famille, il va faire une découverte…

Avis :

Je me suis énormément attachée aux différents personnages. Et pourtant, ce n’étais pas gagné d’avance. S’il est très facile d’éprouver de la sympathie pour Maurice, le petit héros de 10 ans, pour sa famille il en est autrement ! En gros, Mo grandit  dans une famille de « beaufs » de banlieue. Il est très désagréable d’imaginer ce petit bonhomme dans une telle famille ; du bruit, de la vulgarité, la galère, les trafics de banlieue… Tout cet univers me fait horreur ! Imaginer Mo essayant de lire ou faire ses devoirs dans la baignoire pour avoir un peu de tranquillité me met les larmes aux yeux !

Mais de cela, Maurice n’en a pas conscience. Il l’aime sa famille. Puis, un copain va tout faire basculer. Le garçon va alors entreprendre une réflexion initiatique. Sa famille n’est pas aussi bien qu’il le pensait. Nous souffrons à ses côtés et n’avons qu’une idée en tête, prendre la défense de ses proches !

Enfin, Jo Witek nous montre l’essentiel : cette famille n’est pas parfaite, mais elle s’aime ! Mo est entouré d’amour. Toute cette réflexion va les amener à être encore plus soudés et à grandir.

Et finalement, qui suis-je pour juger cette famille. Oui, elle ne ressemble pas à ce que je suis mais on s’en fiche !

Jo Witek signe ici un livre très beau. Je ne m’attendais pas du tout à être autant émue à la fin !

Emily

Agatha Raisin enquête, tome 1 : La quiche fatale, M.C. Beaton

Pourquoi ce livre ? 51TXlwfH7OL._SX210_

Dans la même logique que Au petit bonheur la chance, j’avais envie d’une lecture légère, qui me repose et me distrait pendant mes vacances. Ce roman policier était le roman parfait !

Résumé

Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme.
Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur.
Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

Avis

Ce livre est parfait pour les amateurs (comme moi) de L’inspecteur Barnaby. Les deux se ressemblent tellement que le roman pourrait être adapté dans la série.

Le lieu tout d’abord : la campagne anglaise non loin de Londres. L’auteur use de tous les charmes (et stéréotypes) pour nous retranscrire la vie retirée d’Agatha. Les pubs, les cottages, les habitants un peu péquenots mais attachants, etc. Cela a beau être totalement exagéré, j’adore ! Les stéréotypes de la campagne anglaise ont tellement de charme ! En lisant, j’avais l’impression de regarder un de ces tableaux kitchs que l’on nous propose souvent de faire en puzzle. C’est totalement dépaysant !

Le personnage principal n’est pas très attachant. Je pense que c’est totalement assumé par l’auteur qui avait déjà prévu, en écrivant ce roman, qu’il y aurait des suites. Agatha est une femme d’affaire qui se retire à la campagne. Elle est rempli d’a priori et agit le plus souvent comme une femme de Londres. Elle va cependant progressivement succomber au charme de sa ville d’accueil et de ses habitants. Ce n’est qu’à la fin qu’elle devient sympathique aux yeux du lecteur.

Le récit est lent. Finalement, même s’il y a une enquête policière, il ne se passe pas grand chose dans ce roman. Mais c’est justement la lenteur à la Barnaby qui me plaît. A l’image d’un bon Maigret, l’auteur prend le temps d’installer son enquêtrice dans son environnement. Il lui laisse le temps de comprendre et enfin d’agir. Les indices sont disséminés tout au long du roman et je n’avais pas trouvé immédiatement le meurtrier (ce qui m’exaspère dans certains romans policiers).

Un petit roman très agréable. Même si je ne pense pas lire les autres tomes, j’ai apprécié celui-ci.

Emily

Le coin BD (3)

album-cover-large-23827Le château des étoiles, T1 et 2, d’Alex Alice

Résumé :

Au milieu du 19e siècle, la conquête de l’espace a commencé. Grâce à une montgolfière, une jeune femme va prouver l’existence de l’éther. Malheureusement, son ballon explose. Son journal est retrouvé par le roi d’Autriche qui prend contact avec le mari et le fils de la scientifique. Lui aussi veut conquérir les étoiles grâce à l’éther. Une grande aventure va alors commencer.

Avis :

Cette BD est une uchronie steam punk très plaisante. Uchronie car l’auteur imagine un passé capable de voyager dans les étoiles. Steam punk car la BD est remplie de technologie et d’inventions plus folles les unes que les autres. L’auteur se base sur l’idée que notre atmosphère est faite d' »éther ». Une idée développée déjà à l’Antiquité par Aristote. En effet, nos ancêtres n’ont cessé de chercher à comprendre notre monde. L’éther était une théorie que nous sommes capable de réfuter aujourd’hui. Et justement, j’ai peur que si cette BD est destinée aux plus jeunes, ils ne soient pas dans la possibilité de démêler le vrai du faux. C’est souvent le risque avec l’uchronie.

Les personnages principaux, deux jeunes garçons et une jeune fille, sont vraiment cde_-_couv_vol2_hd_ok.jpgattachants et drôles. Le personnage de Hans est espiègle à souhait. Ils vivent une aventure extraordinaire.

Le premier tome pose le décor et la situation. Le second tome est rempli de rebondissements et d’action.

Le dessin est magnifique. Il est très délicat. Les couleurs, tantôt pastels, tantôt vives, soulignent l’action.

Cette BD est une bonne découverte mais je ne pense pas qu’il soit judicieux de la mettre entre les mains des plus jeunes.

 

54dac6ceDessus, Dessous, de Dawid et Delphine Cuveale

Résumé :

Un père de famille découvre que son jardin est détruit par une petite taupe. Il décide donc de s’en débarrasser. Mais tous ses plans sont déjoués par ses enfants, une petite fille et un petit garçon.

Avis :

J’ai adoré cette BD ! Tout d’abord grâce à sa mise en page. Très souvent, la page est partagée entre ce qui se passe sur la terre et ce qui se passe sous-terre. Nous voyons en parallèle ce que font les humains et ce que fait la petite taupe. Ce système est très ingénieux et permet au premier coup d’œil à l’enfant de comprendre l’histoire.

Cette BD n’a pas de texte. Elle n’en a d’ailleurs pas besoin tant les dessins sont explicites. Les couleurs sont magnifiques. Le bas tout en nuance marron tranche fortement avec le haut aux couleurs claires. Les personnages sont divinement bien dessinés.

Les caractères des personnages sont bien travaillés et assez caricaturaux. En effet, faute de dessusdessous03texte, il faut que les tous-petits comprennent l’histoire. Ainsi, au premier coup d’œil, on se rend compte que le papa, dessiné tout en rondeurs avec un gros nez et de gros sourcils, n’est pas très gentil. Les enfants sont très mignons. Ils sourient et sont joyeux. Quant à la petite taupe, elle est tout à fait adorable. On croise les doigts pour que les enfants la sauve !

Enfin, cette BD est très drôle. On se réjouit de voir tous les plans du père échoués. Et le final est hilarant ! Je recommande cette BD pour une première découverte de ce genre. Elle promet de bons moments de lecture pour les tous-petits qui ne savent pas encore lire.

 

A65758_0.jpgCalifornia dreamin’, de Pénélope Bagieu

Résumé :

Biographie tantôt imaginée, tantôt documentée de Mama Cass, chanteuse du célèbre groupe « The Mamas & The Papas ».

Avis :

Cette BD m’a vraiment étonnée. Tout d’abord par son thème. Je n’avais pas vu qu’il s’agissait d’une biographie. J’ai vraiment accroché avec le personnage de Mama Cass. C’est d’abord une jeune fille / femme pleine de vie. Sa méthode de défense face aux critiques est l’humour. C’est une jeune femme très drôle. Elle est entière et vie totalement ses sentiments. Quand elle est amoureuse c’est à la folie sinon rien. Elle m’a à la fois vraiment attendrie et vraiment énervée. Elle a un caractère horrible.

La narration est très originale. Le récit n’est jamais évoqué du point de vue de Mama Cass.bedetheque-ideale-97-belle-etude-de-cass-signee-penelope-bagieu,M254585 A chaque chapitre il change et c’est à travers les personnages secondaires (sa famille ou ses amis) que l’on découvre l’histoire de cette sacrée femme. Du coup, on est présent dans tous les moments les plus importants, de son anniversaire à l’évolution de sa carrière.

Le dessin m’a vraiment surprise. Pénélope Bagieu ne dessine pas du tout comme ça dans ses autres BD. Les dessins sont crayonnés. Ils sont très brouillons et donnent l’impression d’être flous. Je n’ai pas compris pourquoi elle a employé cette technique mais moi j’ai été très déçue. Alors que l’histoire et les personnages sont bien travaillés, les dessins sont moches. C’est vraiment dommage.

En tout cas, à la fin de ma lecture je n’ai eu qu’une envie, écouter la voix de Mama Cass !

Un été au Kansai, de Romain Slocombe

892422Pourquoi ce livre ?

J’ai découvert ce livre sur le blog de Luocine. Sa chronique m’a donné très envie de le lire. En effet, le roman mélange deux thèmes que j’aime particulièrement : le Japon et l’histoire. J’étais donc très curieuse de découvrir ce texte.

Résumé :

Un journaliste allemand enquête sur d’anciens criminels nazis. Il s’intéresse à Friedrich Kessler, en poste à l’ambassade allemande au Japon pendant la Seconde Guerre Mondiale. Sa sœur confie au journaliste les lettres qu’il lui a envoyé tout au long de  ces années pour l’aider à mieux comprendre qui il était. On découvre alors un homme délicat, sensible à la culture japonaise qui oscille entre la critique et l’approbation du parti nazi.

Avis :

Ce  livre est pour moi l’image même du fait que la vie n’est pas noire ou blanche. C’est d’ailleurs ce que j’ai préféré dans le roman. Le personnage principal du roman n’est pas un nazi tel que nous français, nous nous les représentons. Il doute souvent du bien fondé de la politique du parti nazi tout en l’approuvant et surtout tout en restant patriote.

A travers ses lettres, plusieurs thèmes sont évoqués. Le premier est bien évidemment la vie au Japon. Même si l’auteur reste dans les clichés (les temples, les geishas…) il est très plaisant de se plonger dans le quotidien des japonais. Friedrich découvre la culture à travers son regard d’européen. Il enchaîne les regards amusés ou les regards affligés. Il découvre également l’art à travers les estampes d’Hiroshige.
Le second thème est le quotidien d’un allemand en pays étranger. On découvre la vie dans une ambassade : les querelles pour le pouvoir, les amitiés et surtout la vie entre expatriés. Même à l’autre bout du monde, Friedrich et ses compatriotes se sentent supérieurs au monde entier et particulièrement aux japonais. Il rencontre de « vrais » nazis qui tiennent des propos insupportables.
Le troisième thème est la guerre. Évidemment, les japonais sont engagés avec l’axe. Il est très intéressant de voir comment la population réagit à la guerre. Les japonais (comme les allemands) sont complétement embrigadés et n’imaginent pas un instant perdre. C’est la situation géographique qui leur fait croire qu’il n’y aura pas d’attaque sur leur sol. Ainsi, on apprend par exemple, qu’il n’y a quasiment aucun abris souterrain et qu’il est recommandé de se cacher dans les placards en cas d’attaque aérienne ! Les scènes d’attaque sont décrites dans les moindres détails et il est parfois difficile de continuer sa lecture.

Le fait que ce roman soit épistolaire, écrit à la première personne, nous permet de nous identifier complètement au personnage de Friedrich. Par contre, l’auteur a voulu faire un parallèle entre la situation à Tokyo et celle à Berlin. Du coup, il a intégré dans les lettres des reprises des mots de la sœur de Friedrich (nous ne lisons jamais ses lettres à elle) et de ce fait, cela sonne faux. C’est vraiment trop artificiel. Pourtant, l’idée de comparer les deux pays en guerre dans leurs tourments était une très bonne idée. C’est dommage.

Certaines lettres m’ont profondément émue mais d’autres profondément ennuyée. J’ai trouvé ce livre très inégal.

Malgré ces petits bémols, je ressors de cette lecture en ayant l’impression d’avoir partagé le quotidien des japonais pendant la guerre. J’ai appris un volet de notre histoire qui est rarement évoqué dans les pays vainqueurs. Et pourtant, avec le recul que l’on a aujourd’hui, il m’apparaît qu’un tel roman est essentiel. Tous les pays engagés dans la guerre ont souffert et il est important de le rappeler.

Extrait :

« Savez-vous, Friedrich, ce que mon fils m’écrit dans sa dernière lettre ? « Un jour que j’étais allongé sur le ventre en forêt, sous un feu d’artillerie nourri, un oiseau s’est mis à chanter au-dessus de ma tête… Je haïssais cet oiseau. Je pensais qu’il continuerait à chanter pendant que moi, j’allais mourir sur place… » Je sais ce que mon fils ressent. Dans ces moments-là, on veut vivre, seulement vivre, rien que vivre. Mais au fond de mon cœur j’ai la certitude qu’il ne reviendra pas. »

Emily

Océania T1 La prophétie des oiseaux, d’Hélène Montardre

montardre-helene-oceania-tome-1-la-prophetie-des-oiseaux-livre-896252002_LPourquoi ce livre ?

Lors de mon année de stage dans un petit collège de la campagne alsacienne, j’ai suivi les conseils du BlOg-O-nOisettes et j’ai envoyé des demandes de don aux éditeurs de roman jeunesse. J’ai reçu, entre autre, des posters magnifiques de ce roman. Comme je ne l’avais pas dans mon fonds, je les ai remisés dans un placard. Quand j’ai vu le roman sur les étagères de la médiathèque, cela m’a rappelé de bons souvenirs et c’est avec la nostalgie alsacienne que je l’ai emprunté.

Résumé :

Flavia, une jeune fille de 6 ans, vit sur la côte atlantique avec son grand-père. Depuis quelques années, le climat de la planète est complètement détraqué. La fonte des glaces est en train de déstabiliser le monde entier. Le grand-père de Flavia est un guetteur. Depuis toujours, il veille sur l’océan. Au moment où le roman commence, il sent que la situation se complique. Il envoie alors sa petite fille aux États-Unis où les pouvoirs publics ont construit une énorme digue pour protéger leurs côtes. Mais, de rencontres en rencontres, Flavia va se rendre compte que les grands décideurs de ce monde cachent la vérité au peuple. Mais de quelle vérité s’agit-il ?

Avis :

Ce livre est une dystopie tout à fait différente de ce qu’on peut lire aujourd’hui en littérature jeunesse / ado. On est très loin de Hunger games ou de Labyrinthe ! Ce roman se déroule dans un futur proche (la date n’est jamais évoquée). La proximité avec notre époque rend très crédible le contexte du texte. De plus, ici pas de technologie ultra moderne ou de recul scientifique. Nous somme vraiment dans une recherche de réalisme.

Ce roman est également un texte écologiste. En effet, la fonte des glaces des pôles a lieu. Le continent européen est en sursis et risque à tout moment d’être englouti. Les causes ne sont pas évoquées mais on imagine aisément que le réchauffement de la planète n’y est pas étranger. Même si ce n’est pas beaucoup décrit, je trouve que la réaction des pouvoirs publics et de la population est très réaliste. Les dirigeants ont soit ignoré la réalité, soit été incapables de réagir. Il n’y a aucune solidarité ni aucune collaboration entre les états. Je pense malheureusement que cette non-entente est tout à fait réaliste. Le peuple français, lui, est complètement démuni. Il y a une forte migration des côtiers vers la capitale. Rien n’a été prévu pour les accueillir. On se demande même si quelqu’un dirige encore le pays.

Les personnages sont très attachants, à commencer par Flavia. Elle est le personnage principal du roman. Quand le récit débute, elle ne va plus à l’école. Celle-ci a fermé faute d’élèves. En effet, la quasi totalité des habitants a quitté la ville sous la menace de la montée de l’océan Atlantique. C’est donc une jeune fille seule qui ne côtoie plus que son grand-père et un très bon ami de celui-ci. Elle aime sa vie et aime vivre au bord de l’océan. Mais surtout, elle aime passionnément son grand-père. La relation entre eux-deux est très touchante. Pendant une partie du roman, elle subit les événements. Du coup, difficile de cerner vraiment sa personnalité. Ce n’est que vers la fin qu’on découvre une femme forte et déterminée.

Sur sa route, Flavia rencontre un grand nombre de personnages secondaires. Certains que j’ai trouvé passionnants mais d’autres qui sont très caricaturaux. Tous les marins sont stéréotypés : le capitaine a roulé sa bosse sur tous les océans et est sombre et mystérieux et le second, fidèle absolu du capitaine qui tombe amoureux de Flavia. Mais d’autres personnages m’ont beaucoup plu. Par exemple le jeune américain qui recueille Flavia. Il est complétement à contre courant de la population américaine. Il est plein de compassion et de générosité. C’est vraiment une bonne personne.

Le livre est clairement partagé en trois parties : la première se déroule en France, la deuxième dans le bateau qui conduit Flavia aux États-Unis et la troisième à New-York. J’ai vraiment préféré la troisième partie. Les États-Unis sont victimes d’une vague massive d’immigration illégale en provenance d’Europe. Flavia en faisant partie, nous vivons le quotidien des sans papiers dans une époque très trouble. Le récit devient alors haletant et on a constamment peur pour elle. J’ai beaucoup aimé voir comment l’auteur imagine la vie des sans-papiers et surtout la répression sévère qu’exerce le gouvernement. Les dirigeants américains sont intransigeants et la persécution des clandestins est impitoyable. J’ai plusieurs fois eu la chair de poule.

Ce livre est sublimé par l’écriture d’Hélène Montardre. Les chapitres sont courts et plein de suspense. Les mots sont réfléchis et il n’y en a aucun de superflus. C’est une lecture très facile et réjouissante.

Extrait :

« Sur l’écran, l’image était noyée. La digue n’existait plus. On ne voyait que du gris. Le gris de l’océan qui envahissait le pays, le gris du ciel, muet.
– La prophétie des oiseaux, murmura le capitaine Blunt pour lui-même.
Dans le salon, les spectateurs, abasourdis, gardaient les yeux fixés sur l’écran.
L’homme qui manipulait les boutons leva un bras :
– Chut ! Écoutez…
Une voix ténue leur parvint :
– Aux Pays-Bas, malgré les travaux engagés récemment par les autorités compétentes, les digues on cédé. On ignore encore la progression de l’océan…
Puis tout s’éteignit, le son et l’image. »

Emily

Le rêve du papillon, de Richard Marazano et Yin Luo

Cette BD comprend quatre tomes :

  • 1. Lapins sur la Lune
  • 2. Stupides ! Stupides espions !
  • 3. Les ficelles du cordonnier
  • 4. Hamter au printemps

Pourquoi cette BD ?

Les premières de couvertures m’ont complétement conquises. Elles sont très belles et ne donnent qu’une envie : ouvrir l’album !


Résumé

Lors d’une sortie en montagne, Tutu, une jeune adolescente se perd. Frigorifiée, elle se réfugie dans une caverne et s’endort. A son réveil, elle se retrouve dans un monde complétement farfelu : les animaux parlent et mènent une vie d’humains alors que les enfants sont complètement mis à l’écart. L’empereur de ce monde se méfie de Tutu et l’affuble d’une bande de lapins espions qui vont la suivre partout !

Avis

Cette BD est une vraie merveille ! Tout d’abord, les dessins sont magnifiques. Ils sont PlancheA_217796précis et s’attardent sur les moindres détails. Ils sont sublimés par les couleurs très vives qui animent parfaitement ce monde hors du commun. La dessinatrice s’est inspirée de la Chine pour ses illustrations. Mais cette référence est subtile. C’est une BD classique. Cela permettra aux plus jeunes de bien suivre l’histoire.

L’univers dans lequel se place la BD est complétement inventé. Et quelle imagination ! Nous sommes dans une ville habitée par des animaux. Ceux-ci se mouvent et parlent comme des humains. Tutu va en rencontrer plusieurs tout au long de son aventure. Tout d’abord des lapins. Les rongeurs sont les espions de l’empereur / dictateur. Mais ils ne sont pas très doués et se mettent souvent dans des situations des plus cocasses. De vrais Charlie Chaplin ! Leur maladresse les rend terriblement attachants. Ils n’effraient pas du tout Tutu qui est souvent bien obligée de les aider et de couvrir leurs arrières. Ce sont les personnages les plus drôles de cet univers. Ils permettent au lecteur de rire et de relâcher la tension qui court tout au long de la BD. En effet, on a souvent très peur pour Tutu.

PlancheA_121573Elle rencontre ensuite, sur son lieu de travail, un panda. Ce panda la prend sous son aile et l’aide à appréhender ce lieu où elle est obligée d’aller travailler. Il incarne un peu le rôle de grand-frère / père pour Tutu. L’auteur joue avec l’image du panda : à la fois protecteur et gentil mais aussi très grand et très costaud.

Elle rencontre également un chat. C’est d’ailleurs le seul chat de l’histoire. Il veut aider Tutu à rentrer chez elle. Il est l’assistant d’un personnage très mystérieux : le cerf volant. Lui est un révolutionnaire. Il ne supporte plus la cruauté du dictateur de leur ville qui leur impose de vivre constamment en hiver. Ce personnage induit deux thèmes très intéressants dans une BD pour les plus jeunes : la dictature et la résistance. Comment résister à la folie de son dirigeant ? Ce personnage, comme dans la réalité, apporte à la fois de l’espoir et de la peur au peuple. Il ne sait pas s’il doit suivre le résistant et désobéir au dirigeant ou redouter ce personnage qui est dénoncé par leur dictateur. Les autres animaux essayent de vivre. Tutu ne comprend pas cette situation. Elle décide de se rebeller. Elle, n’est pas née dans cette vallée. Elle n’a donc pas été embrigadée par le dictateur. Et c’est là que l’histoire devient trop simpliste car Tutu va se dresser contre l’empereur. Et malgré la colère de celui-ci, rien ne se passe pour la petite fille. Elle peut mener sa rébellion à bien. Le dictateur est souvent dépeint comme un personnage ridicule. L’auteur prend beaucoup de plaisir à se moquer de lui. Tutu lui est clairement supérieur. Il aurait été bien d’expliquer aux enfants qu’il n’est pas évident de se rebeller car là, on se demande vraiment pourquoi personne ne fait rien.

L’histoire avance petit à petit à travers les quatre tomes. Tout est cohérent. Elle est PlancheA_167012parfaitement menée. L’auteur savait exactement où il voulait emmener Tutu. Je ne me suis jamais ennuyée à la lecture de cette série car à chaque tome son rebondissement. Il y a également beaucoup d’actions qui réussissent à nous tenir en haleine jusqu’au bout ! Cependant, la résolution est beaucoup trop rapide. En quelques pages c’est réglé. Mais la toute fin m’a scotchée. Je ne m’y attendais pas du tout. Par contre, pour que les enfants la comprennent, il faut, à mon avis, qu’ils soient accompagnés.

Une très belle BD qu’il faut lire absolument !

Emily