Être professeur documentaliste

Ça y est, les vacances sont terminées. Je reprends donc le blog après de superbes vacances avec ma fille et mon conjoint.

Et je reprends avec un article particulier. J’aimerais parler du métier de professeur documentaliste.

Ceux qui me suivent depuis quelques temps, le savent. L’année dernière, j’ai obtenu un changement de discipline. Je suis devenue, l’espace d’un an, professeur de français. Pourquoi ? Cette question tourne et retourne dans ma tête. J’ai entendu deux sortes de réactions : « T’es folle, tu vas avoir beaucoup de boulot » et « Je te comprends ».

  • La première catégorie est la plus rageante. Des professeurs de discipline et des principaux qui ont oublié que dans « professeur documentaliste » il y a « professeur ». J’ai donc eu : « Tu vas savoir faire cours ? », « Il va falloir apprendre à tenir une classe », « Vous allez devoir préparer des cours », etc…
  • La deuxième catégorie est plus surprenante. Elle m’est venue d’autres professeurs documentalistes. Pourquoi ? D’où vient ce malaise qui grandit dans notre profession ?

Pourquoi j’ai choisi ce métier ?

A la fin de ma licence de lettres, deux voies me plaisaient énormément : professeur de français et bibliothécaire. Comment choisir ? J’en étais incapable. Alors, quand j’ai entendu parler du « capes documentation » (grâce à Nagui dans une de ses émissions !) je me suis dit que c’était exactement ça qu’il me fallait !

Professeur documentaliste ?

Il faut se rendre à l’évidence, personne ne connaît ce métier ! Pas même dans l’éducation nationale. Il est pourtant essentiel ! Nous avons 4 missions :

  • Former les élèves à la maîtrise de l’information (la plus importante à mes yeux),
  • Gérer le CDI (un gros boulot !),
  • Permettre l’ouverture culturelle de l’établissement,
  • Concevoir une politique documentaire pour tout l’établissement (ce que je ne fais et ne ferai jamais…).

Loin de l’idée de la « documentaliste » acariâtre qui ne fait que dire « chut » !

Pourquoi avoir voulu changer ?

Le problème de ce métier est aussi sa force : nous n’avons pas de programme. Liberté totale dans notre enseignement. Nous n’avons pas non plus de classe. Comment faire cours alors ? En sensibilisant les professeurs de discipline à la formation à l’information.

Ce que je n’aime plus, c’est cette impression de devoir quémander pour faire cours. Je suis légitime car j’ai passé un CAPES (un vrai !) et j’ai une mission essentielle dans notre monde de l’information de masse, former les élèves à avoir un esprit critique et à gérer toute cette information. Préoccupation pour les professeurs documentalistes, quelques lignes dans les programmes des professeurs de discipline. Beaucoup ne souhaitent pas travailler avec nous, beaucoup ne nous considèrent pas comme des professeurs. Sans parler de notre hiérarchie avec qui, le plus souvent, il faut se battre pour pouvoir exercer notre métier dans des bonnes conditions. Sans parler des primes que l’on ne peut pas avoir. Sans parler de la baisse de moyens qui nous empêche de fournir notre CDI de bons documents. Sans parler du doute qui plane sur notre avenir dans l’Education Nationale. Etc, etc…

Je n’en peux plus de ce manque de reconnaissance. Je n’en peux plus de me battre pour ce métier. Je n’en peux plus de ne pas pouvoir faire cours. J’aime enseigner et j’ai de plus en plus de mal à le faire.

Et l’année prochaine alors ?

Je redeviens professeur documentaliste car mon inspectrice ne supporte pas que je n’ai pas le bon CAPES. Je vais redevenir une bonne professeur documentaliste car je crois sincèrement en ce métier. Mais cette année, je vais préparer et passer le CAPES interne de Lettres Modernes. J’ai aimé connaître mes élèves sur le bout des doigts. J’ai aimé les voir progresser. Mais surtout, j’ai aimé enseigner !

Pour me remotiver, j’ai décidé de copier les collègues et de vous publier mes activités quotidiennes. J’ai envie de montrer ce qu’est ce beau métier.

Allez, vivement la rentrée !

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2 réflexions sur “Être professeur documentaliste

  1. Je lirai aussi avec plaisir tes activités quotidiennes 😉 Et peut-être que tu rencontreras une Ersilia, parce que moi je suis plutôt du genre pot de colle avec les doc haha ! On n’a pas besoin de venir me chercher. Je trouve ça trop bien de travailler avec les profs doc, et les élèves aussi. Après, pour le manque de reconnaissance, malheureusement, je crois que tout professeur, quelle que soit sa discipline, peut le ressentir, même si c’est peut-être à différentes échelles. C’est aussi ce qui me met mal dans mon métier. Les disputes avec la direction, c’est jamais qu’une émanation de ça : on n’est vus que comme de vulgaires pions. Dans bien des boulots en fait, c’est pas mieux. Mon chéri est dans le commerce, il en sait quelque chose. C’est la société qui est comme ça. « Il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien » a dit un certain Quelqu’un. Je pense qu’il ne vaut mieux pas attendre de la reconnaissance extérieure.

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