Les gens dans l’enveloppe, d’Isabelle Monin

Après une petite pause dans le blog, il est grand temps de le reprendre ! L’envie de lecture est revenue alors hop de nouveaux articles !

9782709649834-xRésumé

« En juin 2012, j’ai acheté sur internet un lot de 250 photographies d’une famille dont je ne savais rien. Les photos me sont arrivées dans une grosse enveloppe blanche quelques jours plus tard. Dans l’enveloppe, il y avait des gens à la banalité familière, bouleversante. Je n’imaginais alors pas l’aventure qu’elle me ferait vivre. »

Ce livre est en trois parties. Dans la première, l’auteure imagine la vie de cette famille. Elle leur invente une histoire. Dans la deuxième, elle part à leur recherche et nous livre son enquête. La troisième est la mise en chanson de l’histoire inventée par Alex Beaupain.

Pourquoi ce livre ?

Pour sa forme singulière ! L’idée d’inventer l’histoire d’une famille puis de la retrouver pour découvrir leur véritable histoire m’a énormément intriguée.

Avis

Ce livre est vraiment un livre singulier ! La démarche de l’auteur m’a complètement séduite. Elle achète une enveloppe remplie de photos et décide dans un premier temps d’en faire un roman. Très vite, cette histoire et ses personnages l’obsèdent complètement. C’est seulement là qu’elle a l’idée de retrouver les vraies personnes qui se trouvent sur les photos.

On commence donc notre lecture avec le roman. Fascinée par ces photos sortants d’une autre époque, elle décide de leur inventer une vie. Une photo sort vraiment du lot, celle d’une petite fille. Isabelle Morin en fait donc l’un de ses personnages principaux. Et c’est sa voix que l’on entend en premier. En effet, l’auteur a choisi de raconter l’histoire de cette famille à travers le point de vue des ses membres. Elle adopte le prénom de Laurence pour la petite fille. Pour elle, elle a imaginé une vie très ordinaire : des parents ouvriers, un appartement modeste et des week-ends et vacances passés chez les grands-parents. Mais un jour, sa mère s’en va. Elle quitte sa famille sans prévenir personne. La vie de Laurence bascule. Elle ne cessera jamais de l’attendre. Cette jeune fille qui deviendra femme est infiniment triste. Elle m’a fat énormément de peine. Sa vie tourne autour de son attente. Il n’y a rien d’autre qui compte pour elle. J’ai été bouleversée par cette histoire. Imaginer une vie détruite après l’abandon maternel a été très dur pour moi car très réaliste. Lorsqu’on finit cette partie, il est difficile de ne pas détester la mère de Laurence.

Et puis vient son récit. Et même si personne ne pourra approuver l’abandon, on comprend cette femme. Elle est éprise de liberté, voudrait avancer dans la vie, évoluer professionnellement, mais son mari l’en empêche. Pas consciemment mais sa façon de vivre, sa routine, son non-ambition l’enferme dans cette vie. Elle étouffe et on la comprend. Elle rencontre un homme beau, étranger, passionné. Son point de vue, ses mots, m’ont également bouleversés.

Enfin, après la fille qui court après sa mère, la mère qui court après sa vie, nous rencontrons la grand-mère qui court après la mort. Cette vieille femme usée par la vie et par un lourd secret de famille n’en peut plus de vivre. Cette grand-mère que l’on avait perçu forte se révèle sensible et fragile. On partage son agonie et son envie d’en finir.

Ce roman nous décrit le destin tragique d’une famille brisée. Le style d’Isabelle Morin est sublime. Adopter le point de vue des personnages nous permet de nous identifier pleinement aux personnages. J’ai pleuré tout au long du roman !

La seconde partie m’a un peu moins intéressée. Isabelle Morin a réussi à retrouver toutes les personnes sur les photos et même si cette famille n’a pas eu ce destin tragique que l’auteure a imaginé, leur vie n’a pas été des plus facile.
Mais cette enquête est surtout un prétexte à nous raconter le processus de création littéraire d’Isabelle Morin. Et c’est toujours très intéressant de comprendre les intentions d’un auteur et les différents étapes par lesquels le créateur doit passer pour aboutir à un roman.

Le livre est accompagné d’un CD mais j’avoue ne pas l’avoir écouté car je voulais me dépêcher de le rendre à la médiathèque.

En bref, vous l’avez compris, j’ai complétement adhéré au roman et un peu moins à l’enquête mais je vous le recommande vraiment !

Extrait

« On ne retient pas la vie, on peut juste s’en souvenir. La vie est comme les secondes, elle se fiche de nos efforts, elle coule dans son perpétuel effacement. Du sable entre les doigts, une goutte d’eau sur une pierre chaude. »

« A la mort qui vient, elle offre mains ouvertes sa solitude grise et ses odeurs froides. Elle offre aussi ses bocaux à la cave, les haricots verts que personne ne prend plus, elle donne les pommes alignées sur le papier journal, son couteau noir et ses bouteilles de bouillon, elle cède sans un regard les tricots commencés pas terminés et ses photos mélangées, n’emportera que celles qui trempent dans le lait. »

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Une réflexion sur “Les gens dans l’enveloppe, d’Isabelle Monin

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