Ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-Allard

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L’auteur était à l’IUFM avec mon conjoint. Je l’ai rencontrée une fois autour d’un cupcake. J’ai donc été très curieuse de voir ce que son livre pouvait donner.

Résumé

Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S.

Avis

Avec cette lecture, je me suis rendu compte que je déteste les livres sur la passion amoureuse d’aujourd’hui. La passion interdite est magnifique. La passion partagée est magnifique. Mais la passion à base de « je t’aime mais je t’aime plus, puis je te re-aime et finalement je t’aime trop alors je te quitte », non merci. C’est exactement ce qui se passe dans ce livre. Le souci n’est pas du tout dans le fait que deux femmes s’aiment. Il est dans le fait qu’elles s’aiment trop fort (si on part de l’idée que s’aimer trop fort est un souci, ce qui n’est pas mon cas). La passion oui mais je ne supporte pas lorsqu’elle est contrariée alors que tout pourrait bien se passer. Du coup, le livre a sonné faux. Je n’ai cessé de me dire : « Arrêtez vos histoires et aimez-vous ! ».

Les personnages sont flous, jamais vraiment décris. J’ai détesté la protagoniste. Et là, c’est mon cœur de maman qui parle. La passion prend le dessus sur tout le reste, y compris sa fille qu’elle ne cesse d’appeler « l’enfant ». Je l’ai trouvée fade, même dans sa passion qui est censée l’animer. Le personnage de Sarah est tout le contraire, trop exubérant, trop passionné. C’est bien sûr fait exprès mais c’était trop. J’ai cependant été surprise car le cancer de Sarah n’est pas du tout au centre du roman, contrairement à ce que j’ai entendu dire. L’auteur n’a pas sombré dans la facilité. Elle souhaitait traiter de leur passion et non de leur réaction face à la maladie.

La deuxième partie dans les rues de Trieste m’a semblé longue. Elle n’était que répétition. Le même quotidien, les mêmes pensées, et ce sur une trentaine de pages. J’ai bien compris ce que l’auteur a voulu souligner mais elle le fait trop lourdement. Seule la fin inattendue m’a émue.

Le style d’écriture de ce roman est souvent mis en exergue. Il est vrai que Pauline Delabroy-Allard écrit magistralement bien. C’est d’ailleurs ce qui a sauvé ma lecture.

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A son image, Jérôme Ferrari

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Je continue mon exploration de la rentrée littéraire.

Résumé

Par une soirée d’août, Antonia, flânant sur le port de Calvi après un samedi passé à immortaliser les festivités d’un ma­riage sous l’objectif de son appareil photo, croise un groupe de légionnaires parmi lesquels elle reconnaît Dragan, jadis rencontré pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Après des heures d’ardente conversation, la jeune femme, bien qu’épuisée, décide de rejoindre le sud de l’île, où elle réside. Une embardée précipite sa voiture dans un ravin : elle est tuée sur le coup.
L’office funèbre de la défunte sera célébré par un prêtre qui n’est autre que son oncle et parrain, lequel, pour faire rempart à son infinie tristesse, s’est promis de s’en tenir stric­tement aux règles édictées par la liturgie. Mais, dans la four­naise de la petite église, les images déferlent de toutes les mémoires, reconstituant la trajectoire de l’adolescente qui s’est rêvée en photographe, de la jeune fille qui, au milieu des années 1980, s’est jetée dans les bras d’un trop séduisant militant nationaliste avant de se résoudre à travailler pour un quotidien local où le “reportage photographique” ne sem­blait obéir à d’autres fins que celles de perpétuer une collec­tivité insulaire mise à mal par les luttes sanglantes entre clans nationalistes.
C’est lasse de cette vie qu’Antonia, succombant à la tentation de s’inventer une vocation, décide, en 1991, de partir pour l’ex-Yougoslavie, attirée, comme tant d’autres avant elle, dans le champ magnétique de la guerre, cet irreprésentable.

Avis

Je suis très perplexe face à ce roman.

Tout d’abord, je n’ai pas trouvé le style de Jérôme Ferrari exceptionnel. C’est écrit certes sobrement mais peut-être trop car on approche du banal.

L’histoire n’est pas non plus transcendante. Une photographe qui travaille dans un quotidien régional rêve d’une carrière plus brillante. Seule originalité, sa vie nous est racontée lors de son enterrement.

J’ai uniquement aimé le personnage du prêtre / parrain qui célèbre la messe malgré lui. J’ai aimé partager ses interrogations, ses pensées et son malaise. Antonia est un personnage féminin fort et fragile à la fois (comme il se doit dans un roman). Ses liens avec les indépendantistes corses sont évoqués mais trop sommairement pour moi. Rien n’est approfondi dans ce roman. Même lorsqu’elle décide de partir photographier la guerre, seul épisode qui aurait pu être intéressant, il est résumé très rapidement ! C’est un personnage vu et revu.

Les chapitres sont entre-coupé de deux portraits de photographes qui ont compté dans l’histoire de la photographie. Je n’ai pas du tout compris ce qu’ils faisaient là. Démontrent-ils la pauvreté du travail d’Antonia ? Soulignent-ils son ambition d’une meilleure réussite ?

Un petit avis pour un petit livre qui me laisse perplexe.

La vérité sort de la bouche du cheval, Meryem Aloui

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C’est LE livre qui me faisait le plus envie dans cette rentrée littéraire ! Je me suis donc empressée de le réserver à la médiathèque.

Résumé

Jmiaa, prostituée de Casablanca, vit seule avec sa fille. Femme au fort caractère et à l’esprit vif, elle n’a pas la langue dans sa poche pour décrire le monde qui l’entoure : son amoureux Chaïba, brute épaisse et sans parole, ou Halima, sa comparse dépressive qui lit le Coran entre deux clients, ou encore Mouy, sa mère à la moralité implacable qui semble tout ignorer de l’activité de sa fille. Mais voici qu’arrive une jeune femme, Chadlia, dite «Bouche de cheval», qui veut réaliser son premier film sur la vie de ce quartier de Casa. Elle cherche une actrice…

Avis

Ce roman est magnifique ! Il mérite bien d’être dans la première sélection du Goncourt. Je ne cesse de le recommander à tout le monde tant il m’a plu.

Le thème d’abord. Il est très fort ! Jmiaa est une prostituée que se confie au lecteur. Elle ne lui cache rien. Elle nous fait partager son quotidien de fille de la rue, de mère, d’amoureuse, d’alcoolique, d’amie… Au fil des pages elle se dévoile de plus en plus. Elle nous fait rire et pleurer ! Son quotidien est partagé entre petites joies et galères de la vie dans la pauvreté. Grâce à des flash back, on comprend pourquoi elle se retrouve à faire le trottoir : un homme évidemment. Jmiaa est de ces femmes qui se perdent par amour. Elle n’a malheureusement pas tiré le bon numéro avec son mari. Mais cela lui a servi de leçon et a fait naître en elle un sacré caractère ! Elle est de ces femmes de la rue qui certes vendent leur corps, mais ne sont pas soumises. Elle est capable de sortir ses griffes et d’attaquer.

Je me suis vraiment attachée à ce personnage haut en couleur. Difficile de parler des autres personnages tant ils sont secondaires face à elle. De plus, le récit est fait du point de vue de Jmiaa. Il est donc impossible de se faire un avis. Elle a des opinions tranchées. Ainsi, le personnage de « dents de cheval » n’acquerra de prénom que quand elle aura su se faire une place dans l’estime de Jmiaa.

J’ai beaucoup aimé partager son quotidien mais un peu moins son changement de destin à la toute fin. J’ai trouvé la fin plate et sans aucun intérêt.

La langue est magnifique dans son authenticité, dans sa grossièreté et dans son argot. L’auteur a joué avec les mots pour les rendre les plus authentiques possibles.

Un des personnages que je n’ai pas évoqué est le Maroc. Je me suis sentie complètement dépaysée et je n’ai qu’une envie, me promener dans les rues de Casablanca !

Lisez ce livre ! Il mérite un grand succès.

 

Chien-Loup, Serge Joncour

Pourquoi ce livre ?CVT_Chien-Loup_2079

J’aime lire les romans de la rentrée littéraire. J’ai la chance d’avoir près de chez moi, un médiathécaire qui assure ! Toutes les nouveautés sont disponibles très vite. Chien-Loup m’a fait de l’œil. J’ai entendu son auteur à la radio et le sujet m’est apparu très intéressant !

Résumé

L’idée de passer tout l’été coupés du monde angoissait Franck mais enchantait Lise, alors Franck avait accepté, un peu à contrecœur et beaucoup par amour, de louer dans le Lot cette maison absente de toutes les cartes et privée de tout réseau. L’annonce parlait d’un gîte perdu au milieu des collines, de calme et de paix. Mais pas du passé sanglant de cette maison que personne n’habitait plus et qui avait abrité un dompteur allemand et ses fauves pendant la Première Guerre mondiale. Et pas non plus de ce chien sans collier, chien ou loup, qui s’était imposé au couple dès le premier soir et qui semblait chercher un maître.

En arrivant cet été-là, Franck croyait encore que la nature, qu’on avait apprivoisée aussi bien qu’un animal de compagnie, n’avait plus rien de sauvage ; il pensait que les guerres du passé, où les hommes s’entretuaient, avaient cédé la place à des guerres plus insidieuses, moins meurtrières. Ça, c’était en arrivant.

Avis

Je suis une amatrice des romans historiques. J’ai beaucoup aimé que l’auteur mette face à face les années 14/15 et les années 2017. Ce n’est cependant pas une comparaison mais plutôt une mise en lumière. Le passé explique le présent.

Le passé : un petit village très isolé se retrouve sans homme suite à la mobilisation générale de la Première Guerre Mondiale. Arrive un dompteur de cirque allemand qui vient se cacher avec ses fauves. Cette présence va perturber la vie déjà difficile des femmes du village. L’animalité va prendre le dessus. L’animalité des lions et des tigres que la présence des troupeaux excite. L’animalité des femmes qui doivent s’occuper des fermes avec la peur de recevoir une mauvaise nouvelle. L’animalité du dompteur, bel homme sauvage et brut qui affole les sens de Joséphine, première veuve du village. L’animalité du maréchal ferrant qui sombre dans la jalousie. Tous les personnages sont là, place au tragique ! J’ai aimé comment Serge Joncour nous conte l’histoire de ce village. Il se focalise sur certains personnages qui deviennent centraux. La grande Histoire côtoie les petites histoires personnelles. Le tragique, bien que prévisible, prend son temps avant de se produire.

Le présent : un couple de bobo parisien vient se « déconnecter » dans l’ancienne maison du dompteur. Le lourd passé du bâtiment est omniprésent. L’homme bien que réfractaire à ces vacances, se laisse séduire par le lieu grâce à un Chien-Loup. C’est tellement prévisible ! Dès les premiers mots, on sait que l’homme va aimer cet endroit. J’ai détesté comprendre ce qui allait se passer. Les personnages sont trop stéréotypés. Un bobo parisien accro à la technologie qui fait un malaise en découvrant qu’il ne capte pas sur son lieu de vacances. Serge Joncour a beaucoup de problèmes avec les nouvelles technologies j’ai l’impression ! Son texte écrit dans l’émission de radio de France Inter « Boomrang » me le confirme. Je vous encourage à l’écouter. Je trouve que de nos jours, cela n’a rien de terrible d’être angoissé parce qu’il n’y a pas de réseau. Quant à la part d’animalité qui se réveille chez lui parce qu’il côtoie le Chien-Loup et l’isolement des lieux, j’ai trouvé cela très superficiel. Quant au Chien-Loup, il est doté d’un caractère humain et d’une intelligence peu appropriés. Je n’ai pas réussi à m’attacher à ce couple et ce chien.

Le style de l’auteur ne m’a pas particulièrement marqué. J’ai cependant aimé l’alternance des époques. Seul gros bémol, nous apprenons ce qui va se passer en 1915 en 2017. Du coup, quand cela se produit en 1915, il n’y a plus de surprise. Cela je ne comprends pas du tout. Quel est l’intérêt ? L’histoire est pourtant très bien menée.

Je suis passée complètement à côté du message de ce texte. Dommage !

Les rêveurs, Isabelle Carré

Pourquoi ce livre ? images

J’ai eu immédiatement envie de lire ce roman d’Isabelle Carré. Le thème de la famille et toutes les critiques exceptionnelles m’ont confirmées dans mon choix !

Résumé :

Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées de l’époque, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même.

Avis :

Waouh, quelle claque ce roman ! Je savais qu’il allait me plaire, mais mes attentes ont été récompensées !

Tout d’abord l’écriture d’Isabelle Carré. Elle a su trouver son style à part entière. Ce dernier semble au premier abord décousu. L’histoire n’est pas forcément racontée dans son ordre chronologique mais plutôt lorsque son souvenir lui revient. Et puis finalement, on s’y fait. C’est un ordre intuitif qui amène de l’émotion et qui nous transporte directement dans la tête d’Isabelle Carré.

Dans de nombreux articles, j’ai lu que ce livre était une autobiographie fictionnée. Je ne sais pas ce qui fait partie de la vérité et ce qui fait partie de la fiction mais l’auteur a vécu une enfance et une adolescence vraiment particulière. Une mère présente physiquement mais absente, un père qui découvre son homosexualité, des responsabilités trop tôt acquises, une jeunesse tellement différente des jeunes filles de son âge. Finalement, Isabelle Carré ne transpose pas seulement une époque comme on peut le lire partout, mais une enfance dans une famille différente.

Cette différence amène de nombreuses réflexions sur la vie, des réflexions d’enfant, d’adolescente, de jeune femme, et enfin de maman.

Isabelle Carré est une belle femme, son livre en témoigne !

La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez

Pourquoi ce livre ?La-disparition-de-Josef-Mengele

J’ai énormément entendu parlé de ce livre dans les médias et j’ai vraiment accroché avec les propos de son auteur, Olivier Guez. Il a l’air de s’être plongé entièrement dans la vie de cet homme. Il s’est documenté et s’est même déplacé en Amérique du Sud pour voir les lieux de ses propres yeux. De plus, j’en ai déjà parlé sur le blog, je m’intéresse également beaucoup à la période de la seconde Guerre Mondiale.

Résumé

1949  : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz  croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant  ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

Avis

J’attendais sûrement trop de ce livre car quelle déception !

Le style de l’auteur d’abord. Je l’ai trouvé vraiment quelconque. Ce roman n’a rien de particulier, pas de touche personnelle. Rien qui pourrait me faire dire, si je n’avais pas vu l’auteur : « ça, c’est bien un livre d’Olivier Guez » ! Non vraiment, c’est une écriture banale, vue partout.

L’histoire ensuite. Mengele est peut-être un monstre mais ce n’est pas dans ce livre que je le comprendrais. Olivier Guez s’est attaché à conter la vie d’après. Et franchement, on s’en fiche ! La seule chose qui m’a un petit peu intéressé, c’est de comprendre comment il avait échappé aux mailles du filet. Mais cela tient dans vingt pages ! Ce livre est long. Il s’attache à des détails de la vie de Mengele et les romance. Par contre, impossible d’avoir un peu d’empathie pour le personnage. Olivier Guez nous rappelle toutes les dix pages qu’il était le monstre d’Auchwitz… Monstre ? Pas dans ce livre. Un homme caractériel en plein dépaysement plutôt. Peut-être avait-il peur que le lecteur finisse par aimer son « héros ». Cette prise de risque aurait été beaucoup plus intéressante. J’aurais bien aimé un livre non consensuel. Quitte à entendre la voix de Mengele, j’aurais aimé ressentir quelque chose pour ce personnage, voire même du dégoût. Mais impossible pour moi d’entrer dans ce genre de sentiments forts, le texte est froid, sans relief ni émotions.

Je me suis mortellement ennuyée en lisant ce livre et je ne comprends pas du tout pourquoi il a eu le prix Renaudot !

Ma bonne résolution de 2017 : je reprends vraiment le blog !

Jamais je n’aurais cru qu’être enceinte me mangerait ma concentration ! Voilà la raison de ma si longue absence sur le blog. Depuis neuf mois, je n’ai lu que quatre livres. Je les ai lu péniblement, en traînant des pieds. Depuis le début de ma grossesse, je n’arrive plus à me concentrer. Je ne sais pas d’où ça vient mais c’est très handicapant. L’envie de lire s’est également envolée durant cette période. J’ai remplacé la lecture de livres par la lecture de revues comme « Parents ». Je pense que mon esprit était bien occupé par d’autres choses…

Depuis le début du neuvième mois, l’envie est revenue ! La concentration suivra j’espère. Quoi qu’il en soit, écrire sur le blog me manque. Je formule donc la résolution de reprendre ce petit blog que j’aime tant.

Je ne vais pas reprendre une par une mes dernières lectures mais plutôt vous donner mes impressions.

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D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan

Quatrième de couverture : « Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. L. est le cauchemar de tout écrivain.Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser.»

Avis : J’ai beaucoup aimé ce roman. J’adore le style d’écriture de cette auteure. Il est à la fois simple mais très littéraire. Ce roman est un thriller psychologique très efficace. Il vous tient en haleine jusqu’à la fin.

La qualité première de cette histoire est d’après moi due au développement des personnages et notamment de L. C’est un personnage à la fois très séduisant et très obscure. Tout au long du roman on se pose des questions sur ce personnage. Nous sommes totalement subjugués par cette femme. C’est la première fois que je me laisse totalement avoir et que je me méfie autant d’un personnage de roman !

Seule la fin m’a déçue. Je l’ai trouvé trop simpliste et trop facile. Dommage, car Delphine de Vigan est capable de mieux.

la-fortune-des-rougon_couvLa fortune des Rougon, Emile Zola

J’ai pour ambition de changer de discipline. Je voudrais passer de professeur documentaliste à professeur de Lettres. Dans cette optique, je relis des classiques. J’ai choisi de commencer par le premier roman de la saga des Rougon-Macquart. En effet, je connais très bien cette saga mais je n’avais jamais lu sa genèse. C’est chose faite et je ne le regrette pas !

Résumé : Dans la petite ville provençale de Plassans, au lendemain du coup d’Etat d’où va naître le Second Empire, deux adolescents, Miette et Silvère, se mêlent aux insurgés. Leur histoire d’amour comme le soulèvement des républicains traversent le roman, mais au-delà d’eux, c’est aussi la naissance d’une famille qui se trouve évoquée : les Rougon en même temps que les Macquart dont la double lignée, légitime et bâtarde, descend de la grand-mère de Silvère, Tante Dide.

Avis : J’avais oublié comme il était fastidieux de lire un roman naturaliste. L’écriture est très exigeante et les nombreuses descriptions ne facilitent pas la concentration ! Il m’a fallu un petit peu de temps pour me plonger dans ce roman. Mais une fois ré-habituée à l’écriture classique du XIXe siècle, le roman m’a complètement happée.

J’ai aimé le développement très complexe de tous les personnages. Chaque membre des familles de ce roman a son histoire, son caractère, sa psychologie… Certains sont attachants alors que d’autres sont détestables.

J’ai aimé comprendre la genèse de cette saga. Tout découle d’une femme et de deux hommes. J’ai hâte de reprendre chaque roman pour pouvoir mieux les comprendre.

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Ma part de Gaulois, Magyd Cherfi

Quatrième de couverture : Printemps 1981, dans une cité d’un “quartier” de Toulouse, un rebeu atypique qui s’idéalise en poète de la racaille escalade une montagne nommée “baccalauréat” : du jamais vu chez les Sarrasins.

Avis : Quelle claque ce roman ! Je l’ai adoré !

L’écriture de Magyd Cherfi est juste magnifique. Elle est poétique, exigeante et intelligente. C’est une magnifique œuvre littéraire. J’ai été bluffée par ce style. Je ne m’y attendais pas du tout. Je savais que  Magyd Cherfi était un bon écrivain, mais à ce point !

L’histoire m’a également vraiment touchée. J’ai vécu en banlieue parisienne très dure. Mais j’y ai vécu en tant que jeune fille blanche. J’ai beaucoup aimé découvrir la vie en banlieue d’un « beur » comme l’auteur s’appelle lui-même dans le roman. J’ai été surprise de découvrir tant de colère et de violence. J’ai réalisé à quel point j’ai été protégée par mes professeurs et mon origine. L’auteur nous livre son enfance sans concession et on s’attache à ses personnages. On les aime même.

Le roman de Magyd Cherfi nous montre que la vie n’est pas aussi simple que le diptyque du bien ou du mal, du blanc ou du noir. Elle est tout en nuances et ces nuances dans le roman de Magyd Cherfi sont magnifiques.

Emily